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Dimanche 27 novembre 2005
 

 

  Nous, les grands journalistes de télévision française, les meilleurs des citoyens, sommes particulièrement choqués par l’attitude de ces juges qui, sous prétexte qu’ils ont à faire à des hommes politiques qui devraient être l’incarnation de l’honnêteté, se croient autorisés à traiter ceux-ci comme s’ils avaient à faire à de vulgaires petits délinquants de banlieue. Il est particulièrement insupportable qu’ils osent juger ceux-ci sur leurs actes et non pas sur leur discours. Cette pratique consistant à demander à tout bout de champs aux hommes politiques de respecter les principes qu’ils invoquent devient particulièrement irritante et finit par décrédibiliser à la longue nos moeurs démocratiques. Certes, ceux-ci peuvent parfois occuper des emplois fictifs forts bien rémunérés et faire profiter leurs proches de nombre d’ avantages insoupçonnables (appartement, personnel de fonction, etc...). Mais nos juges ont-ils assez d’intelligence pour entrevoir l’utilité sociale ainsi sauvegardée ? Sachant que la plupart du temps les sommes ainsi détournées et mises bout à bout suffiraient à peine à soutenir quelques centaines d’improductifs en état de survie limite, autant dire qu’elles sont beaucoup plus utiles lorsqu’elles participent au bien être de nos élites. Osons dire ce que tout le monde pense tout bas : un voyage aux Baléares d’un de nos dirigeant s’avère bien plus productif indirectement (ne serait-ce que par la forme physique qu’il lui donne) que le financement pendant un an d’un éducateur social inutile dans des quartiers de sauvageons ! Il est donc temps que les juges comprennent que nous ne demandons pas aux hommes politiques de mettre en pratique leur discours, mais de simplement les tenir pour mieux civiliser la France incivique d’en bas qui nous pose tant de problèmes !

Dans la même optique, il est particulièrement choquant que ces juges osent comparer ce qu’ils appellent la "délinquance en col blanc" de nos hommes politiques avec la délinquance des banlieues. Ainsi avons nous entendu un juge tenir le "raisonnement" suivant : sachant qu’un délinquant qui détruit une voiture d’occasion d’une valeur de mille cinq cent euros est condamné à un an de prison ferme, il serait normal qu’une personne politique qui détourne une somme de trente mille euros prenne vingt fois plus, soit vingt ans de prison ferme ! est-il besoin de souligner l’horreur et l’injustice de cette équivalence ! Comment ce juge, qui a pourtant fait des études, peut-il ignorer que dans un cas (celui de la voiture brûlée), la personne volée voit et éprouve de visu le préjudice qu’elle subit (et peut même en évaluer le coût), alors que dans l’autre cas, si le détournement est bien fait, il lui échappe complètement , et donc elle n’en souffre pas et n’est même pas en mesure d’évaluer la hauteur du préjudice qu’elle subit ? Il est donc bien clair, si l’on raisonne logiquement, que l’origine de la douleur éprouvée par les citoyens dans ces affaires ne vient pas des détournements eux-mêmes, mais de leur révélation par ces juges qui, sous apparence de justice, travaillent en vérité à accroître la douleur des français. Cette attitude gratuitement sadique envers les petites gens est évidemment inacceptable ! Aussi nous, les grands journalistes de télévision française qui façonnons l’opinion publique française chaque jour, avons nous décidé d’introduire dorénavant, les principes déontologiques suivants : 1) Nous noierons systématiquement les faits reprochés et avérés à l’origine de la décision de justice condamnant un homme politique vereux sous le spectacle de la douleur éprouvée par ses proches.2) Nous oublierons systématiquement de comparer la hauteur des peines qu’on leur impose à celles imposées aux petits délinquants de banlieues pour des faits objectivement bien plus mineurs 3) Nous travaillerons à apitoyer les spectateurs sur la douleur humaine de l’homme politique incriminé afin qu’ils acceptent d’autant mieux le rôle de la fatalité dans l’origine sociale (sur laquelle l’homme politique pourrait et devrait agir) de leur propre misère. Bien sûr, nous n’avons en vue que le bonheur de petites gens injustement agressés par les révélations de juges particulièrement irresponsables qui ne visent qu’à faire parler d’eux. Vive la France, vive la République, et vive les journalistes libres et responsables ! Nous vaincrons !!

 

Lionel GOUTELLE le 05/02/04 (publié sur Zaléa T.V à l'époque)

 

 

Par Goutelle - Publié dans : politique
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Dimanche 27 novembre 2005
 2) Je ne veux plus/Je veux. 1) fable: Prof l'apolitique et l'intrusion publicitaire
 
2) Je ne veux plus/ Je veux
Je ne veux plus de salopards déguisés en libérateurs.
Je veux que Kissinger soit jugé pour crime contre l'humanité.
Je ne veux plus d'un droit international à géométrie variable.
Je veux que les U.S.A respectent le droit qu'ils imposent.
Je ne veux plus d'économistes qui légitiment les exploiteurs.
Je veux que les économistes calculent le nombre de vies mutilées.
Je ne veux plus de pseudos "lois économiques" inéluctables.
Je veux que partout d'un droit coercitif du travail on dispose.
Je ne veux plus qu'on violente les pauvres en "libéralisant".
Je veux qu'on évalue les dégats réels des politiques "libérales".
Je ne veux plus que l'Europe détruise l'Etat supranational.
Je veux d'un état européen à fonction sociale.
Je ne veux plus de services publics qui fassent de l'argent.
Je veux que les services publics soient monopoles d'état.
Je ne veux plus qu'on gère la pauvreté par l'état pénal.
Je veux qu'on finance un hôpital plutôt qu'un commissariat.
Je ne veux plus de retraite par répartition contestée par "démographie".
Je veux qu'on déclare incivique les systèmes par capitalisation.
Je ne veux plus que le destructeur de l'école se dise militant.
Je veux qu'on donne aux emplois-jeunes un vrai métier.
Je ne veux plus qu'on ose nommer nos régimes "démocraties"
Je veux que la violence détournée y soit calculée et nommée.
Je ne veux plus quon échappe à la justice tout en l'évoquant.
Je veux que Jacques Chirac n'échappe plus aux convocations.
Je ne veux plus que les indfférents nous préparent le pire.
Je veux qu'ils soient condamnés comme des complices conscients.
Je ne veux plus qu'on dise "gauchiste" un humain qui persévère
Je veux qu'on réponde à la logique des faits et des arguments.
Je ne veux plus qu'on respecte le réchauffement de la terre.
Je veux qu'on légifère sur le droit à climatiser.
Je ne veux plus qu'on dise "utopiques" des lois  pour s'en sortir.
Je veux qu'une vraie loi des trente cinq heures partout soit imposée.
Je ne veux plus que l'enrichissement ne soit pas un meurtre.
Je veux qu'on fixe un minimum et un maximum de richesses.
Je ne veux plus qu'on dise antisémite les pro-droits en Palestine.
Je veux qu'on fasse plier Israêl au droit international.
Je ne veux plus qu'on m'apprenne à devenir un pleutre.
Je veux qu'on reconnaisse qu'on doit désobéir à un état vénal.
Je ne veux plus que spéculer ne soit pas de l'illégale rapine.
Je veux qu'on impose la taxe Tobin avec largesse.
(écrit en 2003...Sans doute un texte un peu lourd dans la forme et à réactuliser avec plus de force sur le fond. Mais quelques idées intéressantes à approfondir...Lionel Goutelle)
 
1) Prof l'apolitique et l'intrusion publicitaire
 
Un prof hypocrite qui, de politique
Prétendait ne pas avoir à se soucier,
Laissa entrer dans son école la publicité,
La nommant au culot “éducation civique”.
Trop heureuse de trouver enfin
Cet enseignant prêt à renier ses valeurs
Que notre marque avait chercher en vain,
Elle l’abreuva de kits et autres leurres.
Bien sûr, elle fît la joie prévisible des enfants,
De certains parents et de notre “enseignant” .
Prof l’apolitique excella très vite dans l’art
De transmuer sa lacheté
En “ouverture à la modernité”,
Et ses adversaires en "gros  ringards”
Il en arrivait même à proclamer
“Ceux qui font réfléchir sur la publicité,
Sont des associaux qu’il faut soigner”.
Mais notre marque devint plus exigeante.
S’affirmant la plus “compétente”,.
Elle demanda comme retour à ses “cadeaux”
Que des programmes elle ait le droit de véto
Inlassablement faux prof répétait
“C’est inéluctable, c’est le progrès”
Etonnée de l’ampleur de sa lâcheté,
Et du degrès de son aveuglement forcené,
Elle imposa alors sa notion du mérite :
Bien sûr, elle baissa le salaire du pître.
Pour ne rien arranger à l’affaire,
Notre homme croisa un ancien élève
Qui l’interpella ainsi: “Hé frère,
Tu te rappelles quand j’étais ton élève?
Tes cours d’ éducation civique
Où ton entreprise nous apprenait l’éthique?
figure toi qu’elle a viré mon père
Parce que le profit de ses actionnaires
n’était pas assez élevé”
faux prof, complètement azimuté,
eut alors cette réplique d’anthologie:
“Chouette, le cours de mes actions va monter”
On ne sait pourquoi, “gratuitement” énervé,
Un coup de côuteau l’élève lui mit.

Ne renie jamais les valeurs qui sont les tiennes,
Car elles pourraient bien te dévorer toi-même.
(Goutelle Lionel, instit à Marseille)
Par Goutelle - Publié dans : politique
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Dimanche 27 novembre 2005

  (si l'on peut utiliser ces fables dans des publications militantes ou satiriques (journaux, tracts...), par contre leur exploitation éditoriale ou commerciale sans accord explicite avec l'auteur s'exposerait à des poursuites. En cas de litige, elles sont d'ailleurs protégées par "preuve jurdique".)

 

 LA FONTAINE, SI PEU DETOURNE

1) Le petit Actionnaire qui a perdu son Capital
2) L'Homme ayant voulu maîtriser le Climat
3) Le "Républicain" de façade et les Inégalité réelles
4) Le Sociologue "extrémiste" et les Citoyens "raisonnables"
5) Le Syndicaliste "radical", Luc Ferry, et le jeune Prof
6) L'Europe et sa Lacheté civique
7) Le Colonisateur israêlien et le Droit international.
8) Le "gauchiste angélique" et "l'intégriste laïc"
9) Les petites gens et la retraite par capitalisation
10) Le capitaliste, nous (sa clientèle), et l'ouvrier du tiers-monde

 

1) Le petit actionnaire qui a perdu son capital

L'usage seulement fait la possession.
Je demande à ces salariés de qui l'obssession
Est d'assurer leur retraite en bourse
Quel avantage ils ont sur l'autre ressource.
Les S.D.F de demain seront aussi riches qu'eux,
Et nos actuels actionnaires d'évidents gueux.
L'histoire de cet anglais que je vous propose
Servira d'exemple à la chose.

Ce malheureux attendait,
Pour jouir de son bien, une seconde vie;
Sur le conseil d'hommes d'état dévoyés,
Dans un fond de pension son blé il enfouït,
Son cerveau avec, croyant qu'en solitaire,
Il gagnait sur une retraite solidaire.
Il fît du Dow Jones son obssession sacrée.
Que les siens on malmena, qu'on les exploita,
Tout l'indifférait, à moins qu'il ne songeat
A son capital et à ses profits escomptés.
Il l'engraissat tant, qu'un patron le vit,
Se saisit du dépôt, et l'emporta sans rien dire.
Notre avare, un beau jour, ne trouva que le nid.
Voilà mon homme aux pleurs: il gémit, il soupire,
Il se tourmente, il se déchire.
Un passant lui demande à quel sujet ses cris.
-"C'est mon capital que l'on m'a pris.
-Votre capital? Où pris? -A la bourse
-Eh ! manquons nous tant de ressources
Pour être si con? N'eussiez-vous pas mieux fait
De renforcer la répartition et ses effets,
Que de faire le jeu de vos exploiteurs?
Vous auriez assuré vos dernières heures.
-Assurez ma retraite ne tient-il qu'à celà?
L'argent vient-il comme il s'en va?
Je n'y touchais jamais -Dites moi donc, de grâce
Reprit l'autre, pourquoi dans la répartition,
Le partage des richesses ferait défection?
De votre cerveau en lieu et place,
Mettez plutôt une pierre à la place".

