Cher ami.

Je ne peux m’empêcher de prendre la plume tant mon étonnement est grand. En effet, pour te parler franchement, je ne m’attendais pas à ce que nous ayons les mains aussi libres à Gaza et au Liban. Tu verras que bientôt, nous pourrons même tuer des soldats de la paix sans que, mis à part les traditionnelles protestations de pure forme aussi vite oubliées ( drôles de rites à vrai dire), cela suscite une réaction digne de ce nom. Mais où est-il le temps ou le général De Gaulle imposait l’embargo sur Israël qui - en représailles à un événement pourtant bien plus grave que l’enlèvement de trois soldats qui justifient nos actuels massacres (alors que cet enlèvement répondait lui-même à un autre enlèvement, mais chut…)- avait osé détruire dix avions civils sur l’aéroport du Liban? (entre nous, permets moi de sourire). Et je ne te parle même pas des massacres à grande échelle que nous nous permettons de commettre au Liban et à Gaza . La loi du talion que nous sommes en train d’imposer, ce n’est plus " œil pour œil, dent pour dent " mais " trente enfants au berceau et une centaine de civils exterminés pour l’enlèvement d’un soldat violant sciemment le droit international  depuis au moins une quarantaine d’années" (permets moi de sourire). Sans oublier bien sûr, toute la violence indirecte -mais dont les effets sont tout aussi dévastateurs (sinon plus dévastateurs d’ailleurs)- provoquée par notre démolition méthodique et systématique de l’infrastructure d’un pays (routes, centrales électriques, etc…). Des destructions qui, loin d’être stratégiquement secondaires, offrent l’avantage à moyen terme de faire monter la haine contre Israël dans le monde arabe, ce qui nous donnera donc l’alibi nécessaire par la suite pour frapper tout le monde indistinctement. Car je suppose que je ne t’apprends rien en te disant que la direction que nous avons choisi sciemment est la guerre totale que nous voulons provoquer et que nous remporterons (nous avons la supériorité en armement pour l’instant et nous sommes à peu prêt sûrs de gagner la guerre si elle a lieu demain. Mais il n’en sera peut-être pas toujours de même, notamment si nos adversaires arrivent à acquérir, comme nous même nous le sommes permis, l’arme nucléaire) . Mais, nous n’y sommes pas encore, et il faut bien " chauffer " nos adversaires pour les pousser à " péter les plombs " et à commettre cet acte de violence au moins aussi grave que l’un des nôtres (permets moi de sourire) et qui nous servira ensuite de prétexte pour entrer dans une guerre encore plus radicale. Et oui, je sais : cela veut dire que cette stratégie de la tension (très consciente) sacrifie volontairement quelques civils israéliens pris au hasard et qui serviront de réceptacle à cet acte de colère arabe que nous faisons tout pour provoquer. Mais promis, nous leur élèverons une stèle .

Certains ici considèrent, un peu narcissiquement je dois dire, que notre force vient uniquement de notre armée . Mais à la vérité, il n’en est rien. En toute justice, si nous sommes si forts, osons le dire, c’est aussi et surtout grâce à la lâcheté et à la malhonnêteté des pays occidentaux (d’ailleurs les libanais ne s’y sont pas trompés qui commencent à attaquer les bâtiments des institutions internationales pour leur duplicité). En effet, sans oser le dire officiellement (car c’est inavouable noir sur blanc. Cette fois je me permets de rire franchement), ils nous font bénéficier d’une " clause d’extraterritorialité " par rapport à l’obligation d’être logique dans ses raisonnements et de respecter le droit international. Car enfin, entre nous, comment s’y prendrait logiquement, chronologiquement dirais-je, quelqu’un qui aurait vraiment pour volonté de lutter contre le " terrorisme "  comme ils font semblant de le prétendre? Il commencerait par examiner de prêt les raisons que le terroriste invoque pour justifier sa violence. Et s’il y avait, parmi toutes ces raisons, quelques rares bonnes raisons mettant en lumière une injustice flagrante à son égard, nos " ennemis déclarés de la violence " s’empresseraient prioritairement de répondre favorablement à ces rares bonnes raisons. Cela afin de mieux isoler, pour les rendre plus visibles, les mauvaises raisons que notre " terroriste " a de perdurer dans sa violence. C’est ainsi que l’on délégitime le terrorisme, en lui " coupant l’herbe sous les pieds ", et en ne lui laissant surtout pas le moindre bout de chose juste à dire. Or, que trouve-t-on à l’origine de la naissance du " terrorisme " dans cette région ? Un non respect, depuis plus d’une quarantaine d’années au moins, du droit international concernant nos frontières. Autrement dit, ce droit international pour lequel on est prêt à faire des centaines de milliers de morts lorsqu’il concerne les intérêts du monde occidental (comme par exemple lorsque l’Irak envahit le Koweït), on a le droit de le bafouer en toute tranquillité depuis une quarantaine d’années lorsqu’il concerne le droit des palestiniens dans cette région ! Si ce droit international à géométrie variable qu’on respecte dans un sens mais jamais dans l’autre, c’est pas " se foutre de la gueule des gens " comme on dit ailleurs, alors moi " je me fais curé " (cette fois, je me permets de rire sans ton autorisation).

Mais tu ne sais pas tout encore ! Figure-toi que dans certains de ces pays, comme en France par exemple, la lâcheté et la peur commencent à être si " naturelles " dans les comportements quotidiens concernant ce problème qu’on arrive à poursuivre en justice pour " antisémitisme " quelqu’un qui ose aborder logiquement ces problèmes de front (une peur qui fait que beaucoup de gens fuient ce problème en se faisant passer pour " neutres ", anticipant sagement la violence que nous déchaînerions contre eux s’ils s’avisaient de mettre le nez dans ce problème. Et ils font bien) . Ainsi Daniel Mermet a-t-il été poursuivi pour " antisémitisme " pour avoir oser diffuser des messages d’auditeurs qui ne supportaient plus cette dissymétrie " naturelle " que les " pro-Sharon " voulaient imposer dans l’appréciation de la légitimité de leur violence. Mais le plus intéressant n’était pas là à vrai dire. Il était dans la réaction faux cul d’un journal comme Le Monde, -institution qui bénéficie encore d’une réputation pourtant lointaine de sérieux- qui faisait semblant de ne pas voir que ce qui était en cause dans ce procès, c’était la liberté d’avoir une opinion tout court (je te renvoie à l’analyse qu’en a faite " acrimed " sur le net). Entre nous, que Daniel Mermet ait été relaxé, c’était (encore) normal et prévisible (mais plus pour longtemps je te le promets) . Mais qu’il n’y ait pas eu de sanctions contre ceux qui ont construit cet amalgame d’évidence injuste et foireux, et qu’un journal comme " Le Monde " ne se soit pas associé à la protestation contre cette tentative d’intimidation de la liberté de penser, c’est là le plus beau signe que nous pouvions recevoir comme quoi, derrière leurs gesticulations de façade, les " démocraties " occidentales et leurs principales institutions chargées de donner (en théorie) l’exemple du courage civique ont renoncé à être justes et neutres dans ce problème, ont renoncé à appeler un chat un chat, et un état qui viole sciemment le droit international depuis au moins quarante ans la cause essentielle du problème. Bref, nous sommes à deux doigts de violer la raison en toute impunité, et à deux doigts de faire passer une vessie pour une lanterne. C’est là le premier signe de notre victoire pour sûr. Bon, je te pris de m’excuser pour l’aspect un peu brouillon de cette lettre. Mais comme tu le sais, en cet inoubliable été 2006, j’ai beaucoup de réunions avec mes généraux. Ton éternel ami…..

