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Mardi 21 octobre 2008
    

Bizarrement, quand quelqu'un se fait l'avocat du diable, on pense qu'il prend forcément le parti du diable. En vérité, il n’en est rien. Et on peut se faire l’avocat du diable sans nécessairement se faire de grandes  illusions sur la vertu de celui-ci. Et il se pourrait bien que l’avocat du diable soit au final son pire ennemi. Celui qui pourrait s’avérer le plus mortel pour lui s’il réussit sa plaidoirie. En effet, que fait celui-ci lorsqu’il se permet de prendre la défense de gens à priori vus et présentés comme moralement indéfendables (les siffleurs de marseillaise, les délinquants sans mobiles apparents, voire ceux qu’on qualifie de  « terroristes »,etc…)?
Il  vise seulement à rendre conscient les adversaires proclamés du diable, les belles âmes, de ce qui, dans leurs propres comportements (notamment les injustices sociales sur lesquelles ces belles âmes voudraient fermer les yeux), nourrit la logique de révolte du diable, habille sa révolte de « bonnes raisons » qui lui permettent trop facilement de masquer un goût déplacé pour la violence. Et donc, en appelant ainsi à la prise de conscience des bonnes raisons qu’a le diable de se montrer révolté (comme le font par exemple les sociologues des banlieues lorsqu’ils expliquent la genèse d’une émeute dans les banlieues), il appelle à isoler expérimentalement ces bonnes raisons et à les détruire pour mieux rendre apparent et injustifiable la violence anormale du diable, sa part « obscure » qu’il cherche, et réussit un peu trop facilement, à camoufler. Son raisonnement est le suivant : « Vous prétendez que ces gens sont inciviques et n’ont aucune raison autre que leur violence pour se montrer agressifs ? Alors coupez leur  l’herbe sous le pied en leur ôtant toute bonnes raisons de se révolter. » si vous refusez d’agir ainsi (en disqualifiant par exemple les études de sociologie dans les quartiers sous prétexte qu’elles « excusent » les délinquants), vous avouez alors implicitement que vous avez un intérêt malsain à l’existence du diable. Vous avouez que vous êtes des complices objectifs de la violence du diable, que vous ne voulez pas réellement le détruire en lui permettant de mélanger bonnes et mauvaises raisons de se révolter.
Bref, contrairement aux apparences comme bien souvent, l’avocat du diable est bien celui qui cherche à se débarrasser le plus radicalement possible du diable. Et inversement,celui qui refuse de chercher et de prendre en compte les bonnes raisons qu’a le diable de se montrer révolté, est un complice de celui-ci, le meilleur ami qu’il puisse trouver pour continuer à jouer son jeu malsain.






Par Goutelle Lionel
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Vendredi 17 octobre 2008






 


                                                                                                                               

                                                                                                                              

(chanteurs particulièrement civiques de marseillaises, protégés par bouclier fiscal)