(d'après "L'Avare qui a perdu son trèsor", La Fontaine. Mais aussi d'après "La bourse ou la vie", Labarde et Maris, ed Albin Michel, P 106 à 109 et tant d'exemples malheureusement si répétitifs et sans conséquences...)

 

2) L'Homme ayant voulu maîtriser le climat

Longtemps le climat cohabita avec les hommes,
Lorsque de petits dégats l'homme fabriquait.
Arbres, rivières, air pur sur la terre habitaient,
Et l'on ne voyait pas comme au siècle où nous sommes,
Tant d'inondations et de chaleur,
Tant de fôrets au trèpas,
Tant d'incendies et de malheurs,
Comme aussi on ne voyait pas
Tant de voitures et de climatisations.
Or l'homme fit alors le rêve pour lui mortel
De se fabriquer un paradis artificiel:
Il eut recours à l'industrialisation,
Et fît usage de la machine
Pour soulager son échine.
Celle-ci d'évidence
Démultiplia sa puissance.
Et celà fait l'homme remercie
La machine sa bienfaitrice, disant: "merci à vous;
Vous m'avez permis de quitter ma sauvage vie.
-Mais dit la machine, je peux faire mieux pour vous.
Vous vous déplacerez pour un oui pour un non,
Vous modifierez le climat dans vos maisons."
Hélas que vaut un tel secondaire confort
Quand on le paye d'un futur si mort?
L'Homme s'aperçut qu'il avait fait folie;
Mais il n'était plus temps; déjà de la vie
De ses enfants l'allali il avait sonné.
Il mourut en trainant son "progrès"
Sage s'il n'eut pas fuit le moindre effort.

Quel que soit le plaisir que cause le confort,
C'est l'acheter trop cher que l'acheter d'un bien
Sans qui les autres ne sont rien.

(D'après "Le Cheval s'étant voulu venger du Cerf", La Fontaine)

 

3) Le "républicain" de façade et les inégalités réelles

Un laïc menteur, d'autres disent normand,
Affirmant juste sa société,
Vit un groupe de femmes discriminées,
Portant un voile accessoirement.
Il voullait nier ces inégalités,
Mais étant trop évidentes, il lance:
"Cachez ce voile, volonté de différence!"

Fit-il pas mieux que son racisme d'avouer?

 (D'après "Le Renard et les Raisins", La Fontaine)

 

4)Le sociologue "extrémiste" et les citoyens "raisonnables"

 

Un chercheur en ses lectures et ses voyages
Avait beaucoup appris. Quiconque a
Beaucoup lu et vu
Peut avoir beaucoup retenu.
Celui-ci prévoyait jusqu'au moindre dommage,
Et avant qu'il n'advienne,
L'annonçait aux citoyens et citoyennes.
Arrivèrent au pouvoir de faux socialistes
Qui, du marché, se firent les propagandistes.
"Ceci ne me plait pas, dit-il aux citoyens.
Car partout cet esprit détruit les terriens.
A votre place, je m'éloignerai
De ces faux amis vrais enfoirés.
Les idées qu'ils répendent seront votre ruine,
Si vous acceptez qu'en vous elles cheminent.
Ils diront fausses promesses pour vous appâter
Et illusions feront naître pour vous piéger.
Elles causeront votre mort ou votre prison:
Gare la cage ou le chaudron!
C'est pourquoi, leur dit le sociologue,
Refusez ces propos de vrai démagogue.
Les citoyens se moquèrent de lui,
Et de son expérience, ils fuirent l'appui.
La plante libérale devenait bien verte.
Le sociologue leur dit "Arrachez brin à brin
Ce qu'a produit ce maudit grain,
Ou soyez sûr de votre perte.
Prophète de malheur lui répliqua-t-on,
Te rends-tu compte du travail que tu nous donnes!
Il nous faudrait l'action de millions de personnes
Pour bloquer cette fatale globalisation".
Le libéralisme était maintenant conçu.
Le chercheur ajouta: "Ceci ne va pas bien;
Mauvaise graine est tôt venue.
Mais puisque jusqu'ici l'on ne m'a crue en rien,
Dès que vous verrez les inéluctables
Conséquences sociales du libéralisme,
La montée, qui ne sera pas négligeable
De la pauvreté, effet de votre égoisme;
Quand des pseudos violences gratuites
Vous ne pourrez plus prendre la fuite,
Alors vous ne pourrez plus vous ballader
Mais serez obligés de vous barricader.
Et ne comptez pas rester immonde,
Polluer sans retenu la terre et la piller,
En comptant sur la science pour vous sauver
En colonisant un nouveau monde.
C'est pourquoi vous n'avez qu'un parti qui soit sûr,
Bâtir un état trans-national dans ces murs".
Les citoyens "raisonnables", las de l'entendre,
Se mirent à jaser aussi confusément
Que faisaient les troyens quand la pauvre Cassandre
Ouvrait la bouche seulement.
Il en prit aux uns comme aux autres:
Maint citoyen se vit pauvre humain devenu.

Nous n'écoutons d'instincts que ceux qui sont les nôtres,
Et ne croyons le mal quand il est venu.

 (d'Après L'Hirondelle et les petits oiseaux, La Fontaine, à peine détournée, en hommage au pseudo "radicalisme" de Pierre Bourdieu)

 

5) Le syndicaliste "radical", Luc Ferry, et le jeune prof

 

Un jeune prof qui n'avait rien vu,
Fut presque pris au dépourvu.
Voici comment il conta l'aventure à sa mère:
"J'entrais tout juste dans le métier
Et je m'apprêtais à enseigner
Sans me soucier de la carrière,
Lorsque deux personnages m'ont arrêté les yeux:
L'un doux, bénin, et gracieux,
Et l'autre turbulent et plein d'inquiétude;
Il a des arguments rudes,
Dit que l'éducation est marchandisé,
Et le service public décapité,
Que les lobbys patronaux écrivent
Désormais les politiques éducatives."
Or, c'était d'un syndiqué sud dont notre souriceau
Fit à sa mère le tableau,
Comme d'un marginal aux manières psychotiques.
"Il parlait d'un danger imminent,
Faisait tel bruit et tel vent,
Que moi, qui, grâce aux médias, d'esprit me pique,
En ai pris la fuite, plein d'horreur,
Le maudissant de très bon coeur.
Sans lui j'aurais fait connaissance
Avec ce ministre de l'éducation si doux:
Il est éduqué comme nous,
Distingué, longs cheveux, une humble contenance,
Un modeste regard, et pourtant l'oeil luisant.
Je le crois fort sympathisant
Avec la gent des profs; car il a des discours
Qui disent ne vouloir que notre secours.
Je l'allais aborder, quand d'un fort signal
L'autre m'a fait prendre la fuite.
Mon fils, dit la mère, ce doucet est un "libéral",
Qui, sous son argumentation hypocrite,
Contre toutes les sociales avancées
D'un malin vouloir est porté.
L'autre révolté, tout au contraire,
Bien éloigné de nous mal faire,
Servira peut-être à nous sauver du trépas.
Quand au libéral, il vise notre destruction.

Garde-toi, tant que tu vivras,
De juger des gens sur leur communication."

(D'après "Le cochet, le chat et le souriceau"; La Fontaine. En souvenir des grêves enseignantes de 2003)

 

6)L'Europe et sa lacheté civique

 

Un palestinien désespéra tua par ses coups
Des israéliens.Sharon, vicieux et casse-cou
Pour mieux faire monter leur haine,
Amalgama à la violence malsaine
Tout humain voulant le droit international.
Le peuple palestinien aussitôt s'enterre,
Journalistes et "penseurs" s'autocensurèrent.
Beaucoup s'enfuyèrent au final.
L'Europe, appeurée par ses propres lois,
Craignit que quelque sharonniard
Déclara anti-sémite son juste droit,
Ne le soutint terroriste et barbare.
"Adieu, justice, dit-elle; je me tais ici:
Les lois de l'O.N.U seraient terroristes aussi,
Et quand je ne ferai que mon devoir civique,
Je craindrais même encor".Le terrien repartit:
Vous me prenez pour cruche! Ces droits sont logiques
CE sont les frontières que l'O.N.U fit.
-On les transgressera,
Dit l'appeurée, et on les détruira.
J'aurais beau protester; le droit et la raison
Finiront dans les prisons".

(d'après "Les oreilles du Lièvre, La Fontaine. Faut-il rappeller que le gouvernement Sharon, contrairement à l'autorité palestinienne, a rejetté "l'accord de Genêve" comme base de négociation sérieuse, alors que cet accord, élaboré en commun par des israéliens et des palestiniens de bonne volonté, était déjà un recul par rapport aux frontières de 1967 reconnues par l'O.N.U?)

 

7)Le Colonisateur israêlien et le droit international

 

Certain pro-Sharon, d'autres disent occupant,
Voullant annexer une terre sans pitié,
Vit des opposants argumentant
Par le droit, l'histoire et l'équité.
Le tueur les eut volontier censurer,
Mais ne pouvant évoquer la raison, il dit:
"Ils sont antisémites, c'est de la comédie."

Fit-il pas mieux que sa violence d'étaller?

(d'après "Le Renard et les Raisins", La Fontaine)

 

8) Le "Gauchiste angélique" et "l'intégriste laïc"

Le "gauchiste" et le "laïc" virent jeune femme
Portant foulard perçu comme un oriflamme
Par les journaux. Le temps était libéral,
Et les inégalités, un fait normal.
La ghétoïsation existait, et le foulard
Avertissait que celles qui le portaient sans fard
Vivaient tous les jours cette hypocrisie;
On les proclama extrémistes sans souci.
Notre femme au rejet s'était donc attendu:
Bon tissu bien doublé, bonne étoffe bien forte.
"Celle-ci, dit le laïc, veut nous imposer la vue
De sa différence, mais elle n'a pas prévu
Que je saurai l'interdire de sorte
Qu'il n'est signe qui ne tienne; il faudra, si je veux,
Que le foulard s'en aille au diable.
Le pari pourrait nous en être agréable:
Vous plaît-il de l'avoir?- Eh bien gageons nous deux,
Dit le gauchiste, sans tant de paroles,
A qui plus tôt aura dégarni les épaules
De cette jeune femme que nous voyons.
Commencez, je vous laisse passer à l'action."
Il n'en fallut pas plus.Notre laïc à principes
Se gorge de droits, s'enfle comme un ballon,
Chasse partout l'ostensible démon,
Légifère sur les chapeaux de tout type,
Veut tous les signes au placard,
Le tout au sujet d'un foulard.
Mais "l'alliénée" n'entendit aucun des arguments,
Et porta le sien avec affront;
tout celà l'endurçit. Le "laïc" perdit son temps:
Plus il la tourmentait, plus l'autre tenait bon.
Sitôt qu'il fût au bout de la pause
Qu'à la gageure on avait mis,
Le "gauchiste" dissipa les vraies causes
Du phénomène, puis s'attaqua à celles-ci.
L'autre voyant enfin son avenir s'éclairer,
Lâche son foulard sans même y penser.
Encore n'exigea-t-il pas de repentance.

Plus fait douceur que violence.