Une fausse lettre imaginée -sans beaucoup d’imagination d’ailleurs- par Lionel Goutelle.

 

 

 

 

 

Nous, habitants " modestes " et vieux des grandes villes européennes, demandons qu’on ait le courage de dire ce qu’on fait sciemment de nous : une extermination programmée et voulue au coin de la rue. Sachant que nous n’avons pas les moyens de nous payer des climatisations, sachant que nous sommes obligés de vivre et de dormir fenêtres ouvertes alors qu’on permet aux voitures de circuler pour un oui pour un non dans nos villes, on sait bien qu’on nous oblige soit à fermer nos fenêtres et à mourir de chaleur, soit à ouvrir nos fenêtres et à mourir de pollution, de bruit et d’air chaud que d’autres fabriquent (et nous envoient presque directement dans la bouche dans certaines rues !Et cela pour mieux se prélasser dans leur salon climatisé à côté de nous qui mourons à petit feu dans l’appartement d’à côté. Est-ce cela la démocratie ? ).

Le refus de légiférer dans ce domaine (droit à brûler de l’énergie pour un oui ou un non) en laissant certains citoyens dans l’opulence et d’autres dans la misère, équivaut à faire payer le confort (souvent très secondaire, comme lorsque quelqu’un, sous prétexte qu’il est riche, climatise un appartement volumineux et entier à toute heures) d’une partie de la population par le meurtre implicite et inavoué de l’autre. S’il est vrai que tous les hommes sont égaux, et que toute dépense d’énergie en temps de réchauffement climatique est un luxe, alors les dépenses d’énergie doivent-elles être strictement rationnées dans le double but de protéger l’environnement (et donc la vie future des générations à venir) et d’en faire profiter toute la population sur un pied d’égalité.

En conséquence nous demandons que les gouvernements aient le courage de faire ce pour quoi ils sont faits : protéger les populations, y compris et surtout contre leur propre folie autodestructrice. Il est évident que nous devons baisser drastiquement nos consommations d’énergie. Mais il est évident que dans le même temps, puisqu'osons nous l’avouer, nous sommes dans une situation limite de survie au jour le jour, il faut démocratiser (sous peine d’exterminer sans oser le dire) le droit à dormir trois à quatre heures par jour dans des conditions de température et d’air propre normales. Car ce droit concret élémentaire est bafoué tous les jours et dans toutes les grandes villes européennes ! Il n’y a donc qu’une seule solution possible : réduire d’un côté les dépenses énergétiques qui ne relèvent pas de la survie mais du loisir facultatif, et de l’autre augmenter et payer (par un impôt de solidarité réel) l’équipement en climatisation (ou des dispositifs produisant le même but pour une dépense d’énergie minimale) des personnes les plus exposées dans les grandes villes . Autrement dit, établir et contrôler un droit par personne à disposer chaque jour d’un endroit où dormir trois à quatre heures dans des conditions normales (et contrôler et punir les personnes qui excèdent ce droit pour des raisons de " confort secondaire ").

Toute autre politique qui essaierai de louvoyer avec ces principes qui s’imposent de fait comme une question de vie ou de mort sera vue par nous comme un génocide sciemment programmé qui n’a pas le courage de dire son nom (soit contre l’environnement et donc la vie de nos enfants, soit contre les personnes fragiles et manquant de ressources financières actuellement, soit contre les deux actuellement). C’est là la seule façon de gérer les choses qui s’impose comme notre dernière chance de sortir de cette impasse sciemment mortelle à court terme que nous avons construit pour les populations les plus fragiles de notre monde actuelle ( mais dont il n’est même pas dit, si tel était le calcul qu’elles aient fait, qu’elle ne s’avère pas aussi mortelle pour les populations les plus riches sur le moyen long terme. Car qui peut prévoir ce qui se passera après le triomphe des hypothèses les plus défavorables ? sinon un autre stade plus défavorable et imprévisible ?).

Nous ne permettrons pas qu’on dise qu’on ne savait pas ce que l’on faisait. Continuer comme nous vivons actuellement est un meurtre. A bon entendeur salut.


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lundi 19 juin 2006 (14h30) :
 A QUOI SERT SEGOLENE ROYAL ? par Raoul Marc JENNAR
 
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=29637

 A QUOI SERT SEGOLENE ROYAL ?

 par Raoul Marc JENNAR, chercheur altermondialiste

 Ma conception de la chose publique m’incline à penser que les projets 
sont plus importants que les personnes. Même si, ensuite, beaucoup 
dépend de celle ou de celui qui les porte. Une Rosa Luxembourg, un 
Jaurès, un Vandervelde ou, plus près de nous, un Olof Palme ou un 
Willy Brandt, à l’évidence, n’ont pas porté l’idéal socialiste de la 
même manière qu’un Blum, un Mitterrand ou un Spaak.

 Même si je suis convaincu que la démocratie est gravement menacée par 
la personnalisation du débat politique et que la présidentialisation 
des démocraties parlementaires est une dérive à combattre, même si le 
star système né de la médiatisation du débat politique tue le débat 
d’idées, il vient un moment où une personne s’identifie à un projet. 
Inévitablement, soutenir ou combattre ce projet amène alors à 
s’exprimer sur celle ou celui qui l’exprime. Comme je viens de 
dénoncer sa proximité de pensée avec le plus dangereux individu que la 
droite française ait produit depuis Vichy, Le Journal du Mardi a 
souhaité que je donne mon avis sur Ségolène Royal.

 Dans une France où, pour la première fois depuis Vichy, des policiers 
entrent dans les écoles primaires pour arrêter des enfants d’immigrés 
et les déporter, où, pour la première fois depuis Vichy, la loi incite 
à la délation, où, pour la première fois depuis Vichy, le candidat 
adulé de la droite annonce le recrutement de miliciens, l’alternative 
proposée par le « socialisme de gouvernement » est aujourd’hui 
incarnée par quelqu’un qui propose le recours à l’armée pour résoudre 
les drames provoqués par un capitalisme qui n’est plus remis en cause. 
Ainsi donc, si la gauche de gauche est incapable de s’unir et de 
renouer avec la victoire du 29 mai 2005, au deuxième tour des 
élections présidentielles en 2007, le peuple français sera enfermé 
dans un choix impossible entre l’ordre brun de Sarkozy et « l’ordre 
juste » (expression qu’elle a empruntée à un texte du pape Benoît XVI) 
de Royal.

 Issue de l’ENA, cette machine à formater les serviteurs de l’État 
minimum, Mme Royal n’a cessé de fréquenter, depuis 1988, les palais de 
la République. Pendant 6 ans au secrétariat général de l’Elysée, 
députée à l’Assemblée nationale, conseillère municipale de Niort, 
ministre de l’environnement, puis ministre déléguée à l’enseignement 
scolaire, puis ministre déléguée à la famille et à l’enfance, 
aujourd’hui elle cumule les mandats de députée et de présidente de la 
région Poitou-Charente. C’est déjà une vieille routière dans le 
personnel politique français. Et pourtant, les médias la présentent 
comme un facteur de renouvellement de la classe politique !

 Les médias ! Ces nouveaux faiseurs de rois, qui appartiennent, non 
plus à des patrons de presse, mais tantôt à des banquiers, tantôt à 
des marchands de canons ou de béton, ont trouvé en elle le moyen 
d’éviter tout risque lors des prochaines élections présidentielles : 
avec Sarkozy ou Royal, le patronat peut être tranquille. A gauche 
comme à droite, ses intérêts seront protégés. Et l’ordre règnera.