Ils ont vu leurs parents libérer la Provence en 1945 et ne recevoir qu’une maigre reconnaissance seulement dans les années 2005, quand la majorité d’entre eux étaient morts ! Et ils se sont permis de siffler la marseillaise. Comme c’est étonnant !
Ils ont vu leurs parents exploités comme des malheureux dans les usines pour fabriquer nos maisons, nos voitures et nos frigos,et mourir en moyenne bien avant les autres, avec des retraites minables. Et ils se sont permis de siffler la marseillaise. Comme c’est étonnant !
Ils sont certainement ceux qui cumulent les situations les plus défavorables du point de vue de la violence sociale  qu’on peut aujourd’hui recevoir en France ; mauvaises conditions de logement, échec scolaire prononcé, chômage ou travail mal payé et exploité, absence de perspective réelles permettant d’avoir une vie normale. Et ils se sont permis de siffler la marseillaise. Comme c’est étonnant !
Le chef d’état d’aujourd’hui, sous prétexte de la présence d’une minorité de délinquants chez eux (comme dans tous les milieux, même à l’UMP avec Alain Juppé), a contribué à légitimer une perception raciste des habitants de ces quartiers, en les qualifiant de racaille. Et ils se sont permis de siffler la marseillaise. Comme c’est étonnant !
Ils ont longtemps subi, et subissent certainement encore, un préjugé défavorable de la société française, dû au regard largement péjoratif  que les médias nous ont appris à porter sur eux et leur couleur de peau. Et ils se sont permis de siffler la marseillaise. Comme c’est étonnant !
Ils voient des  dirigeants augmenter les franchises médicales et diminuer les retraites des plus pauvres tout en donnant des centaines de milliards à des spéculateurs véreux, mais sans sauver les pauvres gens qui ont fait les frais de leurs montages financiers malhonnêtes. Et ils se sont permis de siffler la marseillaise. Comme c’est étonnant !
Ils ne se satisfont pas d’une « politique des banlieues » réduite à la mise en scène de quelques gens de couleur atypiques qui ont eu un parcours hautement improbable, et qui ont pour principale fonction de masquer l’enchaînement quasi inexorable de la majorité d’entre eux à une condition misérable. Et ils se sont permis de siffler la marseillaise. Comme c’est étonnant !
Ils n’acceptent pas qu’un chant qui symbolisait une France révolutionnaire qui s’est révolté contre les privilèges sociaux d’une aristocratie qui vivait sur le dos des autres catégories sociales soit aujourd’hui récupéré  par de nouveaux exploiteurs qui entretiennent des écarts de fortune (au double sens du terme) bien plus importants qu’à l’époque ou il fût inventé. Et ils se sont permis de siffler la marseillaise. Comme c’est étonnant !
N’étant représenté sérieusement par personne dans le champ politique et certainement pas par une « gauche » devenue libérale depuis au moins vingt cinq ans et ayant renoncer au partage des richesse en faveur des catégories populaires qui constituait pourtant son électorat naturel, ils se sont permis de manifester leur existence dans un monde qui ne leur demande qu’une chose : être socialement violentés en la fermant. Comme c’est étonnant !
Plutôt que d’endosser l’habit attendu d’eux (notamment par le monde médiatique) du délinquant sans raisons apparentes (ou privé d’apparence ?) qui brûle la voiture de son voisin, ils ont préféré (à la manière des étudiants américains  brûlant le drapeau américain pour marquer combien la guerre du Vietnam ne représentait pas tous les américains) avoir l’intelligence symbolique et politique de ne pas avoir recours à la violence  physique, mais d’attaquer un symbole clé devenu hautement fallacieux.Comme c’est étonnant !
Quoi qu’on en dise, c’est politiquement magnifique que d’obliger les dominants -qui font semblant de se préoccuper du sort des plus « modestes » tout en les exploitant subrepticement par des mécanismes sociaux particulièrement vicieux et détournés (notamment en invoquant systématiquement la « mondialisation », qui n’est jamais qu'un chantage à l’échelle mondiale des actionnaires rentiers sur les salariés) -à imposer leur « respect » en force. Une « élite » qui impose son respect en force reconnaît implicitement qu’elle  n’arrive pas à obtenir l’obéissance de ceux qu’elle voudrait victimes consentantes à sa domination.
Il faut le reconnaître, les siffleurs apparents de Marseillaise d’aujourd’hui sont bien  ceux qui sont les plus proches de l’idéal révolutionnaire que symbolisait ce chant à l’origine. Ils refusent que l’aristocratie d’aujourd’hui récupèrent  ce symbole de révolte...Comme c'est étonnant!



(siffleur de marseillaise particulièrement incivque payant les franchises médicales)


Par Goutelle Lionel
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Dimanche 12 octobre 2008
         