(d'après "Phébus et Borée" La Fontaine. En lisant l'original, on se demande si La Fontaine lui même n'a pas connu une affaire du foulard) 

 

9) Les petites gens et la retraite par capitalisation

 

De la répartition dont ils vivaient sans souci,
Se contentèrent longtemps les gens d'un pays.
Si leur fortune était sans mirifiques gains
Elle était sûre tout au moins.
A la fin, la propagande les tenta si bien,
Que dans le système par capitalisation
Ils mirent la majorité de leurs biens,
Et trafiquèrent tant, qu'ils y perdirent raison.
Leur argent par spéculation fit naufrage.
Nos gens durent travailler toute la vie
Non plus pour améliorer leur standing de vie
Mais pour de la survie, avoir "l'avantage".
S'imaginant au repos pour la fin de leur vie,
Ils durent se remettrent à l'ouvrage.
Or bien plus tard, quelques économies
Leurs enfants firent, et, bien plus sages,
Redécouvrir les vertues de la répartition.
Mais toujours les médias, vrai lobby patronal,
Laissaient le droit de parole au plus vénal.
"Vous voullez notre argent, Ô messieurs les patrons,
Dirent-ils. Adressez-vous je vous prie, aux vrais cons.
Ma foi, vous n'aurez plus le nôtre,
Ayant vu le meurtre social de vos apôtres."
Ceci n'est pas un conte à plaisir inventé.
Je me sers de la vérité
Pour montrer par expérience,
Qu'un sous, quand il n'est pas socialisé,
Vaut mieux que cinq en espérance;
Qu'il faut miser sur l'association;
Qu'aux conseils de la bourse et de l'ambition
Nous devons fermer les oreilles.
Pour un qui s'en louera, dix milles s'en plaindront,
La bourse promet monts et merveilles:
Fiez-vous-y, les voleurs et les malheurs viendront.

(D'après Le Berger et la Mer, La Fontaine. Le hasard fait que je viens de lire aujourd'hui -samedi 1 janvier 2005- Alternatives Economiques -revue dite "modérée" et "sérieuse"- de Janvier 2005 page 17, un petit article: ""Royaume-Uni, le fiasco des fonds de pension". Je vous le conseille. Dites, il nous en faut combien des preuves et des baffes pour réagir intelligemment? Vous avez pas l'impression par moments que la connerie des animaux de La Fontaine, c'est rien à côté de la nôtre ?)

 

10) Le capitaliste, nous (sa clientèle), et l'ouvrier du tiers-monde

 

Les injustices des pervers
Servent souvent d'excuses aux nôtres.
Telle est la loi de l'univers:
Si tu veux qu'on t'épargne, épargne aussi les autres.

Un patron promit du travail au tiers-monde.
La perspective attire des phillipins.
Aussitôt le patron devient immonde,
Payant d'une bouchée de pain
Le travail de ses nouveaux exploités.
Ils en appellent à nos syndicats.
En vain. Leur droit du travail est nié,
Et nous les abandonnons, presqu'au trépas.
Pendant qu'à consommer nous pensons,
Le chantage au travail nous fait le patron.
"Patron, lui disons-nous dans notre langage;
Respectez-nous, jamais de mal ne vous avonsfait.
L'expoiteur répartit:"Ces lointains ouvriers
Vous en avaient-ils fait d'avantage?"

(D'après "L'oiseleur, l'Autour et l'Alouette", La Fontaine)



 

 


 




 

 

 






 

Par Lionel Goutelle - Publié dans : politique
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Dimanche 27 novembre 2005

 (si l'on peut utiliser ces fables dans des publications militantes ou satiriques (journaux, tracts...), par contre leur exploitation éditoriale ou commerciale sans accord explicite avec l'auteur s'exposerait à des poursuites. En cas de litige, elles sont d'ailleurs protégées par "preuve jurdique".)

LA FONTAINE, CHRONIQUEUR CONTEMPORAIN HORS PAIR

1) Le F.M.I et les argentins.
2) Le contestataire devenu médiatique
3) Le Socialiste et les Ouvriers
4) L'Homme (occidental et bourgeois) et l'Atmosphère
5) L'impôt, poule aux oeufs d'or
6) L'Etat et l'Entreprise en faillite
7) Les Profs grévistes et les Politiciens libéraux
8) Le Producteur d'O.G.M et l'Europe
9) Le Pigiste intègre et le Patron de presse corrompu
10) Le petit bourgeois blessé par son indifférence sociale

 

1) LE F.M.I ET LES ARGENTINS

Chacun a son défaut, où toujours il revient:
Honte ni peur n'y remédie.
Sur ce propos, d'un conte il me souvient:
Je ne dis rien que je n'appuie
D'un exemple. Un suppôt du libéralisme
Altérait du monde le développement:
Telles gens n'ont pas fait la moitié de leur plan
Qu'ils refusent d'en voir les traumatismes.
Un jour, plein de la science dite "économie",
Celui-ci mis sur les genoux un pays.
Ses habitants l'enfermèrent dans un tombeau.
Là les justifications économiques
Cuvèrent à loisir. Après son repos,
Il y trouve des objets mortuaires typiques.
"Qu'est-ce? dit-il. Le monde du F.M.I est-il veuf?"
Là dessus, les argentins, en habits du diable,
Et contrefaisant sa voix probable,
Tiennent au prétendu mort leur habile bluff.
Le F.M.I ne doute alors en aucune manière
Qu'il ne soit citoyen d'enfer.
"Quelles personnes êtes-vous? dit-il à ces fantômes.
-Les révoltés du royaume
De la terre, reprirent-ils, et nous avertissons
De leur fin inéluctable les faux jetons.
Le F.M.I repart sans songer:
"Je n'ai point assez libéraliser?"

 (d'après "L'ivrogne et sa Femme, La Fontaine. Faut-il rappeller que L'Argentine était qualifiée de "meilleur élève" du F.M.I avant sa faillite)

 

2) Le contestataire devenu médiatique

Un contestataire voulant d'audience grande part,
Des "petites gens" snobant le voisinage,
Crut qu'il fallait s'aider de la peu du renard,
Et des médias devenir un grand personnage.
Il se déguise, des médias endosse le ton,
Fait de l'apparent audimat son obssession,
Sans oublier qu'ici, du public on s'amuse.
Pour pousser jusqu'au bout la ruse,
Il aurait volontiers écrit sur son chapeau:
"C'est moi qui passe le mieux sur les plateaux."
Sa personne étant ainsi faite,
Et l'audimat obsessionnellement en tête,
Notre sycophante approche doucement.
Le journaliste, aux puissants faisant ses courbettes
Dormait profondément.
Son patron aussi, comme son oreillette.
Le public dormait pareillement.
L'hypocrite les laissa faire;
Et pour pouvoir libérer les futurs affranchis
Il voulut ajouter les arguments aux habits,
Chose qu'il croyait nécessaire.
Mais celà gâta son affaire:
Il ne put des médias contrefaire la loi.
Ses arguments firent retentir les voix,
Et découvrirent de la censure tout le nerf.
Chacun se réveille à ce son,
Le public, l'annonceur, le patron.
Le pauvre contestataire, dans cet esclandre,
Empêché par son audimat obsession,
Ne put ni fuir ni se défendre.

Toujours par quelque endroit fourbes se laissent prendre.
Que le militant agisse en militant.
C'est de loin le plus pertinent.

(d'après "Le Loup devenu Berger", La Fontaine)

 

 3) Le Socialiste et les Ouvriers

Compère Socialiste se mit un jours en tête
D'appeller les ouvriers à vôter pour lui.
Le résultat fut minable et leur statut détruit.
Le galand, pour toute fête,
Leur offrit de petites "avancées sociales",
Mais accompagnées de telles restrictions
Et de tels reculs de leur condition,
Que l'affaire fut jugé par eux déloyale.
Le PNB finissait dans les mêmes assiettes,
Et les ouvriers n'en purent attraper miettes.
Pour se venger de cette tromperie,
A quelques temps de là, les ouvriers le prient.
"Volontiers, leur dit-il; car avec mes amis,
Je ne fais point cérémonie."
A l'heure dite, il courut au congrès
Des ouvriers, ses habituels alliés,
Loua très fort leur vôte anti-droite,
Crût sa réélection déjà dans la boîte.
Il salivait d'avance à l'idée
De cette réélection quasiment gagnée.
Or on s'abstint, pour l'embarasser,
Et du premier tour, il ne passa l'embouchure.
Ainsi les ouvriers lui firent payer
De sa trahison l'évidente démesure.
Il lui fallut à jeun retourner au logis,
Honteux comme un renard qu'une poule aurait pris,
Serrant la queue, et portant bas l'oreille.

Trompeurs, c'est pour vous que j'écris:
Attendez vous à la pareille.

(d'après "Le Renard et la Cigogne", La Fontaine, en "hommage" à la campagne électorale du P.S en 2002 ou Jospin avait si peu prononcé le mot "d'ouvrier" et déclarait en public ne  plus se sentir "socialiste")

 

4) L'Homme (occidental et bourgeois) et l'atmosphère

L'homme, à la faveur d'une couche fort haute,
Et telle qu'on en voit en de certains climats,
S'étant mis à couvert et sauvé du trépas,
Le soleil pour ce coup, croyait ses rayons en faute:
Il les rappelle donc. L'homme, hors de danger,
Détruit sa bienfaitrice: imbécilité extrême!
Il s'assoiffe, se réchauffe, se fait brûlé.
Il vient mourir en ce lieu même.
"Je ne peux rien, dit-il, contre ce réchauffement.
C'est la nature". Il tombe en ce moment.
Les rayons en font curée: Il lui fut inutile
De jurer civisme à sa mort arrivée.

Vrai image de ceux qui profanent l'asile
Qui les a conservé.

(d'après "Le cerf et la Vigne", La Fontaine)

 

5) L'impôt, poule aux oeufs d'or

L'avarice perd tout en voulant tout gagner.
Je ne veux pour le témoigner
Que celui dont l'impôt, à ce que dit la fable,
Assurait un raisonnable niveau de vie.
Il crut que ne pas le payer serait rentable.
Dans le privé, il plaça ses économies.
Mais ainsi utilisées, elles ne produisaient rien.
Il s'était lui-même ôté le meilleur de son bien.
Belle leçon pour les gens chiches!
Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus,
Qui du soir au matin sont pauvres devenus,
Pour vouloir trop seuls être riches!

(D'après "La poule aux oeufs d'or", La Fontaine)

6)L'Etat et l'Entreprise en faillite

A.T.T.A.C nous conte qu'un Etat
Charitable autant que peu sage,
De sa santé faisant le constat
Et de l'économie le chiffrage,
Aperçut une entreprise en faillite,
Perclue de dettes et presque détruite,
N'ayant pas à vivre un quart d'heure.
L'Etat la prend et s'en fait le protecteur;
Et sans considérer quel sera le poids
Sur nos impôts de son action,
Il la recapitalise sans conditions,
Et la ressucite avec toute sa foi.
La fime engourdie sent à peine le chaud,
Que le M.E.D.E.F en veut la privatisation;
Menteur, il affirme meilleure sa gestion,
Puis publie nombre de raisonnements faux
Contre son bienfaiteur, son sauveur et son père.
"Bien sûr, dit l'Etat, reprenez l'affaire!
Elle est à vous!" A ces mots démagogiques
Il vous cède pour rien l'affaire publique;
Après en avoir socialiser les pertes,
Il en privatise les profits.
Ainsi les démagogues bandits
Rendent-ils la raison inerte.

Il est bon d'être charitable:
Mais envers qui? c'est le point.

Quand aux privatisations, il n'en est point
Qui, sans l'Etat, ne soient rentables.

(D'après "Le villageois et le serpent", La Fontaine)

 

7) Les Profs grêvistes et les Politiciens libéraux

Après deux mois de grêve déclarée,
Reculèrent enfin Raffarin et Ferry.
C'était apparemment le bien des deux partis;
Car si les libéraux voulaient tout privatiser,
De leur peau les profs s'étaient souvent fait maints habits.
Jamais de paix, ni pour les profs dans leur métier
Ni pour les libéraux et leurs idées.
Chacun de l'autre avait toujours l'appréhension.
La paix se conclut donc: on donne ds gages;
Ferry sa réforme; et les profs leur action.
L'échange semblait pour les profs assez sage
Etant fait dans des formes ordinaires,
Et réglé par les habituels commissaires.
Deux ans après, messieurs les libéraux
Enfin oubliés, mais toujours friands de tuerie,
Signent en douce l'A.G.C.S, une loi sans prix,
Qui, de la marchandisation, levait le véto.
Prompts, ils tuèrent les biens publics les plus atteints
dont ils organisaient depuis longtemps la fin.
Ils avaient averti les patrons secrètement.
En dix ans l'école publique ils défirent.
Les profs, qui, sur leur foi, reposaient sûrement,
Furent étranglés dans leur rêve en dormant:
Celà fut sitôt fait qu'à peine ils le sentirent.
Tout fut mis en morceaux; un seul n'en échappa.