 Comme Anne Sinclair (Mme Strauss Khan), comme Christine Ockrent (Mme 
Kouchner), qui défendaient avec la même ardeur qu’elle le traité 
constitutionnel européen, Mme Royal appartient à cette grande 
bourgeoisie socialiste issue des années Mitterrand qui a tout renié du 
socialisme, sauf le vocabulaire. Et qui se prépare maintenant à 
franchir une nouvelle étape. A quoi sert Ségolène Royal ? A liquider 
le socialisme. Pour aller vers une sorte de bipartisme, sur le modèle 
américain, où il n’y aurait plus vraiment ni gauche, ni droite, parce 
que serait définitivement niée l’exploitation du plus grand nombre par 
une minorité.

 Alors qu’en France comme dans beaucoup de pays de la très libérale 
Union européenne, les souffrances sociales dépassent aujourd’hui le 
seuil du supportable, alors que le néolibéralisme produit toujours 
plus de précarité et augmente les inégalités, à l’instar du philosophe 
Jean-Claude Michéa, je ne me résigne pas à « voir sans rire le drapeau 
de la révolte tomber des mains de Rosa Luxemburg dans celles d’une 
Ségolène Royal. »

 URFIG :
http://www.urfig.org/francais.htm





_______________________________________________
Moderne-causerie@rezo.net - http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/moderne-causerie

                               

(le dessin est de Vincent Pinchaux, grand militant devant l'éternel....)

On s’est bien gardé en haut lieu de s’en vanter. Suite à la création d’un " pool juridique " chargé de plancher sur la simplification des lois afin de les rendre plus " lisibles " par le citoyen de base, un fonctionnaire aurait été discrètement écarté pour avoir pris trop sérieusement au mot sa mission. En effet, celui-ci constatant la dissymétrie systématique qui frappaient les délinquants suivant le milieu social auquel ils appartenaient (par exemple la " peine " frappant un emploi fictif dans certaines mairies -dont le coût pour la collectivité se chiffre pourtant en dizaines de milliers d’euros- n’est souvent que symbolique, quand elle n’est pas " amnistiée ", alors qu’une insulte à un homme politique peut se chiffrer par trois mois de prison ferme, et tant d’autres exemples si " parlant " selon sa propre expression…) avait mis au point un " coefficient  de tolérance à la délinquance " suivant le milieu social et divers indices plus ou moins fins concernant la trajectoire sociale d’un individu (selon son " capital social ", sa " notoriété ", ses " responsabilités publiques ", etc…) . Il proposait de légaliser officiellement ce coefficient " qui crève les yeux et que tout le monde applique de fait ", et de lui donner force de loi !
Ainsi dans son classement (appuyé systématiquement par une étude empirique incontestable d’une grande finesse sur les dernières grandes affaires en France : émeutes en banlieue, affaire d’Outreau, emplois fictifs de la Mairie de Paris, etc….), les " médias " bénéficiaient ouvertement d’un quasi droit  au mensonge non sanctionné (exemple d’une des preuves –parmi tant d’autres !- qu’il fournit à l’appui de son modèle : aucun journaliste de l’affaire d’Outreau ayant inventé des faits imaginaires n’a été obligé à une repentance publique, sans parler d’une peine réelle, ou à fortiori d’une obligation à une réflexion sur les mécanismes du monde journalistique qui amènent à ce genre de comportement quasi-structurels, et aux moyens d’y remédier ) mais aussi à un droit de lynchage officiel (par exemple, aucun journaliste ayant détruit la vie du bagagiste de Roissy n’a subi de sanctions réelles). Après moult exemples réels, constatables par quiconque n’est pas frappé d’amnésie sur les dix dernières années de la vie de notre chère république, il attribue (ou plutôt il dit : " notre république attribue de fait ") un coefficient " divisé par dix " pour la délinquance journalistique. Suivant le même raisonnement, et s’appuyant sur les dernières affaires concernant les dirigeants politiques chargés de donner l’exemple dans nos sociétés, il attribue (ou plutôt il conclut au terme d’une longue démonstration empirique difficilement contestable : " de fait nous attribuons ") un coefficient divisé par cinq pour la délinquance de nos dirigeants….Et ainsi d’attribuer à certaines formes de délinquance un coefficient modérateur de notre justice , comme si elles n’étaient pas vraiment de la délinquance….
Par contre il est une délinquance qui est ressentie comme particulièrement insupportable par notre " république ", alors que ces dégâts sont objectivement bien moindre que la première (un emploi fictif ou un appartement payé sur l’Etat, ce sont des centaines d’heures d’enseignement en moins pour les jeunes tentés par la délinquance….) : C’est la délinquance des pauvres, spécialement s’ils sont originaires de nos banlieues…Ici, à délinquance égale, en terme de destruction matérielle, le coefficient devient positif, et même très positif….Ainsi lorsqu’un délinquant de banlieue détruit ouvertement une voiture d’une valeur de 1500 euros (un acte purement symbolique puisque contrairement aux emplois fictifs sa délinquance n’améliore pas sa vie matérielle personnelle, preuve s’il en fallait d’une " délinquance " qui n’a pas pour but de vivre sur autrui contrairement aux emplois ficitfs) , il écope d’office de prison ferme sans aucun droit à de quelconques " excuses ", fussent-elles " sociologiques " et crevant les yeux….Bref, au terme de sa comparaison empirique (et pour invalider ses arguments, il faudrait nier les jugements prononcés ces 20 dernières années), notre juriste proposait un coefficient de " multiplié par cinq " pour un acte de délinquance provenant de ces milieux…..
On comprend que cette officialisation des mœurs réels de notre " justice " est été ressentie comme particulièrement " explosive " par nos " dirigeants " qui se sont empressés d’étouffer l’affaire. Mais la vraie question est-elle la naïveté de notre fonctionnaire ? Nos dirigeants seraient bien naïfs de le croire…..On se demande parfois s’ils ont conscience du feu qui couve dans ce pays dont on enseigne encore (et cela fait pas mal rire nos jeunes des banlieues) qu’il a inventé les " droits de l’homme "…..

(ps Si on pense que cette fiction est une caricature particulièrement injuste, on peut lire Pierre Tévanian "le ministère de la peur", éditions l'esprit frappeur.)

 

 

 

 

 

Rappel: quand le C.I.C, groupe bancaire, essayait en toute légalité et avec la complicité active de l'éducation nationale (!!!) d'introduire un enseignement à la spéculation boursière au coeur d'une institution défendant théoriquement la devise "liberté, égalité, fraternité" (et le jeu a bien duré trois quatre ans je crois!!!)
 Merci à Vincent Pinchaux pour son dessin, et à Gilbert Molinier, prof de philo, qui contre toute sa hiérarchie et avec "l'appui faux cul et lointain"  d'attac (à coup de lettres et de pétitions) à qui aurait dû revenir naturellement ce travail arrassant, payant (?)  et  risqué  en justice s'est attelé à poursuivre tout seul  sa propre hiérarchie (et il a gagné, mais a remonté les bretelles  des apparatchiks d'attac qui venaient pour "fêter" la victoire. Tu m'étonnes). Merci aussi au juge qui, par les temps qui courent, a eu le courage de remplir sa fonction pour dire que ce "jeu" n'avait rien à faire dans une telle institution....Mais si, il reste des gens biens....