Nous pouvons conclure de là
Qu'il faut faire aux méchants guerre continuelle.
La paix est fort bonne de soi;
J'en conviens; mais de quoi sert-elle
Avec des ennemis sans foi?

(D'après "Les Loups et les Brebis",La Fontaine. PS: l'AGCS est un accord qui a pour but dans sa forme la plus extrême- but à peine voilé- la marchandisation de tous les secteurs publics, hormis l'armée et la justice )

 

8)Le producteur d'O.G.M et l'Europe

Un producteur d'O.G.M voulant exporter
Mais ne sachant où planter fardeau si contesté
Fait si bien qu'à la fin l'Europe il convainc
De lui prêter de sa terre quelques lopins.
Au bout de quelques temps celle-ci revient.
Il lui demande encore une quinzaine,
Ses O.G.M ne se disséminant qu'à peine.
Pour faire court, il l'obtient.
Ce second terme échu, l'autre lui redemande
Des résultats de l'expérience des garanties.
Le producteur cette fois-ci montre les dents et dit:
"J'ai irrémédiablement contaminer vos landes
Et vous ne pouvez plus nous mettre dehors".
Partout ses plans d'O.G.M étaient déjà forts.

Ce qu'on donne aux méchants toujours on le regrette.
Pour tirer d'eux ce qu'on leur prête,
Il faut que l'on en vienne aux coups;
Il faut faucher les plans d'O.G.M et les abattre.
Laisser leur prendre un pied chez vous,
Ils en auront bientôt pris quatre.

(d'après "La Lice et sa Compagne, La Fontaine)

 

9) Le Pigiste intègre et le Patron de presse corrompu

 

Un Pigiste n'avait que les os et la peau
Tant les journalistes faisaient bonne garde.
Il rencontra leur Patron,aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, démontrer sa malhonnêteté,
Le Pigiste l'eut fait volontiers;
Mais il fallait livrer bataille,
Et l'homme avait partout des hommes de pailles,
Et pouvait gagner, même si malhonnêtement.
Le Pigiste l'aborde donc humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son influence qu'il admire.
"Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi connu que moi, lui dit notre chrétien.
Quittez votre honnêteté, vous ferez bien:
Vos pareils y sont misérables,
Chômeurs méconnus, pauvres diables
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi? rien d'assuré; point de franc métier,
Tout à la pointe d'un C.D.D.
Suivez moi: vous aurez un bien meilleur destin".
Le Pigiste reprit: "que me faudra-t-il faire?
-Presque rien, dit-il: discréditer les révoltés
Qui n'acceptent pas les inégalités,
Flatter ceux du logis, à son maître complaire:
Moyennant quoi votre salaires
Sera bénéficiaire de toutes les façons,
Repas en ville et stocks options
Sans parler de votre nouveau carner d'adresses."
Le pigiste, éblouï, se laisse aller
A imaginer d'unetelle vie l'ivresse.
Chemin faisant, il vit le col de l'envié
Qu'est-ce là? lui dit-il.-Rien- Quoi? rien?
-Peu de choses.
-Mais encor?- Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
-Lié? dit le pigiste: vous n'écrivez donc pas
Ce que vous voullez?- Pas toujours; mais qu'importe?
Il importe si bien, que de vos nocifs contrats
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrait pas même à ce prix un trésor."
Le pigiste s'enfuit, mais il galère encor.

(D'après Le Loup et le Chien, La Fontaine.En hommage à Pierre Carle et tant d'autres....)

 

1O) Le petit Bourgeois blessé par son Indifférence sociale

Gravement blessé par un jeune sans avenir,
Un petit Bourgeois déplorait son devenir,
Et disait, en souffrant un surcroit de douleur:
"Faut-il contribuer à son propre malheur!
Cruelle Indifférence sociale
C'est toi qui a fabriqué ce jeune loup fatal.

Mais ne vous moquez point, militants sans pitié:
Souvent il vous arrive un sort comme le nôtre.
De la violence sociale vous pouvez écoppé
Le délinquant ne vous discernant pas des autres".

(D'après "L'Oiseau blessé d'une Flêche", La Fontaine)




 

 

 

 

 

 

Par Lionel Goutelle - Publié dans : politique
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Dimanche 27 novembre 2005

 Lettre d'un résistant aux pseudo "journalistes" français de télévision ayant couvert   l'anniversaire du débarquement.


Je vous prie tout d'abord d'accepter mes excuses pour cette réaction "tardive". Mais d'une part, "le temps ne fait rien à l'affaire" et d'autre part, quand vous aurez compris le "choc" qui a été le mien en vous voyant, vous comprendrez bien qu'il m'aura fallu un certain temps pour m'en remettre. A vrai dire, je me demande encore comment je n'ai pas succombé à une crise cardiaque après une telle "vision d'horreur". Et avec le recul, je me demande même si ce n'était pas le but intentionnellement recherché, tant ma réaction était d'avance prévisible! Mais par la force des choses, on ne saura jamais de combien de résistants vous avez ainsi accéléré la mort en toute impunité...
En effet, imaginez le choc qui a pu être le nôtre en voyant des gens comme vous - c'est à dire des journalistes de télévision encore (relativement) libres et surpayés de notre époque, et pourtant si serviles et malhonnêtes quotidiennement (j'en donnerai des preuves ci dessous)- célébrer des gens comme nous. C'est à dire célébrer des gens qui, à l'inverse de vous-même, risquaient leur peau à tout moment s'ils osaient exprimer une quelconque opposition. Comment ne pas voir en effet que vous êtes l'antithèse parfaite de l'esprit de la résistance et du courage civique que vous avez alors fait semblant de célébrer dans ces émissions sur le débarquement (sans parler de votre pro- américanisme criant et déplacé. A vous entendre, on avait l'impression que les américains ont payé le prix le plus fort à la libération du nazisme. Une vision de l'histoire pour le moins orientée et intéressée.Mais passons, puisque vous aviez l'alibi de l'anniversaire ...) J'oserai même dire mieux : vous êtes bien plus près du collaborateur de cette époque que du résistant. Ou plutôt, pour être honnête avec la précision la plus extrême, vous êtes, à coup sûr, pires que certains des collaborateurs de cette époque. En effet, dans quelques cas (les "malgrés nous" par exemple), certains ne pouvaient pas échapper aux ordres du plus fort.

Ceux-là sont, à certains égards, excusables. Mais vous? Que dire de vous qui vous pliez si facilement et de vous-mêmes aux intérêts et aux ordres (qui n'ont même plus à s'exprimer tant vous les devancez!) des puissants de ce monde, alors que vous risquez aujourd'hui si peu de choses? Un exemple concret de cette malhonnêteté qui vous est devenue si quotidienne et si naturelle : Rappelez vous par exemple la façon si mielleuse et intéressée dont Michel Drucker avait reçu Jean-Marie Messier, patron multi millionnaire de Vivendi, une entreprise dont on soupçonnait déjà, à l'époque, les comptes d'être truqués, et une entreprise déjà hégémonique dans des secteurs devant, pourtant, relever naturellement du bien public, comme par exemple l'eau.

Si Michel Drucker (et c'est loin d'être le pire dans le genre) était bien, comme il en donnait l'apparence dans ces émissions sur le débarquement, un admirateur sincère des combattants de la liberté comme moi, il n'aurait pas hésité ce jour-là (surtout au regard des risques minables encourus) à déranger Jean Marie Messier par des questions certes gênantes pour lui, mais vitales pour les spectateurs et les citoyens de notre démocratie. Or, qu' a-t-il fait? Non seulement il a évité prudemment ces questions; mais il est allé jusqu'à rabrouer Gérard Miller qui s'était permis un timide sketch sur le salaire délirant de notre futur "patron voyou" ("si j'était à la place de Jean-Marie Messier, je vous aurais mis mon poing dans la figure". Il dévoilait par la même occasion que l'humour "télégéniquement recevable" obéit à certains principes politiques implicites. Des principes implicites que, la plupart du temps, les humoristes les plus télégéniques respectent "intelligemment" d'eux-mêmes. On ne compte plus les "traits d'humour" sur les fonctionnaires feignants ou les grévistes. Des cibles sociales faciles sur lesquelles on peut tirer à vu et avec beaucoup de profits à la clé. Par contre on attend toujours, à de rares exceptions prêts, des sketchs sur les patrons voyous, les sportifs vendus aux marques esclavagistes, ou, sens de cet humour citoyen à inventer et qui nous manque tant, des sketchs sur ces humoristes qui s'autocensurent si facilement en fonction de leur sponsors directs ou indirects). Qui peut nous faire croire que des gens qui, dans ce genre de circonstances où il faut encore si peu de courage pour préserver la liberté dans son propre métier, sont capables de s'auto censurer d'eux-mêmes pour aller au devant des mensonges des puissants de ce monde, seraient capables dans des circonstances plus graves de dire non à un dominant usant de contraintes plus directement violentes?

L'histoire nous apprend qu'en général les petites lâchetés annoncent et précèdent les grandes...Ce qui ne veut évidemment pas dire que ceux qui sont capables d'un petit courage dans des circonstances pas encore extraordinaires seront capables d'en produire un plus grand en temps de "violence ouverte" (et c'est d'ailleurs pour cela qu'il est quasiment criminel de ne pas faire usage de sa petite liberté tant qu'on peut la faire vivre avec si peu de risques). Et vous savez bien que cet exemple est loin d'être le pire dans le genre (pour des exemples bien plus édifiants et bien plus graves, notamment au niveau de l'information des J.T, je vous conseille de vous reporter au site "acrimed" et au journal PLPL). Certes ,me direz-vous, on trouve l'équivalent de vos (apparentes) petites lâchetés dans quasiment tous les métiers, tant aujourd'hui la malhonnêteté est quasiment partout à son aise. Ainsi le petit instit' qui fait sponsoriser son éducation civique par une entreprise qui violente ses employés (imaginons que ce soit les parents de ses élèves!), l'homme politique qui introduit l'épargne salariale et les fonds de pension au nom de la solidarité sociale (!!!), le sportif qui est payé une fortune pour un sourire de quinze secondes par une marque qui tue ses employés à la tache, le faux socialiste qui trahit à répétition ses valeurs, Le militant d'ATTAC qui permet aux hommes politiques qui détruisent les services publics d' adhérer à son association voire de la financer, etc, et malheureusement etc ...