 La scène se serait passée lors d’un concert des enfoirés. Un groupe d’une centaine de personnes, en majorité des " personnes du troisième âge  aux maigres économies ", aurait voulu s’introduire dans le concert pour dénoncer publiquement le double jeu moral de certains artistes (vivant directement d’après elles sur leur pauvreté, et se livrant pourtant à des opérations de charité ostentatoire), mais aussi leur prise de position politique " libérale " à peine masquée (à travers leur participation active pour des publicités vantant des " produits financiers spéculatifs " pourtant à haut risque, et aux effets bien réels et dévastateurs dans le monde, tant pour l’épargnant que pour les salariés sous la pression direct de ce genre " d’investissements "). Bien sûr, ces personnes ont été facilement éconduites et l’incident relativement passé inaperçu. Par la force des choses, ces personnes sont faibles physiquement, et donc " facilement contrôlables " selon l’expression (accompagné d’un rire nerveux) d’un vigile au look résolument moderne, portant beau visage, cheveux longs, et boucle d’oreille comme il sied dans ce milieu au courage civique et à la générosité légendaire. C’est donc dehors, sous un petit porche que s’est improvisée une mini conférence de presse. Minimale par la force des choses d’ailleurs, car nombres de journaux télévisés ou autres quotidiens nationaux n’étaient pas là . Pressentant " instinctivement " qu’ils avaient un intérêt bien compris à ignorer cette affaire (et leur intuition s’est avéré juste), ils ont préféré, utilisant leur principale arme, passer sous silence l’esclandre. Mais écoutons plutôt la principale porte parole de ce mouvement. " Nous sommes des petites gens à la retraite faible. Aimant ces artistes, lorsque nous les avons vu faire de la publicité pour certaines banques, nous avons penser que nous pouvions y placer nos maigres économies en toute sécurité. Ils nous traitaient presque d’imbécile dans ces pubs si nous ne profitions pas de ces opportunités ! Et voilà que ces banques, jouant avec notre argent pour en tirer un bénéfice et aussi rémunérer ces artistes qui ont fait de la publicité pour elles, ont dilapidé nos économies. Bien sûr, elles ont argué que nous savions ce que nous faisions en leur confiant notre argent. Or c’est faux. Certains d’entre nous ont vu leur argent " placé " d’office sans même le savoir. Et jamais les autres n’ont été sérieusement, je dis bien sérieusement, mis en alerte sur le risque qu’on leur faisait courir. Aucun de nous n’a voulu courir ces risques sciemment. Et d’ailleurs même si nous n’avions pas perdu d’argent, nous voulons être des épargnants honnêtes et tranquilles. Nous ne voulons pas gagner de l’argent en exploitant d’autres personnes, fussent-elles loin et inconnues de nous. Or maintenant, on fait tout pour décourager l’épargne honnête. Dans ces pubs, on présente, à peine implicitement, les gens qui persistent à être honnêtes comme des cons. Et ces artistes, si prompts à faire des sketchs sur l’imbécillité des fonctionnaires, font de la propagande active pour cette façon malhonnête et risquée de gagner de l’argent, en nous incitant nous leur public à aller placer nos économies dans ces banques au jeu pas très clair (ndlr : mais une banque peut-elle avoir un " jeu clair " dans le capitalisme contemporain et pourra-t-on éradiquer la " malhonnêteté " sans se débarrasser des structures du capitalisme financier contemporain ? Une question que notre interlocutrice s’est bien gardée d’explorer) . Lorsqu’ils touchent de l’argent en faisant de la publicité pour ces banques malhonnêtes (ndrl : un pléonasme assurément), et lorsque nous nous sommes fait plumés par ces banques, ils ont vécu directement de notre appauvrissement. Nous trouvons fort qu’après cela ils viennent faire des concerts pour appeler les citoyens à soutenir les gens dans la rue. Dans le cas présent, c’est eux qui nous y mettent activement dans la rue ! C’est comme s’ils nous plumaient deux fois en quelque sorte…. ". On comprend donc que ces personnes aient été " personnes non grata " chez les enfoirés, vu le degré d’honnêteté et de cohérence minimale qu’elles réclamaient dans le comportement de nos " artistes " (mais peut-il y avoir des " degrés " dans l’honnêteté d’ailleurs ?). On comprends aussi que la presse qui se fout complètement des choix de société implicites opérées à travers ses rentrées publicitaires, ait compris d’instinct qu’elle ne pouvait pas laisser s’exprimer au grand jour une telle vision des choses. " Si on commence à examiner jusqu’au bout la chaîne des responsabilités humaines et à réclamer cohérence et honnêteté entre les engagements verbaux et les comportements réels, nous sommes morts " aurait glissé en riant un journaliste bien connu à l’oreille d’un artiste bien connu, faisant de la publicité pour une banque elle aussi bien connue (quoiqu’en procès actuellement avec certains de ses " clients ")… Et la porte parole de conclure :  " Je propose une idée de sketch ou de chanson comique d’un genre nouveau à nos artistes si prompts à chanter l’amour et à nous faire rire de tout : celle d’un humoriste qui réussirait à se faire passer pour généreux tout en vivant de la pauvreté de son public…. ". Assurément, voilà un thème éducatif que ne manqueront pas d’exploiter nos chers " enfoirés "….Mais ne sont-ils pas là pour nous " distraire " ? Mais nous distraire de quoi au fait ?

Une fiction sans grande imagination de Lionel Goutelle…..

 

 

 

 

 

 ps: n'hésitez pas à me transmettre vos coordonnés pour signer cette pétition que je viens de recevoir (et n'hésitez pas à la faire circurler)., je me ferai un devoir de les afficher....Franchement, il y a des gens biens qui se réveillent, ça fait plaisir....
----- Original Message -----
From: gérard dupuis
Sent: Thursday, April 27, 2006 3:49 PM
Subject: un geste militant fort sans ambiguïté

 

 

PHILLIPE MEIRIEU : PETITION POUR DES GESTES CIVIQUES SANS AMBIGUITES

En tant que citoyen (et à fortiori d’enseignant, ou à fortiori au degré deux, d’enseignant d’enseignants !) n’êtes vous pas comme moi fortement irrités de ne pas disposer d’instruments, de preuves incontestables vous permettant de différencier clairement vrais et faux engagements citoyens (car il est pour le moins curieux qu’avec autant de personnes militant pour un monde meilleur, et si peu militant à visage découvert pour un monde injuste, les injustices sociales ne se soient jamais portées aussi bien dans l’histoire humaine et ne cessent de croître. C’est bien là la preuve que certains, par double jeu, arrivent à cet exploit paradoxal de faire -ou de laisser faire- progresser les injustices sociales tout en proclamant vouloir l’inverse) ? Que ce soit pour prouver la véracité de notre propre engagement ou y voir plus clair dans celui des autres, nous en sommes souvent réduits à croire les autres sur parole et à proclamer verbalement le nôtre. Pour faire avancer les choses, il nous faut donc inventer des techniques de " démasquage " des vrais et faux engagements citoyens. Par la présente pétition, je voudrais à la fois prouver la sincérité de mon propre engagement, mais aussi vous donner une occasion " en or " de prouver le vôtre. Il est en effet évident que ceux qui ne signeront pas cette pétition, qu’ils le reconnaissent ou non, prouveront à contrario qu’ils n’ont pas le courage civique qui sied " par définition " à leur position de citoyen, ou à fortiori de prof. Je vous demande d’ailleurs de noter autant (et surtout) le nom de ceux qui ne la signeront pas que de ceux qui la signeront (ou même de ne pas hésiter à apposer de fausses signatures de gens dont vous doutez de la sincérité. Cela pour mieux les obliger à démentir, et à donner par eux-mêmes les preuves de leur incivisme. En effet, quand les temps de " repentance " seront là, ce genre de document (qu’il nous faudra archiver) tiendra lieu de preuve pour montrer qui a accéléré, ou au contraire qui s’est opposé à la monté de la catastrophe finale qui se profile à l’horizon: légitimation complète de la malhonnêteté et de la force, fût-elle dénommée " liberté des marchés "). Cette attitude de courage civique " en actes " offrira aussi l’avantage (non négligeable par les temps qui courent !) de convaincre les gamins des banlieues " difficiles " (si souvent incrédules devant nos proclamations " républicaines ") que pour une fois, les enseignants (grand pourvoyeurs de " leçons " qu’on ne voit jamais à l’œuvre) sont capables de se battre et de prendre des risques concrets pour le respect des valeurs qu’ils disent être les leurs.

Mais quels sont donc ces évènements (parmis d'autres) qui ont sapé si profondément les fondements de notre éducation civique sans provoquer aucune réaction digne de ce nom, spécialement du corps enseignant d’ailleurs, qui, dans un état normal de ses défenses " démocratiques ", aurait du se lever comme un seul homme devant ceux-ci (mais il n’est jamais trop tard, et je leur donne une occasion de se rattraper) ?

Je fais allusion, bien évidemment, à la sous condamnation d’Alain Juppé dans notre pays. Comment ne pas voir que cette sous condamnation (quand on pense qu’il louait à son fils pour un franc symbolique un appartement immense en plein Paris. Il a bon dos le " financement des partis ") jette un discrédit irrémédiable sur la réalité de nos principes républicains (d’ailleurs cette sous-condamnation me semble tellement grosse que je me demande parfois si ce n’était pas un " test " intentionnellement inventé pour mesurer empiriquement le degré de civisme réel de la société française). Comment nos élèves " difficiles ", parfois tentés par la délinquance ouverte, peuvent-ils prendre au sérieux nos leçons d’éducation civique si nous laissons ce genre d’injustice flagrante exister (dans aucune démocratie européenne une corruption si flagrante passerait aussi facilement. Voilà un " retard " que nos dirigeants se gardent bien de combler).

Le deuxième événement anormal auquel je fais bien allusion est bien naturellement la conférence donnée par le patronat à de jeunes enseignants dans un I.U.F.M de province, dont par pudeur, je tairai le nom (j’ai moi même été directeur d’I.U.F.M, et je sais le discrédit que pourrait jeté une telle révélation sur ceux qui ont laissé faire ça). Comment peut-on imaginer que les enseignants français, dignes successeurs des " hussards noirs " de la république, et défenseurs naturels des valeurs de " liberté, égalité, fraternité ", pourraient accepter de se laisser coloniser par les " anti-valeurs sociales " du patronat (une catégorie " sociale " qui déjà à la fin du XIX siècle cherchait à prouver que le travail des enfants en usine était une bonne chose pour l’économie ! et une catégorie " sociale " qui, de nouveau aujourd’hui, demande la destruction des protections sociales les plus élémentaires, dénommées désormais par elle " archaïques ", alors que nos aïeux ont souvent donné leur vie pour elles) ? Ce dont la société française a besoin pour se porter mieux aujourd’hui, ce n’est pas d’une entrée des anti-valeurs de l’entreprise dans l’école, mais bien au contraire d’une sortie agressive des valeurs de l’école dans l’entreprise ! Il est clair que " l’école n’est pas une entreprise ", et qu’il faut non seulement protéger, mais accroître l’autonomie de l’école comme institution libre et rebelle en face des " entreprises  ". Il est particulièrement malhonnête et grave de croire, et de faire croire que le patronat, loup qu’il a toujours fallut combattre tout au long de l’histoire pour faire régner un peu d’humanité dans ce monde, serait devenu un " agneau " et s’introduirait en toute innocence dans la bergerie des écoles, fusse à petits pas et par sponsoring généreux interposés, sans rien attendre en retour. Ce que le patronat vise, même si à long terme, en s’introduisant dans les écoles, c’est à tuer la résistance civique dont les écoles peuvent être encore le (dernier ?) lieu en face de la pseudo " liberté des marchés ". Honnorez vous donc et signez cet acte de résistance. Vos enfants vous implorent et vous jugent. Et archivez les preuves de votre honnêteté. Un jour…..

Je demande la révision du procès Juppé, et je demande l’expulsion des entreprises des écoles et des I.U.F.M

NOM PRENOM METIER VILLE /ETABLISSEMENT COMMENTAIRE

Meirieu Philipe Pédagogue Lyon/ IUFM      les doubles jeux sont terminés

Dupuis Gérard prof d'histoire/Bretagne    il faut réhabiliter la pétition comme geste d'engagement et de résistance

Goutelle Lionel  instit/ Marseille                  Je me remets à y croire........

 

On pourrait croire que les comportements et les paroles suivantes ont été imaginées par un caricaturiste  particulièrement pervers. Et pourtant, il n’en est rien….Ils/elles ont existé, et on peut le vérifier…D’après Karl Kraus, quand la caricature a du mal à caricaturer la réalité, c’est là un des pires signes que peut donner une " société " sur son état de santé réel… Il faut croire que nous sommes  en état de maladie très avancée (irréversible ?)

 

 

 

1) Steewy, l’ignare qui demande la légalisation de l’ignorance.

avertissement : Malgré les apparences, la scène suivante ne se passe pas dans une organe de propagande politique déclaré, lieu " naturel " de tels comportements (et encore : ils y seraient certainement ressentis par des gens intelligents désirant convaincre des indécis comme particulièrement caricaturaux et contre productifs au final) mais sur un " service public " ( ! ! !) et qui pis est, dans une émission dite de " divertissement " ( " diversion " serait peut-être un mot plus approprié).