Mais c'est oublier que dans cette chaîne des lâchetés aux effets si dévastateurs, vous êtes quand même l'informateur et l'éducateur principal de millions de gens. En temps normal, si vous vous respectiez, loin d'être le soporifique consentant du citoyen , vous devriez en être la sonnette d' alarme principale. C'est à vous qu'il incombe, dans ce genre de temps qui commencent à être brûlants (à tous les sens du terme), de réveiller les citoyens lorsqu'ils sont inconscients de la pente inhumaine sur laquelle ils se trouvent, parfois à leur insu.
A ce stade de mes explications, je suppose donc que vous commencez à entrevoir l'ampleur du traumatisme que vous m'avez ainsi infligé (à mon avis très consciemment) en m'imposant le "spectacle" de la célébration de ma résistance par ses principaux fossoyeurs contemporains, c'est à dire vous
même. Mais ce que je ne savais pas, c'est que, sans doute encouragé par l' absence de sanctions de votre cynisme, vous alliez pousser encore plus loin le bouchon (comme quoi, on vérifie de nouveau la règle qui veut que lorsqu' on n'arrête pas les petites dérives, les grandes suivent immanquablement).
En effet, non content de m'infliger ce nouveau type de torture psychologique particulièrement sophistiquée au regard de celles que j'avais subi pendant la guerre (et en face de laquelle je me sens si désarmé aujourd'hui), vous n'alliez pas hésiter à afficher sciemment et brutalement, comme pour mieux nous achever, une preuve patente et évidente de votre collaboration active et ouverte à la destruction des valeurs de liberté et de fraternité pour lesquelles, nous les résistants, étions alors prêts à donner notre vie. Ainsi vous a-t-on vu pendant cet anniversaire "rendre hommage" au Président Reagan
(!!!), c'est à dire, de l'aveu même de la Cour Internationale de Justice (une chose ignorée par nombre de citoyens français que vous vous êtes bien gardé de rappeler! ), le chef d'un état qui, sous sa direction, fut alors jugé et reconnu coupable de "terrorisme international" en armant et en entraînant très consciemment les "escadrons de la mort", quasi- équivalents contemporains des S.S, qui ont fait plus de cinquante mille morts au Nicaragua dans ces années-là (sans parler de la violence sociale et de la misère entraînée par la politique intérieure de Ronald Reagan dans son propre pays. Un programme de gouvernement en tout point opposé à celui de la résistance française, gauche et droite alors confondues. Une chose que vous avez aussi "oublié" de rappeler)! Bref, pour le dire plus simplement, vous avez tenté -exploitant vicieusement l'alibi de l'anniversaire- de faire honorer un tueur de résistants contemporain par les résistants du passé (!!!). Je suppose que, par ce dernier geste ignoble, vous espériez supprimer les dernières personnes encore capables d'ouvrir les yeux des citoyens et de leur faire comprendre comment, sous apparence de célébrer la liberté, vous l 'avez bel et bien enterrée. Mais cette lettre est la preuve que vous n'y êtes pas tout à fait arrivé, du moins pas encore. Et bien que je connaisse la puissance de votre propagande, dont la moindre des armes n'est pas la censure dont vous êtes capables d'entourer les voix dissidentes, peut-être puis-je espérer que quelque part un journaliste qui admire vraiment l'esprit de la résistance sera capable de désobéir et de résister pour publier contre vents et marées cette lettre. Nous sommes bien de nouveau en temps de résistance....

Une lettre imaginée sans grande difficultés par Lionel Goutelle. Pour toutes réactions,

wlionel_@club-internet.fr

 

Par Lionel Goutelle - Publié dans : politique
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Dimanche 27 novembre 2005

(si l'on peut utiliser ces fables dans des publications militantes ou satiriques (journaux, tracts...), par contre leur exploitation éditoriale ou commerciale sans accord explicite avec l'auteur s'exposerait à des poursuites. En cas de litige, elles sont d'ailleurs protégées par "preuve jurdique".)

LA FONTAINE, TOUJOURS AUSSI ENERVANT .

1) L'état voyou U.S et l'O.N.U

2)  Le gréviste et ses scrupules

3) L'employée d'Enron et la syndiquée ringarde

4) L'Ecologiste et le Socialiste

5) Le service public qui se veut aussi "rentable" que la multinationale

6) L'homme (occidental et bourgeois) et le réchauffement de la Terre.

7) Les hommes malades de la "délinquance"

8)Le "socialiste" et les deux camps politiques

9) L’O.M.C et la vieille militante

10) Le Chroniqueur libéral et le Service de santé public

 

 

1) L’état voyou U.S et l’O.N.U

La raison du plus fort est toujours la meilleure:

Nous l’allons montrer tout à l’heure.

L’organisation des Nations Unis travaillait

A désarmer un tyran sans morts inutiles.

Surgit Bush, cherchant un alibi habile

Pour annexer cet état pétrolier.

"Qui te rend si hardi de troubler mon carnage?

Dit ce président plein de rage:

Tu seras châtié de ta témérité.

-Sire U.S, répond l’O.N.U, que votre Majesté

Ne se mette pas en colère;

Mais plutôt qu’elle considère

Que d’armes de destruction massive

Il n’existe aucune preuve incisive.

Et que par conséquent, en aucune façon

Ne s’impose de provoquer un tel typhon.

-Ces preuves existent, reprit cet état cruel,

Tony Blair a trouvé un document sans appel.

-Mais il l’a fabriqué et c’est un faux grossier,

Reprit l’O.N.U, et on ne peut l’accepter.

-Nous avons des vidéos irréfutables.

-Un gamin les bricolerait-C’est insupportable;

Vous n’êtes que de vils anti-américains

Vous, vos institutions, et tous ces humains.

On me l’a dit: il faut que je me venge."

Là dessus, au mépris du droit des nationalités

Bush emporte l’O.N.U, et puis la mange,

Sans autre forme de procès.

(d’après "Le Loup et l’Agneau", La Fontaine)

 

2)  Le gréviste et ses scrupules

Un gréviste rempli de réflexivité
(S’il en est de tels dans le monde)
Fit un jour sur sa combativité,
Quoiqu’il ne l’exerçat que par nécessité,
Une réflexion profonde.
"On me veut haï, dit-il; et de qui? de chacun.
Le gréviste serait l’ennemi commun:
Patrons , journalistes veulent sa perte;
Sur les écrans on ne voit que leurs cris:
De notre mort l’Angleterre est experte,
Notre tête y est mise à prix.
Il n’est journal télévisé qui ne fasse
Contre nous tel reportage orienté;
Il n’est tel spectacle à apprécier
Que des grévistes aussitôt on ne menace.
Le tout pour une retraite élémentaire,
Pour des droits faibles, pour un petit salaire
Dont j’aurai passé mon envie.
Et bien! ne contestons plus dans cette vie:
Paissons l’herbe, broutons, mourrons de faim plutôt.
Est-ce une chose si cruelle?
Vaut-il mieux s’attirer la haine universelle?"
A ces mots, il vit des actionnaires libéraux
Vidant de leurs salariés les poches.
"Oh! oh! dit-il, je me reproche
Le côut de ma grêve, voilà des bourgeois
Volant notre argent sans vergogne et sans foi;
Et moi, gréviste, j’en ferai scrupule?
Non par tous les dieux, non, je serai ridicule:
Les fruits de mon travail me reviendront
Sans qu’à la bourse ils fassent le plongeon.
Et non seulement eux, mais les acquis sociaux
Pour lesquels nos aïeux ont donné leur peau.

Ce gréviste avait raison. Est-il dit qu’on voit
Un PNB si haut sous notre toit,
Et des pauvres si nombreux; et nous leur dirons
Que les faire vivre bien nous ne pourrons?
Ni retraite ni sécurité sociale?
Patrons, actionnaires! Le gréviste n’a tort
Que quand il n’est pas le plus fort:
Voullez-vous qu’il vive en associal?

(d’après Le Loup et les Bergers, La Fontaine)

 

3) L’employée d’Enron et la syndiquée ringarde

Une employée d’Enron ayant spéculé

Toutes ces années

Se trouva fort dépourvue

Quand la faillite fut venue.

Pas un seul petit profit

Ni un brin d’économie.

Elle alla crier famine

Chez la syndiquée sa voisine

La priant de lui prêter

Quelques gains pour spéculer

Jusqu’à la conjoncture nouvelle.

"Je vous paierai, lui dit-elle,

Avant l’aout, foi d’économiste,

Et de prévisions réalistes".

La syndiquée ringarde n’est pas rêveuse,

C’est là son moindre défaut.

"Quand le délire boursier était si haut,

Que faisiez-vous?" dit-elle à l’emprunteuse.

"Nuit et jour à tout venant

Je spéculais, ne vous déplaise.

Vous spéculiez? J’en suis fort aise:

Eh bien! cotisez maintenant."

(d’après "la Cigale et la Fourmi", La Fontaine)

 

4) L’Ecologiste et le Socialiste

Maître Ecolo, à un scrutin représenté,

Tenaît en son bec un bon pourcentage.

Maître socialo, par son succès alléché,

Lui tînt à peu près ce langage:

"Hé, bonjour, Monsieur l’Ecolo,

Que vous êtes fin, que vos projets sont beaux!

Sans mentir, si votre efficacité

Se rapporte à vos idées,

Votre place est dans mon gouvernement."

A ces mots, l’Ecolo se sent enfin important

Et pour montrer sa bonne volonté,

Fait le figurant et lâche ses idées.

Le Socialo les détruit et dit: "Mon bon écolo,

Apprenez que de toute participation,

Votre électeur attend un minimum d’action...

Cette leçon vaut bien sa sanction de facto."

L’Ecolo, honteux et confus,

Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

(D’après "Le Corbeau et le Renard, La Fontaine, en "hommage" à la participation des écologistes au gouvernement Jospin, alors que le réchauffement climatique s’installait tranquillement)

 

5) Le service public qui se veut aussi "rentable" que la multinationale

Un service public vit une multinationale

Aux profits apparents de belle taille.

Lui qui n’avait pas une telle fin initiale,

Envieu, se déforme, s’enfle et se travaille

Pour égaler de son modèle les "affaires",

Disant: "Regardez bien, chers actionnaires,

Ma rentabilité est-elle suffisante?

-Nenni- La précarité intéressante?

-Point du tout- Les salaires assez rachitiques?

-En rien-Mes OPA suffisantes? M’y voilà?

-Vous n’en approchez point" Le service public

Se renia si bien qu’il creva.

 

Le monde est plein de "libéraux" qui ont la rage.

On veut réduire l’utilité à la finance.

On veut d’automatiques pourcentages.

On veut des impôts l’utilité sans la dépense.

(D’après "La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf", La Fontaine)

 

6) L'Homme (occidental et bourgeois) et le réchauffement de la Terre

Rien ne sert de courir, il faut partir à point:

L'Homme et le Réchauffement en font témoignage.

"Gageons dit celui-ci, que vous n'entraverez point

Mon massacre- Sitôt? Etes vous sage?

Repartit l'Homme léger:

Mon obtu pessimiste, il vous faut purger

De votre esprit cet imbécile désordre.

-Sage ou non, je parie encore"

Ainsi fût fait; et de tous deux

On mit près du but les enjeux:

Le futur de nos enfants était l'affaire,

Et d'un tel juge l'on convint.

Un mode de vie notre homme devait défaire,

J'entends de ces comportements sans fins

Où l'on consomme sans discernement des produits

Sans réfléchir au malheur qu'on induit.

Ayant dis-je, du temps de reste pour moins polluer,

Pour moins rouler et pour moins climatiser

A outrance, il laisse son destructeur

Aller son train de sénateur.

Il part, donne d'évidents signes d'alerte

En espérant que ce ne soit en pure perte.

Lui cependant méprise de tels indices,

Tient le danger pour factice,

Croit qu'il y va de son honneur

De partir tard. Il multiplie sciemment

Fausses conférences et faux engagements

Et déguise les preuves en injustifiées peurs.

A la fin, quand il vit

Que l'autre touchait presque au but

Il partit comme un trait. Mais les efforts qu'il fit

Furent vains: Le Réchauffement gagnant fût.

Celui-ci cria aux rares survivants

"De quoi vous a servi votre cerveau?

On détruit la planète sciemment

En consommant si mal et si haut".

 (d'après "Le Lièvre et la Tortue", La Fontaine)

 

7) Les hommes malades de la "délinquance"

Un mal qui se répend sur les écrans,

Mal que des médias malséants

Emplifièrent pour masquer les problèmes de fond,

La "délinquance" (puisqu’il faut l’appeller par son nom)

Utilisée à dépolitiser la nation,

Faisait aux citoyens sa diversion.

Peu d’agressés, mais tous se disaient frappés;

On n’en voyait point d’interessés

A chercher des faits la pertinence.

Nul sociologue d’influence,

Ni rares journalistes honnêtes

De ce préjugé n’ébranlèrent la tête.

Manipulés, les citoyens se faisaient avoir:

Plus de recul: partant, un vôte de désespoir.

Le président tint conseil et dit: "Mes chers amis,

Je crois que la montée du F.N a permis

Pour nos péchés cette infortune.

Que le plus coupable de nous

Se sacrifie aux effets du médiatique courroux;

Peut-être il obtiendra la guérison commune.

L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents

On fait de pareils dévouements.

Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence

L’état de notre conscience.

Pour moi, profitant de mon impunité,

J’ai créé de ficitfs emplois.

J’ai occupé des appartements sans les louer.

Même souvent, j’ai mangé et j’ai voyagé

Sans payer et sans respecter les lois.

Je me dévouerai donc, s’il le faut, mais j’ai pensé

Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi

Car on doit souhaiter, selon toute justice,

Que le plus coupable périsse.

-Sire dit le MEDEF, vous êtes trop naïf et droit;

Vos scrupules font voir trop de délicatesse.

Eh bien! se gaver de millions en espèce,

Est-ce un pêché? Regardez nos stock-options, Seigneur,

Voyez de nos actions sans travailler le bonheur;

En volant le travailleur, l’on peut dire

Qu’il était digne de tous ces maux,

Etant de ces gens quasi-animaux

Sans compétences et sans désirs.

Ainsi dit le patron; et flatteurs d’applaudir.

On n’osa trop appronfondir

Du trader, ni du cadre, ni des autres puissances,

Les moins pardonnables offenses:

Tous les exploiteurs, jusqu’aux simples matins,

Au dire de chacun étaient de petits saints.

Le petit délinquant vint et dit: "J’ai souvenance

Qu’en une rue fréquentée par des passants,

La pauvreté, le manque d’avenir et, je pense,

Quelque diable aussi me poussant,

Je soulageais un passant de quelques dépenses.

Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net."

A ces mots on cria haro sur le baudet.

Un pseudo expert démontra par sa harangue

Qu’il fallait emprisonner ce maudit animal,

Ce pelé, ce gâleux, d’où venait tout leur mal.

Sa pécadille fût jugé un cas pendable.

Voler de l’argent! quel crime abominable!

Rien que la prison n’était capable

D’expier son forfait: on le lui fit bien voir.

Selon que vous serez puissant ou misérable

Les médias de cour vous rendront blanc ou noir.

(d’après "Les Animaux malades de la peste", La Fontaine)

 

8) Le "socialiste" et les deux camps politiques

Un "socialiste" donna tête baissée

Dans la réunion d’un patron, et sitôt qu’il y fut,

L’autre, envers eux de longtemps courroucé,

Pour le dévorer accourut.

"Quoi? Vous osez, dit-il, à mes yeux vous produire,

Après que votre race a taché de me nuire!

N’êtes vous pas socialiste? Parlez sans fiction.

Oui, vous l’êtes, ou bien je ne suis pas patron.

-Pardonnez-moi, dit le socialiste,

Je ne suis pas dogmatiste.

Moi socialiste! Des méchants vous désinforment.

Grâce à ma reconversion

Je suis libéral, voyez mes réformes.

Vive la bourse et des impôts la diminution."

Sa trahison plut, et sembla bonne.

Elle fait si bien qu’on lui donne

Liberté de se retirer.

Deux jours après, notre cher ami

Aveuglément se va fourrer

Chez les prolétaires, aux exploiteurs ennemis.

Le voilà derechef en danger de sa vie.

Les exploités, avec leurs déclarations,

Voullaient le sanctionner aux prochaines élections,

Quand il protesta qu’on lui faisait outrage:

"Moi, pour inutile passer! Vous n’y regardez pas.

Qui fait la gauche? Ce sont les moindres dommages.

Bien plus rapide serait votre exploitation

Si des libéraux, vous acceptiez la franche action".

Maints démagogues, d’écharpe changeant,

Aux dangers, ainsi que lui, ont souvent fait la figue.

L’opportuniste dit -mais pour combien de temps?-

Vive le marché! Vive la ligue!

(d’après "La chauve-souris et les deux belettes", La Fontaine. En "hommage" au double langage du PS )

 

9) L’O.M.C et la vieille militante

J’ai lu chez un conteur de fables,

Que l’O.M.C, la tueuse de petites gens,

L’exterminatrice des petits paysans,

Rendait ces derniers misérables.

J’ai lu, dis-je, en certain auteur,

Que cet organisme manipulateur,

Vrai cerbère, était craint une lieu à la ronde:

Il voulait des droits dépeupler le monde.

Les protections sociales et leurs garanties,

Les conditions de travail et leur progrès,

N’étaient que jeu auprès de lui.

Comme il voit que les citoyens révoltés

Veulent toujours plus d’égalité

Qu’ils n’abidquent pas, qu’il avait beau chercher,

Le galand fait le faux, et du haut des marchés

Invoque l’équité: la bête scélérate

Détourne l’idée de progrès de sa patte.

Les pays pauvres croient que c’est vérité,

Qu’il oeuvre au progrès de l’humanité,

Qu’il n’a pour intéret que le bien du monde;

Enfin qu’il n’y a là rien d’immonde.

Tous, dis-je, unanimement,

Adoptent son règlement,

Font assaut de privatisations,

D’"ouverture" et de dérèglementations,

Puis baissent leurs impôts,

Puis décrêtent leurs services publics en trop.

Mais voici une autre fête:

L’investisseur, de ses capitaux jouant,

Leur fabrique d’insupportables dettes.

"Nous en savons plus d’un se dit-il en les gobant:

Nos lobyistes veillent; et leurs requêtes

Seront détruites, c’est écrit:

Au final, ils nourriront tous nos profits."

Il pensait vrai: maître O.M.C,

Pour la énième fois, les trompe et les affine,

Blanchit ses théories et s’enfarine;

Et de la sorte légitimé,

Leur vante l’économie "libre et ouverte".

Ce fût à lui bien avisé:

La gent pauvre s’envient chercher sa perte.

Seule une militant, sans plus, s’abstint.

C’était une vieille routière, elle jouait fin.

L’A.M.I elle avait vaincu à la bataille.

"Ton libéralisme ne me dit rien qui vaille,

Rien ne te sert d’être colombine,

Car quand tu serais saint, je n’approcherais pas.

C’était bien dit à elle; j’approuve sa prudence:

Elle était expérimentée,

Et savait que la méfiance

Est mère de la sureté.

(d’après "Le Chat et le vieux Rat, La Fontaine. En vrai hommage  au travail de Suzanne Georges)

 

10) Le Chroniqueur libéral et le Service de santé public

Les libéraux mentent effrontément.

Un pseudo vulgarisateur économique

Tomba malade si sérieusement

Qu’il pensait sa mort fatidique:

Une infection le menaçait.

De bonheur pour lui, qui désespérait,

Existait un service de santé gratuit.

Il lui fait signe; celui-ci le soigne.

Voici des examens au côut inouï.

Il le sauve,et demande qu’on témoigne

De la supériorité du secteur public.

"être honnête ? dit le journaliste:

Vous riez mon bon utopique!

Quoi n’est-ce pas déjà sympathique

Que mon histoire soit publiée et existe?

Allez, vous êtes un ingrat:

N’attendez pas l’honnêteté des médias"

(D’après "Le Loup et la Cigogne", La Fontaine. En "hommage" à Jean Marc Sylvestre)

 

 

 

Par Lionel Goutelle - Publié dans : politique
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Dimanche 27 novembre 2005

Un faux (parce que trop sincère) hommage de Jacques Chirac à Lionel Jospin et au P.S.

J’avoue que je me sentirais mal dans ma peau si je ne prenais pas ma plume pour vous dire toute ma gratitude. En effet, je dois l’avouer, je vous suis -et vous le savez fort bien - très redevable. Je
m’explique.
Jamais les idées de la droite, ouvertement si destructrices socialement parlant, n’auraient pu s’imposer si facilement si , au préalable, elle n’avaient bénéficié de votre superbe travail de socialisation des français -et spécialement des plus dominés- à l’acceptation de l’injustice sociale qui les frappe comme relevant d’un phénomène naturel devant lequel il est vain de se battre (et celà
à une heure où l’on sait pourtant que même dans les phénomènes “naturels” -rire-il y a de moins en moins de “naturel” et de plus en plus de conséquences nocives de l’inorganisation sociale des
hommes: voyez le réchauffement de la terre) . Les sociologues, et notamment Max Weber, se sont souvent penchés sur les mécanismes sociaux qui amènent à la “domestication des dominés” (alors que paradoxalement, si il leur venait à l’esprit de s’organiser, ils pourraient si facilement renverser le cours des choses qui leur est actuellement si défavorable). Mais jamais dans leurs hypothèses les plus folles -rire- ils n’auraient osé imaginer que cette “domestication des dominés” puisse résulter d’une “pédagogie” pratiquée par ceux là-même qui sont (étaient?) censés incarner leurs intérets (et indirectement, ceux de toute la société d’ailleurs, car une société gagne toujours beaucoup de paix sociale à bien traiter ses “petites gens”. C’est même à celà qu’elle mérite le qualificatif de “civilisation humaine”).
Je sais que votre modestie naturelle vous empêche de le reconnaître, mais on a été d’une extraordinaire injustice avec vous. Le Wall Street journal ne s’y est pas trompé d’ailleurs qui vous a quasiment reconnu comme l’un des leurs, et vous a félicité pour avoir tant fait avancer les idées que nous avons le culot d’appeller “libérales” et “modernisatrices” (c’est fou comme ces mots ont fait des ravages. Il suffit parfois de changer avec un culot extraordinaire le nom normal des choses, d’appeler “modernisation” une loi qui démolit la solidarité sociale, pour que celles-ci passent “comme une lettre à la poste”, ou du moins dans l’ancienne poste. Je vous assure que grâce à
vos/nos efforts, on arrivera bientôt à privatiser la sécurité sociale au nom de la liberté et du bonheur.Rire). .. Regardons par exemple votre formidable travail de sape de l’idée de sauvegarde du système de retraite par répartition. Vous avez habilement fait semblant d’incarner un juste milieu entre tenants d’un système intégral par répartition et tenants d’un système par capitalisation. Vous avez souligné que le système par répartition risquait de subir des tensions dans les années
2040, vu la probable évolution démographique. Mais au lieu d’accroître les revenus de celui-ci par une légère augmentation des cotisations dès aujourd’hui, geste de solidarité sociale élémentaire que vous aviez mandat d’effectuer, qu’avez-vous fait, trahissant ainsi vos électeurs? Vous avez introduit l’épargne salariale (rire), un début de fond de pension qui cache à peine son nom, et ainsi amorcer la diminution des ressources du système par répartition. Bref, vous avez mis un peu plus le système par répartition sous pression, tout en vous disant préoccupé des difficultés qu’il occasionnera . Bien sûr, nous avons beau jeu alors, nous qui arrivons derrière vous, de faire “constater” par les français que celui-ci ne marchera pas, et de leur proposer comme un système plus efficace celui du chacun pour soi par capitalisation. Je m’en aperçois rétroactivement (et veuillez m’en excusez, mais je suis long à la détente comme vous savez), mais vous avez été la
plus belle tête de pont dont la droite puisse rêver pour installer durablement ses anti-valeurs sociales. Je dois dire qu’il est assez jouissif pour nous, gens de droite, de vous voir nous reprocher
de prendre des mesures que vous avez été les premiers à “légitimer” dans la tête des français qui les refusaient si fortement auparavant. En effet, qui a refusé d’augmenter sérieusement les minimas sociaux et le smig pendant trois ans, sinon vous même? Qui a introduit la baisse de l’impôt sur le revenu, seul impôt socialement juste (rire)? Qui a refusé d’augmenter les effectifs des services publics tout en accroissant la demande qui pèse sur ceux-ci, accentuant ainsi leur dégradation (cf les hôpitaux)? Qui ne s’est pas opposé à leur prochaine privatisation par l’OMC? Etc, ect... Sur tous ces thèmes, et bien d’autres, nous n’avons plus à argumenter: Vous avez fait l’essentiel du boulot pour nous en introduisant le vers dans le fruit, l’étape que nous n’arrivions pas à passer (d’ailleurs pour tout vous dire, certains soirs avec les copains, on s’organise des projections vidéos en boucle
en buvant des bières. On s’éclate en voyant Fabius le soir des élections dire à Douste Blazy: “mais la retraite par capitalisation, c’est fortement inégalitaire” et des tas d’autres conneries
auto-destructives du même genre). . Mais il est un autre domaine ou votre action a été encore plus magnifique et a été totalement ignoré
par les “observateurs” qui se croient les plus avertis, et peut-être y compris par vous même d’ailleurs. Je veux parler de votre fantastique capacité à anesthésier la faculté de perception des français sur les choses normales et anormales dans une démocratie. Regardons par exemple ce qu’ont été les moeurs des médias (et spécialement de ceux dits “publics”) sous votre gouvernement. J’y ai vu des trucs hallucinants que le plus extrêmiste des libéraux n’aurait jamais osé imaginé possible sans tomber sous le coup d’une loi d’ “affichage trop cynique de principes antisociaux”.. C’est pourtant bien sous votre gouvernement “socialiste” (rire) que j’ai vu des pubs qui appelaient les petites gens à aller se faire plumer en bourse le plus légalement du monde (“vous n’êtes pas à l’abri de devenir riche” disait l’une d’entre elle). C’est encore sous votre gouvernement que, sur une chaîne de radio publique, on donnait le plus naturellement du monde le monopole de la “vulgarisation économique” à un mauvais économiste “libéral” de bas étage qui pouvait déverser sans opposition sa minable propagande chaque matin. C’est encore bien vous -summum de l’art il faut bien le dire que nous n’aurions jamais osé envisager- qui avez réussi à introduire dans l’éducation nationale, institution qui affiche en théorie la devise (rire) “liberté, égalité, fraternité” un jeu d’initiation à la spéculation boursière qui bafoue si ouvertement ses valeurs.J’imagine ce qu’il doit se passer dans la tête du môme qui apprend à miser sur l’entreprise qui fait du profit pour ses actionnaires parce qu’elle licencie son père ou pourrit sa région ! Imaginez ce que vous lui avez réellement enseigner en profondeur à ce moment-là...Donc pas de doute: vous avez été sans conteste le meilleur destructeur du sens moral des français, et vous avez fait descendre très bas leur degrés d’humanité, une “modernisation sociale” dont la droite vous sera éternellement reconnaissante (j’envisage d’ailleurs de créer un prix honorifique dont vous seriez le premier bénéficiaire: “Le meilleur destructeur du progrès social”, ou encore “le meilleur fabriquant de la résignation à l’injustice sociale” etc...). Mais le pire, ou plutôt le meilleur pour nous (rire), c’est que vous avez tellement bien réussi votre coup que vos/nos adversaires déclarés sont eux-mêmes inconscients qu’ils ont des gestes de résistance bien inférieurs à ce qu’ils devraient être s’ils avaient une réaction à la hauteur des dangers que nous faisons courir à la société. Symptomatique de cette réaction désajustée au danger qu’elle prétend combattre est la “réaction” de l’association ATTAC à l’introduction du jeu de bourse dans les écoles française. Réagir par des pétitions et des lettres au
ministre, alors que celui-ci piétinait si allègrement les principes républicains! Quelle rigolade! Mais comment se fait-il qu’ils n’aient même pas porter plainte officiellement ?                            
Bon, il est temps pour moi de vous quitter. Mais je ne désespère pas que nous nous rapprochions un jour D’ailleurs, je vous soumettrai certaines idées à l’avenir, notamment pour faire croire aux français que nous essayons de faire barrage au front national. Alors que vous comme moi savons si bien au fond de nous même que le “jeu” trouble que nous jouons depuis maintenant vingt ans creuse inéluctablement son lit. Nous vivons vraiment une époque formidable. Tout est possible
maintenant. Rire...Un vrai ami apparemment du bord opposé....