Mardi 18 avril, émission " on a tout essayé " de Laurent Ruquier. On reçoit ce jour là un essayiste particulièrement " décapant " et " courageux ", à " contre courant "  des "préjugés dominants" des français, comme il sied lorsqu’on est " moderne " (ah, notre " arriération "! quelle souffrance et quelle honte pour des gens aussi éclairés qu’eux…). Sa thèse, si subversive, qu’il convient d’avoir le courage de soutenir contre vents et marais (et qui, assurément, ne trouvera pas d’autres appuis médiatiques) ? Aujourd’hui en France on a honte d’être de droite ( ! ! !)…et il appelle à être fièrement de droite (comme quoi le culot dans la malhonnêteté peut être encore un coup jouable dans nos " démocraties "). Passage en revue donc de son essai par les différents chroniqueurs de l’émission. Bien sûr, la majorité des chroniqueurs (ceux qui ont appelé à voter oui à l’Europe libérale me semble-t-il) le trouvent " juste et honnête ". Ils ont souvent ressentis dans la société française le même état d’esprit que notre auteur décapant . Vient donc le tour de Gérard Miller dans son rôle de l’opposant de service (il parle à un contre cinq au bas mot, et s’il est vu de façon intéressé par les autres participants du plateau comme " extrémiste ", il incarne en vérité -quand on a une connaissance un tant soi peu sérieuse du spectre des analyses et des positions qui peuvent exister aujourd’hui dans la gauche française - une gauche molle et ambiguë –jospiniste ?-, voire corrompue par le libéralisme sur bien des points. La seule " utilité " de sa présence sur un plateau si orienté politiquement pourrait bien être -avec les autres chroniqueurs silencieux et " neutres " du plateau en majorité numérique- de servir de " caution démocratique " aux libéraux durs de l’émission qui mènent la danse, même s’ils sont numériquement minoritaires : car quatre libéraux francs en face de dix muets et de deux opposants ambigus, ça donne toujours l’avantage aux quatre libéraux. Tel est d’ailleurs souvent la structure truquée que l’on retrouve dans la plupart des débats médiatiques, y compris les plus " sérieux " et qui fait que la société française semble se " droitiser " naturellement ….Ces manipulations artificielles consistant à "squizzer" des opinions et des analyses que les médias refusent de reconnaître comme légitimes, notamment à gauche, explique que les médias soient si souvent " à la masse " sur des questions ou la possibilité est donnée au peuple d'exprimer des opinions contraires à celle du "bon sens médiatiquement dominant" comme sur la question de l’Europe. A y regarder de pret, cee n’est jamais là que le mécanisme de fermeture sur soi même qui a emporté l’aristocratie française sous la révolution, et qui présente pour le moins des analogies frappantes avec nos "élites" médiatiques ou autres du moment ….). En effet, les libéraux de notre plateau, en radicalisant ainsi artificiellement sur leur gauche un gauchiste timide, font passer à bon compte leur libéralisme extrémiste pour modéré et sage. A commencer par Laurent Ruquier lui-même d’ailleurs, faux modérateur particulièrement habile à faire de la propagande sans en avoir l’air, qui par le choix des chroniqueurs, des invités et des essais passés en revue, prédétermine largement le champ des choses dicibles et pensables sur son plateau, sans parler du maniement ciblé de son humour quand émerge par le plus grand des hasards une question sérieuse et dérangeante (par exemple, verra-t-on un jour -sans qu’ils soient interrompus- des auteurs de la collection " raisons d’agir " sur son plateau ? On en doute….Pourtant il s’agit vraiment là d’essais argumentés qui contredisent point par point la doxa que nous déversent à longueur de temps nos " casseurs de préjugés " jamais contredits. Mais vu les conditions imposées par ce genre d’émission, il y a fort à parier que de tels auteurs refusent cette fausse prise de parole, massacrés qu’ils seraient d’avance, ne pouvant déployer la longueur de leurs arguments précis et minutieux à l’inverse des généralités vagues et courtes de nos essayistes…et on les comprends). Gérard Miller donc, gauchiste attitré du plateau, a pour une fois une réaction digne, et trouve risible l’ouvrage de notre auteur dans sa malhonnêteté (sans oser dire le mot cependant). Comment peut-on défendre une telle thèse à l’heure où tous les médias lui semblent tenir peu ou prou le même langage libéral (et de fait on sait que Sarkosy se vante d’avoir les médias qui comptent pour lui)? Surgit alors Steewy qui, il faut le reconnaître, a au moins l’honnêteté de prononcer noir sur blanc ce qu’il est et ce qu’il veut. Et le voilà qui, dans un premier temps ne répond pas à l’objection de Gérard Miller (et pour cause, rire…) comme si implicitement il était normal que tous les médias soient libéraux, et nous vante dans un second temps le modèle anglais comme étant une réussite incontestable (le nombre de pauvres aurait été divisé par deux ou trois grâce au passage de Tatcher ! Il oublie de préciser  que malgré cela - qu’il reste à vérifier tant les manipulations statistiques et surtout les contes de fée sont monnaie courante chez ces gens là- le nombre de pauvres rapporté à la population globale reste bien supérieur chez nos amis anglais à ce qu’il est dans notre modèle " arriéré " à nous! cf " alternatives économiques " qui n’est pas spécialement gauchiste….). Laurent Ruquier se tourne alors vers notre opposant attitré pour lui demander de répondre aux objections de notre grand économiste Steewy. Gérard Miller, timidement comme il sied à un opposant qui doit intérioriser son infériorité structurale sur un tel plateau, esquisse un réponse. " Il faudrait du temps pour réfuter une à une les affirmations de Steewy… ". Et ne voilà-t-il pas que notre Steewy national, caricature vivante qu’aucun caricaturiste  n’aurait jamais pris le risque d’inventer par peur d’aller trop loin dans la caricature, saute à la gorge de notre pauvre opposant timide, avec des paroles du genre : " y’en a marre de tes raisonnements foireux. Tout le monde le dit et le sait que l’Angleterre se porte bien (on se demande bien pourquoi le matin même dans l’émission " le fou du roi " on recevait un écrivain qui nous disait que parmi les raisons qui emmenaient des anglais à vivre en France, il y avait la qualité et le coût de la médecine française comparée à la médecine anglaise qui, malgré des progrès récents dus à sa re-nationalisation partielle, était dans un état lamentable suite à sa mise au pas par Tatcher, l’idole de notre idole. De même, si Stewy avait l’oreille fine, il aurait entendu il y a un ou deux mois, même si ça a été dit vite et en douce par les médias, que le système de retraite anglais -vers lequel on nous oriente pourtant !- ne marche pas et est en faillite en Grande Bretagne….). Et de continuer avec des paroles du genre " Y’a qu’ici (sous entendu dans ce pays) que des gens comme toi peuvent encore parler comme ça, etc…. " Bien sûr, Ruquier rit, plutôt que de jouer son rôle de modérateur sérieux, puisque le débat était devenu ouvertement politique. D’ailleurs ne sommes nous pas dans une émission pas sérieuse, de " variété " (et on se demande bien où est la variété d’ailleurs)? Dans sa diatribe, Steewy, même s'il ne le dit pas toujours ouvertement, laisse clairement entendre ses souhaits, si peu implicites (anticipe-t-il la prochaine étape dans les médias? l' interdiction légale des raisonnements anti-libéraux, avec prison et hopitaux psychiatriques à la clé ? On aimerai ne pas le  croire. Mais ne sommes nous pas déjà à deux doigts d’enfermer les grévistes comme des bandits….) : Il faut interdire les gens comme Gérard Miller (alors à fortiori, ceux qui lisent " raisons d’agir " c’est même pas la peine d’en parler….) et il ne devrait y avoir que des gens comme moi à la télé. L’information ne doit venir que des cercles libéraux et ne doit jamais être contredite. Les impôts ne devraient pas exister et les pauvres sont responsables de leur pauvreté….etc

.Bref, en résumé, ce jour-là, sur un service public et dans une émission à priori a-politique, on a donné le monopole de la parole à un point de vue ultra-libéral quasiment fasciste qu’il était interdit de contredire (on a laisser, et fait applaudir bruyamment la prise de parole violente de Steewy.) …

Ceci dit, il ne faut pas en vouloir à Steewy. Il est peut-être victime de " l’hystérisis d’un habitus " comme disait Bourdieu formé dans les conditions si particulières de la télé " réalité " dont il est une des emblèmes vivantes (Steewy pouvait-il se faire un nom en endossant autre chose que le personnage de celui qui est capable de coups de culot apparents et sans risques aux services des dominants d’une époque qui ne demandent que ce genre d’audaces ? Il est permis d’en douter…Et gageons que, si nous étions en régime communiste, l’équivalent strucutal historique de Steewy ne serait pas le résistant libéral à contre courant vraiment courageux, mais une espèce d’artiste d’état au service de la propagande du parti qui demanderait l’interdiction des contestataires dans l’autre sens…). Il pourrait transférer (un peu trop vite peut-être pour l’instant) dans le domaine politique une des règles implicites qui fait gagner –à tous les sens du terme- dans la télé réalité : soit apparemment culotté et ne respecte rien, sinon les puissants du moment….

Et puis il confirme surtout de façon dramatique la comparaison qu’établissait Flaubert entre le statut de la prostituée et celui de l’aspirant artiste dans nos société, obligé de se vendre aux dominants du moment et à leur goût sans états d’âme pour vivre de son " art " , quoique personnellement j’ai beaucoup de mal à entrevoir de quel " art " vit Steewy….Ou plutôt, je ne le vois que trop...

" ELLE " , ENSEIGNANTE ACTIVE ET LEGALE DE L’INCIVISME

PS : L’auteur de ces lignes n’a aucun mérite et aucune imagination . Il a vraiment rencontré " elle " et s’est contenté d’en faire un portrait fidèle.

" Elle " a vécu dans une petite ville côtière sur la côte d’azur où il serait inimaginable pour vous et moi d’habiter (en raison des loyers ou à fortiori, du prix des appartements et des maisons ). " Elle " n’est pas du tout consciente de la profonde et durable déformation de son regard sur la société que cette vie (relativement facile) a produite. Tout naturellement, lorsqu’ " elle " parle, " elle " évacue la domination sociale de la vie, mais se perçoit pourtant comme particulièrement neutre et juste dans sa vision des choses. " Elle " pense qu’ignorer activement celle-ci est une marque d’ouverture d’esprit. Et si, prenant au mot la défense de la devise républicaine, vous vous avisez de lui faire toucher du doigt la réalité de la domination sociale à travers quelques exemples très concrets qui vous entourent, cette militante naturelle et forcenée de la fermeture d’esprit et de l’indifférence sociale vous dénoncera vous –qui voulez l’obliger à ouvrir les yeux- comme un être particulièrement fanatique et orienté dans sa vision des choses (rire : de l’art de retourner les choses). Pour " elle ", avec ce genre de réflexions, vous êtes un être dont la présence est particulièrement déplacée dans une école dont la principale qualité devrait être de se montrer " neutre " (La " qualité " que les faux culs privilégient toujours lorsqu’ils veulent masquer leur couardise et leur manque de courage civique en essayant de vous faire passer vous pour l’excité de service. A preuve vos réactions disproportionnées et folles en face d’un danger que vous inventez de toute pièce pour vous mettre artificiellement en valeur. Pour le moins une grosse ficelle. De plus, dans le cas présent, " elle " a juridiquement tort –mais pour combien de temps encore au train ou vont les choses ?- puisque l’école française affiche toujours officiellement la devise " liberté égalité fraternité " sur ses murs et que les profs sont les gardiens naturels de celle-ci, spécialement lorsqu’elle est bafouée, fusse par l’état lui-même. On n’ose pas assez le dire : prof est encore officiellement un métier politique).

Ainsi, " elle " a travaillé quelques années chez Mac Donald pour son argent de poche, et " elle " s’y sentait très bien. " Elle " y serait bien devenue cadre si " elle " n’était pas devenue enseignante. Pour " elle ", Mac Donalds est une entreprise propre (parlait-elle des parquets ?). " Elle " n’a pas du tout vu –et " elle " se montre très choquée que l’on ose voir les choses ainsi- que ce genre d’entreprise emploie surtout de jeunes étudiants, parce qu’ils sont particulièrement malléables et corvéables en ce qui concerne les horaires et les conditions de travail, qui, autrement, seraient intenables (à preuve, le turn over anormalement élevé de cette entreprise). " Elle " a nié pendant longtemps les preuves qui mettaient en évidence que cette entreprise s’accommodait très bien de faire fabriquer ses petits jouets par de quasi esclaves dans le tiers monde. " Elle ne " pouvait pas le croire " (mais nous, nous comprenons très bien pourquoi Mac Donalds peut lui faire croire n’importe quoi. Rire).

" Elle " a de l’admiration pour Britney Spear et Loanna du Loft. Ce sont des filles " intelligentes " qui savent " exploiter " leurs " qualités naturelles " (et leur public ?). Il est normal qu’elles gagnent autant d’argent. Si " elle " était à leur place, " elle " ferait sans état d’âme la même chose. Et ne venez pas lui dire que d’après vous ce genre de personnes fait régresser l’humanité, vous apprend à devenir activement con et à ne pas construire votre vie, vous apprend à ne pas apprendre et à perdre votre temps, et qu’il est anormal qu’une télévision digne de ce nom diffuse ce genre de programme, mais dans le même temps ignore un film sur Bourdieu, un des grands esprits de notre temps. Pour " elle ", la télé doit se plier au goût du public, et il " faut arrêter de faire chier les gens –qui ont envie de se détendre – avec des trucs lourds et indigestes " (" mais comment fais tu pour te prendre la tête avec des trucs comme ça ? Tu ne vas pas enseigner ça quand même à tes élèves ? "). Pourtant, Bourdieu vous ouvrant les yeux sur la misère du monde, ça vaut peut être bien une heure de " peine " dans votre vie. Si " elle " trouve normal que notre société fasse gagne des centaines de millions à Loanna pour posséder des qualités si rares et si utiles à la société, " elle " trouve par contre anormal qu’on se plaigne que les minimas sociaux soient trop bas. " Il faut pousser les gens à travailler, sinon on va en faire des assistés " (peut-être faut-il leur prescrire une bonne cure de Loft Story ?).

" Elle " fête la fête d’Halloween avec grand plaisir et sans recul. Je pense ne pas prendre de gros risques en disant que " elle " se collerait facilement un auto-collant " Mac Donalds " sur le front si c’était le prix à payer pour avoir beaucoup de bonbons pour ses élèves. Si c’est une question " d’ouverture d’esprit " et " d’attitude moderne ", alors " elle ", n’écoutant que son courage, le fera (" elle ", contrairement à vous est toujours dans le sens du vent. Et gageons que si la conjoncture se retournait, " elle " changerait très naturellement de discours.). " Elle " pense, mais n’osera pas vous le dire, qu’en refusant de fêter Halloween, vous êtes un " maniaquo-rigide " (à quand des classifications psychologiques pour refus du libéralisme ?) et que vous relevez de l’hopital psychiatrique pour " ne pas savoir prendre la vie comme elle vient ".

Bien évidemment, si un jour vous vous avisez de distribuer un tract en appelant au courage civique et à la lucidité des enseignants sur le danger de la sponsorisation et de la privatisation des écoles, " elle " se détournera ostensiblement de vous en vous disant " mais moi, contrairement à toi, je ne fais pas de politique dans l’école, ce n’est pas le lieu ". " Elle " fait semblant de ne pas s’apercevoir que c’est " elle " la plus farouche militante : la militante de l’aveuglement volontaire qui appelle les victimes à être consentantes.