Pour toutes réactions, wlionel_@club-internet.fr
(une fausse lettre imaginée juste avant avril 2002 si mes souvenirs sont bons...)

 

Par Goutelle - Publié dans : politique
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Dimanche 27 novembre 2005

   Il faut bien le dire, l'attitude de Philippe Val n'était pas sans provoquer de sérieuses interrogations chez ses anciens compagnons de combat des années soixante-dix. Comment le militant libertaire si combatif qu'ils avaient connu dans ces années-là et qui crachait avec tant de détermination sur "l'injustice instituée" de ce monde s'était-il ainsi mué en militant à peine voilé du conformisme social le plus écculé au cours de ces dernières années (soutien de la guerre du Kosovo, assimilation des opposants au libéralisme à des anti-sémites, etc...)? Beaucoup ne comprenaient pas et n'acceptaient pas cette étrange mutation, par trop violente et contre nature pour ne pas cacher quelque chose qu'ils ignoraient. A se demander si cette lamentable caricature du caricaturiste n'était pas un sosi manipulé et drogué par le P.P.A (Parti de la Presse et de l'Argent immortalisé par P.L.P.L)...Heureusement, la découverte de cet inédit (transmis par un proche qui tient à rester anonyme, et au vu des conséquences humaines qu'on peut anticiper, on le comprend....) invalide totalement cette thèse et quelque part, nous rassure profondément: Philippe Val est bien des nôtres, et il est resté profondément et sincèrement révolté. Ceci dit, si la publication de cet inédit sauve de nombreux amis de Philippe Val de la dépression et de la honte (et peut-être de la mort tant le choc était insupportable en voyant "celà" sur les écrans), elle ruine le (pourtant) splendide projet secret de Philipe Val! Qu'il ne nous en veuille pas, mais nous qui le connaissions de prêt, nous ne supportions plus que le public anonyme croit vraiment que le Philippe Val qu'il voyait dans les médias soit le vrai! Entre nous Philippe, nous t'aimons trop pou accepter que tu payes aussi cher de ta personne pour sauver la cause de l'honnêteté intellectuelle....Ceci dit, la découvert de ton texte fait que nous ne te regarderons plus jamais comme avant. Nous t'aimons Philippe, pour l'éternité...Et surtout, ne fais pas la sourde oreille à nos appels et ne persévère plus dans ton déguisement, maintenant inutile. Nous ne te croirions plus, et nous ririons si nous t'apercevions de nouveau dans ce rôle  du "journaliste cireur de pompes des puissants qui fait semblant de raisonner", même si tu le joues avec une perfection hallucinante. Et juré, nous renverserons ce P.P.A si puissant et ce conformisme insupportable de "futurs victimes consentantes à leur perte" qui t'empêche tant de dormir. Ceci dit, certains d'entre nous sont tellement émus par la découverte de ton texte qu'ils proposent déjà ton nom pour honorer le courage civique à contre courant, quand l'inéluctable temps des repentances viendra, ce courage de dire fermement "non" quand tout le monde dit  "oui". Ils ont d'ailleures écrit à l'académie Nobel pour qu'elle fonde une nouvelle catégorie de prix que tu inaugurerais. "Le prix du courage civique invisible en temps de période historique réactionnaire". Oui, Philippe, tu entres dans la grande Histoire...Fini le petit satiriste de Charli Hebdo regardé de haut par certains. Respect, pour l'éternité....

Extrait du journal (secret) de Philipe Val

Fin des années quatre-vingt. "Je ne supporte plus toute cette malhonneteté ambiante et tous ces gens qu'il faut bien appeler des salopards. A croire que la malhonnêteté est devenue la loi fondamentale de notre "société"!  Le discour "libéral" est partout, dans les entreprises, dans les journeaux, dans le pseudo "état". Je le vois même maintenant dans la culture,  et même dans l'école (ces instits déguisés en Hallowwen pour se faire les V.R.P de Mac Donalds auprès de futurs enfants obèses, quel symbole terrible quand même!). Ils arrivent à faire accepter n'importe quel raisonnement foireux aux "citoyens" (mais comment peuvent-ils invoquer la "solidarité" pour chercher à introduire les fonds de pension? C 'est à vomir ). Leur "argumentation" n'a rien de logique à y regarder de près. Elle repose sur la force et le mépris. C'est le mesonge par omission, la répétition ad nauséam, simpliste et proche du gâtisme dans les médias, la caricature des arguments de leurs adversaires toujours brutalisés consciemment dans les médias. J'ai longtemps cru que je pourrai combattre ces enfoirés du dehors, par les seules forces de l'honnêteté intellectuelle, en réveillant l'imagination du citoyen par la satire. Mais il faut bien le constater: cette stratégie ne marche pas et ils en ont "rien à foutre" des faits et de la logique, de l'honnêteté. Non, il faut être plus vicieux pour gripper un tel système qui intègre et digère sa propre contestation. Il faut le surprendre là où il ne nous attend pas! Aussi aujourd'hui ai-je pris une décision très grave. La plus grave de mon histoire. Elle va me prendre beaucoup de temps pour être crédible. Mais je vais entrer dans la machine, patiemment. Je vais amorcer une transformation radicale. Je vais faire croire à tous ces puissants que je suis devenu exactement le propagandiste qu'il leur faut.. J'irai jusqu'à dire les arguments les plus accusateurs et les plus démagogues sur mes anciens camarades de route (ils seront très étonnés et incrédules. Mais la victoire est à ce prix). Ces puissants adorent ceux qui trahissent leur camp. Ils croient les tenir et les domestiquer en les invitant partout, en les honorant. Je rentrerai totalement dans leur jeux. Plus je serai invité, et plus je deviendrais critique et virulent sur leurs opposants. Vicieusement, je les laisserai faire en faisant semblant de prendre gôut à tout ça. Jusqu'à ce que, en totale confiance, ils m'invitent au sommet de la machine, a Davos. Et là,devant le parterre de tout le patronnant mondial, en direct sur toutes les télévisions. Je frapperai.....Oui moi Philippe Val,je porterai le coup fatal à ce système  invivable pour l'humanité...Vaincre totalement (et en payer le prix) ou mourir, tel est ma devise désormais...."

(ps: maheureusement tout ça est faux....Je sais, j'ai trop d'imagination....Lionel)

Par Goutelle - Publié dans : politique
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Dimanche 27 novembre 2005

 

 La complainte (et la colère !) d’un militant socialiste du " oui "  à la constitution européenne.

S’est-on réellement aperçu de l’immense travail (méconnu) que doit produire un partisan socialiste du " oui " , du coût exorbitant qu’il doit payer en terme d’engagement personnel pour défendre une position d’évidence si auto-destructive (en l’occurrence faire progresser la " liberté " des marchés en se faisant passer dans le même temps pour " socialiste "  et ami des " dominés ") ? Mais comment, à l’heure de la dénonciation de la condition d’esclaves de certains employés d’ambassades, peut-on méconnaître l’injuste travail de Sisyphe auquel est condamné un militant du " oui " socialiste, spécialement s’il n’hésite pas à mettre en jeu un nom connu et une réputation publique (comme François Hollande, Dominique Straus Khan, Julien Dhrey, et maintenant Lionel Jospin qui ne pouvait pas ne pas s’honorer dans ce combat, sans parler de tous ces militants méconnus et anonymes…) ?

Comment par exemple ne s’est-on pas encore aperçu de ce travail proprement inouï qu’il faut produire pour apprendre aux français à dissocier nos actes d’hier et les mesures libérales que nous avons pu prendre lorsque nous étions au gouvernement (n’avons nous pas reçu les félicitations du Wall Street Journal ! ! !)

Comment ne s’est-on pas encore aperçu de l’effort surhumain qu’il nous faut produire quasiment quotidiennement pour faire oublier que nous avons déjà promis hier que l’Europe apporterait un " mieux " social (comme Martine Aubry déclarant juste avant le référendum de Maastricht à Béthune le 12 septembre 1992 " L’Europe, ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusions "), une affirmation aussitôt bafouée dans les faits les années suivantes (ce n’est pas les économistes du BIP 40, indice de mesure de la progression des inégalités sociales, qui me contrediront) ?

Comment a-t-il pu échappé aux observateurs les plus sagaces de notre société le travail psychologique extrêmement pénible que Lionel Jospin a du réaliser sur lui même pour aller signer à Barcelone en 2002 avec Jacques Chirac la privatisation à peine voilée d’E.D.F et de la Poste tout en affirmant ici défendre " les services publics à la française " ( ou encore lorsque Dominique Straus Khan n’hésitait pas à déclarer publiquement " nous ne privatiserons jamais France Télécoms " ) ?

Comment encore tous ces pseudos observateurs de la vie politique française qui se pensent si lucides n’ont-ils pas vu tout l’art subtil  des stratégies de communication à double fond que nécessite le fait d’aller signer des lois libérales qui détruisent l’état social tout en faisant semblant de résister à celles-ci (comme Lionel Jospin encore signant le traité d’Amsterdam en faisant semblant d’imposer quatre conditions de façade à l’efficacité pratique nulle et déjà oubliées par tout le monde) ?