Dites moi, ce genre de prof, militant actif et légal de la connerie, c’est un cauchemar que j’ai fait ? Ca n’existe pas et c’est un accident qui ne se reproduira pas? Nous avons eu des " socialistes " au pouvoir et ils y reviendront? Ouf, j’ai eu peur (écrit le 13/08/01 à la suite d’une rencontre avec une prof réelle, ou plutôt irréelle à l’époque….mais si banale aujourd’hui. Un texte à peine modifié aujourd'hui. Lionel Goutelle, enseigant à Marseille )

 

 

Il règne en France -pays de la pseudo " liberté d’opiner "- un terrorisme particulièrement insupportable : celui de la caricature intelligente et courageuse, dite " bonne ". En effet, jusqu’à maintenant la caricature suivait des règles qui -pour en être implicites- n’en étaient pas moins coercitives : Attaque du fort plutôt que du faible, position courageuse en face du non dit refoulé d’une société, interdiction implicite de caricaturer des populations en danger de perception raciste, attaque ad hominem des puissants de sa propre société qui peuvent pourtant menacer directement ou indirectement la carrière du caricaturiste lui-même, qui fait en sorte de prendre seul, de monopoliser les risques inhérents aux réactions violentes provoquées par sa caricature. etc…

Ces limites, " intériorisées " par tout bon caricaturiste qui se respecte, ont indéniablement borné l’imaginaire de nos caricaturistes, et donc en conséquence celui de nos concitoyens. Elles ne conviennent absolument plus à notre société contemporaine ou la " fluidité sociale et démocratique " est devenue de règle. Surtout, elles ont contribué à faire que l’art de la caricature soit perçu comme un art " d’ouvreur d’yeux ", monopolisé par une fraction bien précise de la population : Quelques " intellectuels " de gauche, voir d’extrême gauche, peu enclins à se dessaisir de leur privilège culturel (comme d’habitude. On veut bien partager le P.N.B et les biens matériels dans ce milieu, mais on ne touche pas au partage du capital culturel ! Tu m’étonnes…). Nous voudrions " casser " ce monopole insupportable, et contribuer à inventer des caricatures " populaires " et démocratiques, accessibles au premier venu, fut-il (pour le dire brutalement) de droite, raciste et peu éduqué, et injustement méprisé comme un beauf par l’ancienne formule de Charli-Hebdo (et nous trouvons là une occasion de faire amende honorable envers ces fractions de la population auxquelles nous avons tant fait de mal par le passé. Rappelez-vous ces caricatures de beauf si blessantes des années soixante-dix…Un jour, nous ferons repentance sur cette période, j’en prends l’engagement….Et merci à Jean Marie Le Pen et consort de commencer à nous citer dans leurs discours)

En ce sens, nous soutenons fortement les caricatures dites " danoises ", et notamment celle qui, à peine implicitement, fait de tout pratiquant de l’Islam un terroriste en puissance. En effet, à y regarder de prêt, cette caricature fait justement voler en éclat ce carcan si peu démocratique de la " caricature de gauche et à contre courant des idées dominantes " et, dans un acte de courage particulièrement fou et audacieux dont on n'a pas encore pris toute la mesure (une contribution indéniable à la lutte du bien contre le mal que même Georges Bush n’aurait pas osé !), se permet de piétiner un à un tous les principes implicites de la caricature dite " intelligente", dont le seul but semblait être de mettre à distance et de moquer le " français moyen inculte " (comme s’il avait choisi sciemment de l’être ! Bon sang : relisez Bourdieu et les lois de la transmission du capital culturel !). En effet, à y regarder de près, et contrairement à la caricature "intello ", cette caricature est  :

  1. " Facile " (tant au niveau de la production que de sa lecture) et donc accessible au premier venu, car bâtie sur les préjugés les plus communs dont les médias nous rebattent les oreilles chaque jour. Mieux : on peut quasiment dire que son " humour ", pour être ressenti, nécessite une absence de culture sur ces choses là. Plus un esprit est déformé par son niveau d’information sur ces choses là, moins elle le fait rire. C’est donc là la preuve patente de l’orientation populaire et démocratique de ces caricatures : elles font spontanément de l’audimat. Et l’audimat est aujourd’hui la sanction de la démocratie comme chacun le sait.
  2. Facile à produire du point de vue de l’imaginaire (parce que justement elle ne nécessite aucun imaginaire), elle prend ouvertement le parti du plus fort (Georges Bush et ses croisades) plutôt que celui du plus faible (la population musulmane pacifique et majoritaire amalgamée à ses extrémistes). Elle ouvre donc pour " l’artiste " qui s’y livre des perspectives de carrière intéressante en cas de montée d’une conjoncture raciste (chose que justement elle précipite) nécessitant des caricaturistes racistes. Bref, elle crée simultanément une demande et des emplois de qualité (car généralement les caricaturistes qui ont le courage de se mettre au service des puissants sont bien mieux rémunérés, directement ou indirectement, que ceux qui contestent l’ordre social dominant, condamnés à vivoter marginalement. Comme on le voit donc, ce genre de caricature défend donc naturellement de bonnes conditions de travail).
  3. Elle démocratise le risque habituellement pris seulement et égoïstement (le salopard !) par le caricaturiste lui-même, pour le faire partager malgré elles par des personnes s’excluant habituellement de ce genre de luttes pour lesquelles elles se jugent à priori incompétentes ou (sagement ?) désintéressées. Ainsi un prêtre italien, sans doute en raison de sa religion et de sa couleur de peau (comme si on lui avait appliqué la caricature symétrique inverse en quelque sorte) a-t-il eu l’honneur de mourir pour ce combat sans l’avoir demander (et ce n’est sans doute pas le dernier)... A preuve que ces personnes ne demandaient que ça au fond d’elles même sans oser le proclamer : le fait qu’au plus les vengeances provoquées par les caricatures se tournent contre elles, au plus ces personnes entrent dans le combat et affirment ouvertement leur hostilité aux caricaturés. .
  4. Elle permet aux petits égos d’artistes méconnus d’exister comme jamais dans l’histoire. En effet, d’habitude, l’Histoire est toujours faite par les grands hommes, les grands caricaturistes. Pour une fois, au contraire, c’est un petit caricaturiste méconnu et médiocre qui met le feu au monde ! Bref, avec cette caricature " bon marché " (à tous les sens du terme) si facile à produire, le premier venu peut occuper aujourd’hui à bon compte la place de Voltaire et se prendre pour l’incarnation de la liberté d’expression (et ce d’autant plus facilement que, répétons le, lui sera probablement protégé par la police, et que son " engagement " sera en vérité payé par des dizaines d’anonymes dans le monde. Il vaudrait mieux le nommer " désengagement " d’ailleurs tant il est si peu assumé par son " propriétaire ". Un peu comme s’il existait des plans pour faire payer l’acquisition de votre logement par un tiers locataire sans que ça vous coûte un sous) N’est-ce pas là le genre de démocratisation radicale que nous recherchons depuis longtemps ? etc, etc…. .
  5. Il est donc évident que ce genre de caricatures " bon marché " révolutionne le genre traditionnel de la caricature et lui ouvre des perspectives jusqu’alors inconnues en terme de "rentabilité sociale " et de " communication démocratique ". Finies les caricatures hermétiques qui, non seulement ne parlaient pas au peuple n’ayant pas eu la chance de bénéficier d’un accès à la culture, mais se permettaient souvent de prendre ses préjugés pour cible !  " cours caricaturiste, la vieille caricature est derrière toi ". Bienvenu donc dans la société de marché, vive la presse enfin populaire et accessible.. Et gare à ceux qui s’aventureraient à oser produire encore des caricatures " vieux style ". Nous nous occuperions d’eux. Et nous avons beaucoup plus d’amis qu’eux ! En tout cas des amis plus riches en terme d’accès aux médias et de puissance sociale. Aujourd’hui les grands patrons se vantent d’apprécier l’humour de Charli- Hebdo. Ne l’oubliez pas…..Philippe Val. (un texte imaginé sans grandes difficultés par Lionel Goutelle)

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