Quelqu’un s’est-il aperçu encore de toutes les compétences extraordinaires qu’a du déployé Jack Lang lorsqu’il était à la direction de l’Education Nationale pour jouer l’étonné devant la pénétration évidente de la publicité et des entreprises privées dans les écoles et l’extraordinaire tour de force qu’il a dû réalisé pour faire semblant de réagir à celles-ci en élaborant " un code de bonne conduite " qui sous apparence de lutter contre celles-ci, consacrait leur droit à le faire ( en quelque sorte " le loup peut entrer dans la bergerie s’il est poli à l’entrée ")

Y a-t-il eu encore quelqu’un pour se rendre compte des têtes d’ahuris que nous avons dû prendre pour faire semblant de découvrir la dangerosité de la directive Bolkestein, alors que nous avions participé à son élaboration très consciemment auparavant? et etc...

Non ! Ce déni de justice élémentaire est à proprement insupportable. Ces gens, mes amis,  sont d’évidence le prolétariat méconnu de la modernisation du P.S et de la société française. Et ce déni est d’autant plus insupportable qu’il est particulièrement facile d’identifier ceux qui s’opposent à la reconnaissance de ces personnes extraordinaires qui, à coup sûr, laisseront leur nom dans l’histoire du courage civique à contre pente. En effet, le partisan du non présente toujours le même profil typique d’imbécile qui n’a rien compris à l’évolution contemporaine de nos sociétés. Il rapporte les discours aux actes. Il garde la mémoire des promesses d’hier. Il considère que quelqu’un qui lui a menti plusieurs fois lui mentira encore une fois. Il ne croit pas aux mots jetés sur un papier sans engagement précis et coercitifs, mais préfère regarder l’état réel de ses droits et l’évolution de sa condition matérielle concrète. Bref, s’enfonçant dans son refus de regarder les choses comme nous lui disons qu’elles sont, il fait comme si nous vivions dans une société ou pour avoir un avenir, il vaudrait mieux miser sur la solidarité sociale plutôt que sur sa participation à l’émission " qui veut gagner des millions ". Autrement dit, il refuse d’évoluer et de se moderniser, il reste accroché à ce passé que nous voulons dépasser.

Or, il y a pourtant un moyen simple et radical de précipiter sa chute et de l’obliger à évoluer malgré lui. Sachant que d’office, en proclamant que l’Europe doit être avant tout une société " hautement compétitive " , ce principe est ipso facto logiquement incompatible avec les valeurs d’égalité et de fraternité (puisqu’il oblige à se battre dans une compétition pour prendre le dessus sur les " autres " qu’on doit transformer en " perdants "), pourquoi n’aurions nous pas l’honnêteté frontale de déclarer ces valeurs illégales et inutiles? Je pense qu’ainsi la population française nous serait éternellement grès d’avoir rendu lisible un document dont on se demande parfois s’il n’a pas été écrit intentionnellement pour être illisible par le citoyen ordinaire. Et ainsi les " gens biens " n’auraient plus à se masquer derrière ce travail de dénégation si dévastateur en terme de dépense d’énergie inutile. Or l’énergie devient un bien rare. Je vous le jure, nous vaincrons......

Lionel Goutelle (une "complainte" écrite juste avant la victoire du non)

Par Goutelle - Publié dans : politique
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Dimanche 27 novembre 2005

   Cette (fausse) lettre (comme tant d'autres documents prémonitoires à droite et à gauche depuis au moins quinze ans...) a été écrite il y a bien deux ans (publiée  sur le site "blacks de France" par exemple). Aujourd'hui, à l'heure où nos banlieues brûlent, on n'a pas le droit de dire qu'on ne savait pas ce qu'on fabriquait intentionnellement par toutes ces pseudos lois "libérales" (voir l'ouvrage "violences urbaines, violence sociale" de Stéphane Beaud et Michel Pialoux). Il est temps de traduire en justice (au moins symboliquement à la manière du jugement de Chirac dans "Là bas si j'y suis") tous ces homme politiques "autodestructifs" qui  ont laminé  l'obligation de solidarité sociale  dans la "société" française, ainsi que ceux qui réclament "la baisse des impôts", la "privatisation des services publics", le droit de "ségréguer à l'envers" leurs  quartiers qu'ils veulent "chics" etc....Les voilà les conséquences de ce qu'ils ont osé appellé leur "libéralisme".Tout ça n'a jamais été que de l'incivisme déguisé en "modernisation" , un lâchage et un abandon travestis en "liberté" et en "responsabilité individuelle" de la victime. Un peu comme si on déclarait ouverte la chasse au canard, et plutôt que d'incriminer ceux qui cherchent à le  tuer  et la puissance destructrice de leurs armes, on déclarait que c'est le canard lui même qui est responsable de sa mort parce qu'il ne vole pas assez vite....Mais de qui se moque-t-on? Louis XVI aurait dû nous apprendre pourtant qu'on ne peut pas ignorer le peuple sous des prétextes fallacieux...Eternel retour de l'histoire....

Lettre du petit délinquant aux gens qui se prétendent bien...

 OK connard, je suis un petit délinquant et c'est "mal", je le reconnais. D'ailleurs, pour te dire la vérité, je fais le fanfaron devant toi quand je fais mes conneries. Mais au fond de moi, je le vis très mal: en être réduit à ça pour avoir l'impression que ma vie a du prix, en vérité, quelle misère...
J'espère que t'auras remarqué, puisque tu te prétends cultivé, que pas mal de mes conneries (rayer une vitre de métro, foutre le bordel dans une classe, siffler la marseillaise sur un stade...) ont surtout pour but de rappeler aux autres mon existence à la con, fusse en les emmerdant (matériellement, je ne gagne rien dans ce genre de délit. Preuve qu'il y a beaucoup de symbolique là dedans). Mais passons...
Je suis prêt à le reconnaître donc: être délinquant, c'est "mal", et moi même à vrai dire, je préfèrerais être autre chose. Mais sincèrement, toi, connard, tu penses que t'as aucune responsabilité là dedans? Tu crois que t'es blanc comme neige? Tu crois que notre délinquance elle t'est tombée comme ça du "ciel" un beau jour dans les années 80?
D'abord, je te fais remarquer que même dans ce qui "tombe du ciel" (pollution, sécheresse), il y a la conséquence à peine détournée de ton sale petit égoisme social. Sois aussi  honnête que moi,  et  ose le reconnaître: t'es tellement "pourri" au fond de toi que t'es capable de foutre en l'air la vie future de tes enfants (ou ceux des autres, c'est peut être ça ton secret espoir, rire) pour ne pas renoncer à des besoins très secondaires: prendre l'avion pour faire du tourisme (sais tu que l'avion est une folie en terme de pollution?) , rouller en voiture climatisée  (sais tu que les gaz employés pour climatiser ta voiture ont un pouvoir nocif exorbitant dans l'atmosphère?) climatiser des pièces entières de ton appart  quand certains ne peuvent même pas climatiser 3 mètres carrés 4 heures par jour (bonjour la dépense d'électricité...) . Ose dire cette vérité qui crêve de plus en plus les yeux: Tu sacrifies sciemment l'avenir de beaucoup d'humains  à des besoins très secondaires auquels tu ne veux pas renoncer. Donc laisse le ciel là ou il est et reconnais-le: Ma délinquance connard,  c'est comme la pseudo "pollution" que tu fais semblant de constater en la produisant. Elle a pour origine détournée ton sale peit égoïsme social à toi. Tu veux des preuves? Rappelle-toi le livre de Pierre Bourdieu "La misère du monde": L'origine de la "délinquance" et du "problème des banlieues", c'est par exemple dans les années 70, quand monsieur Barre substitue "l'aide à la personne" à "l'aide à la pierre". Je t'explique en deux mots l'entourloupe (finalement, t'es pas aussi cultivé que t'en a l'air. Rire).
Avant cette loi, personne parmi les classes moyennes comme toi n'avait à l'esprit de devenir un petit propriétaire "peinard" loin des banlieues "invivables" des pauvres. C'était un état d'esprit et un projet rendu intentionnellement irréaliste par l'état français lui même. Ca coutait trop cher et on n'obtennait pas les prets des banques. Au contraire, les banques elles-même avaient dans leurs charges de financer le développement harmonieux des banlieues ("l'aide à la pierre") et personne n'y trouvait rien à redire! ça faisait parti d'une attitute civique alors naturellement acceptée. Tout le monde avait relativement bien compris qu'on ne gagnait rien à essayer de tirer son épingle du jeu en raissonnant en égoïste solitaire.
Arrive monsieur Raymond Barre qui a pour arrière pensée de casser cette relative solidarité entre les classes moyennes (donc toi) et les "pauvres" qui vivent en H.L.M. Il veut alors éloigner les français du "socialisme" (il a réussi au delà de ses espérences, puisqu'aujourd'hui les "socialistes" eux-même ne le le sont plus. Rire). Qu'est-ce qu'il fait notre homme, pour piéger les pigeons dans ton genre? Il caresse leur égoisme dans le sens du poil:  "vous aussi, vous avez le droit de devenir propriétaire, un privilège qui ne doit pas être réservé à une caste de privilégiés" (c'est toujours comme ça qu'on piège les cons). Il réoriente l'obligation des banques de participer au développement harmonieux des banlieues vers l'investissement dans des prets aux "individus". Ce n'est plus "tous ensemble" mais "chacun pour soi" les uns contre les autres en espérant ne pas être le dernier de la course. Résultat objectif de cette loi anti-sociale, véritable petit crime contre l'humanité (au sens propre: qui assassine l'obligation de se comporter en humain): une des frontières sociales les plus fortes de la société française et une véritable guerre sociale entre banlieues et petits pavillons  (Pierre Bourdieu parle de "non assistance à personne en danger").
Et toi connard, au lieu de réagir intelligemment, t'as marché là dedans. T'as couru même pendant toutes ces années de montée du pseudo "libéralisme". Et je veux payer moins d'impôts pour ces banlieues, et je veux pas que mon gosse soit dans une mauvaise école, et je veux pas de ces gens-là dans mon quartier, et je veux privatiser la sécurité sociale, et vive la retraite par capitalisation...
Et chaque fois tu m'assassinais un peu plus en m'enfermant dans mon ghetto et ma condition sociale de "pauvre". Et tu crois sincèrement que j'allais être une victime consentante? Ne me fais pas rire connard!
Ma délinquance, tu l'as patiemment construite pendant toute ces années de légitimation de ton égoisme social que t'as osé appeler "libéralisme". Du point de vue du vocabulaire, t'es méchemment plus culotté que nous. Dans l'aggresion par destruction du langage, t'es un délinquant hors de proportions avec nous. Félicitation d'un connaisseur. Mais méfie-toi quand même: un jour le courage d'appeler un chat un chat reviendra, et on donnera alors à toutes ces lois "libérales" leur vrai nom, celui de"lois de légitimation du meurtre social", fût-il différé, bien camouflé, et pratiqué par petits pas insensibles. Car on sait tous au fond de nous même que dès qu'il y a abandon de l'obligation de se comporter solidairement entre humains, il y a abandon sciemment programmé de quelqu'un quelque part.
Ton rêve, je le connais connard: ce serait qu'on crêve en paix dans nos banlieues sans te déranger en acceptant ta dominaion sociale. Et puis, pour te dire vrai, j'ai aucune confiance en ton honnêteté. Si vraiment tu détestais autant la délinquance que tu le dis tu punirais tous les délinquants en commençant par les plus grands. Or, non seulement tu les punis pas, mais t'es capable de les installer aux plus hautes fonctions de l'Etat et d'interdire à la justice de faire son boulot.Rire.
T'as pas l'impression d'être lourdement indécent? Bon allez connard, je te quitte. Mais réagis vite et fort. Je pourrai ne plus supporter ton imposture longtemps....

 A bon entendeur, salut...Lionel Goutelle (écrite autour de 2002-2003 si mes souvenirs sont bons)

Par Goutelle - Publié dans : politique
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