Malgré les apparences, ce que vous allez lire dans les lignes suivantes n’est pas un faux « particulièrement pervers » du « citoyen déchaîné » (comme me l’avait  dit une fois un de mes lecteurs à propos de ma  nouvelle pourtant si d'actualité aujourd'hui  « quand les enfoirés portent si bien leur nom »), mais une vraie information dont vous pouvez aisément vérifié la véracité par vous même, en revisionnant, si vous ne l’avez pas déjà fait, l’émission « envoyé spécial » sur France deux en date du jeudi 9 octobre 2008 consacrée à la crise financière. A la fin du reportage consacré à celle-ci, on y apprend en effet qu’un employé d’une banque française connue et âgé grosso modo de cinquante cinq ans (si mes souvenirs sont bons), marié deux enfants, et heureux en ménage, s’est suicidé, suite à son licenciement pour « honnêteté trop prononcée » (même si bien évidemment le motif de son licenciement n’était pas formulé ainsi. Ces choses là ne se disent pas aussi franchement)  !!! En effet celui-ci, oeuvrant dans l’intérêt réel de ses clients , mais voulant aussi continuer à pouvoir se regarder dans la glace en restant honnête alors que la crise financière et ses ravages s’annonçait, ne jouait pas le jeu attendu du « commercial  traditionnel » qui force en douce la main de ses clients pour leur fourguer des produits financiers « risqués » (et souvent malhonnêtes : qu’est-ce qu’un « produit financier très rentable », sinon un  capital qu’on arrive à investir dans des secteurs ou des entreprises où l’on presse anormalement les salariés comme des citrons?). La femme de celui-ci, aidé par le syndicat de la boîte, très malheureuse  bien évidemment, a voulu porté plainte contre la direction de la banque. Plainte refusée ! Bref disons le clairement : la justice française par ce refus de plainte, vient à contrario officiellement de légaliser la malhonnêteté comme un comportement normal et quasiment obligatoire dans le monde des banques tel qu’il est aujourd’hui ! et cela à une heure ou pourtant les conséquences criminelles de cette malhonnêteté généralisée des banques s’étalent partout sur les écrans !   Rire , assez jaune je le concède, pour ne pas dire pleurs de rage et de tristesse. C’est là un événement fou qui aurait du provoquer un tollé et une colère générale : l’honnêteté rejetée, et donc la malhonnêteté officiellement légalisée  implicitement  et à demi mots!!! Et qui pourtant ne provoque quasiment rien, révélant un peu plus à contrario l’état d’accoutumance de nos cerveaux aux choses les plus folles de ce monde s’il en était encore besoin.
Mais à y réfléchir à deux fois, cela n’était-il pas prévisible ? ce refus de rendre justice à un homme esseulé qui avait pour seul tort de vouloir rester naïvement humain et honnête au milieu d’un monde de requins -un crime devenu aujourd’hui manifestement impardonnable-  n’était-il pas quasiment obligatoire, sauf à  révolutionner de fond en comble les mœurs du monde de la finance ? En effet que se serait-il logiquement et surtout implacablement passé si la décision inverse avait été prise, à savoir incriminer la pression anormale de la direction de cette banque en particulier sur ses commerciaux pour qu’il fasse du chiffre à tout prix, quitte à y laisser leur peau et à rouler leurs clients ?. La réponse va de soi. Si on avait reconnu à cet employé en particulier un quasi-droit privé  de se comporter honnêtement dans son coin sans obliger simultanément tous les autres commerciaux de cette banque, mais aussi tous les autres commerciaux des autres banques françaises, et même, à une heure ou la finance est mondialisée, tous les autres commerciaux de toutes les autres banques mondiales à se comporter ainsi (et de fil en aiguille, tous les acteurs du monde de la finance qu’il faudrait obliger à être habités par le même principe d’honnêteté  pour qu’il soit efficace, et en particulier, ceux qui sont dans les positions les plus stratégiques), il aurait immanquablement mis en danger la « compétitivité »  et « l’attractivité » de sa banque en face de ses concurrentes. Pourquoi ? Parce qu’une fois la « liberté » des marchés financiers délivrée par nos gouvernants ( un principe qui veut dire « droit de déconner » et qui est bien sûr logiquement incontrôlable une fois accordé) et la « concurrence » (anti-principe de vie en société, on ne le répètera jamais assez) officialisée par les mêmes dans le monde des banques, cette concurrence a de fortes chance de donner  la « victoire »  et les parts de marchés à la plus malhonnête, c’est à dire celle qui promet le plus haut rendement à ses clients, et prend donc le plus de risques, quitte à mentir (le monde de la finance et du commerce n’est-il pas le monde de la duplicité et de l’euphémisme par excellence ?). La concurrence pour la captation de clients provoque fatalement une inflation du risque et du mensonge qui va avec. La liberté des marchés et la concurrence poussent invariablement au crime et à la malhonnêteté, d’ou le côté structurel des crises financières et des arnaques de clients par les banques. Bref, la finance libéralisée ne peut pas ne pas aboutir à la malhonnêteté. Et reconnaître à un petit employé la possibilité et le droit de se comporter honnêtement dans son petit coin, c’était ou condamner sa banque à péricliter, ou remettre en cause tout le système du monde de la finance et reconnaître que le capitalisme est forcément synonyme de malhonnêteté. La justice vient d’avouer officiellement qu’elle ne peut pas exister dans un monde ou le « marché libre »  existe et fait la loi. La loi du plus malhonnête.

Par Goutelle Lionel
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Mercredi 8 octobre 2008
 (pour sa gentillesse déplacée lors du débat télévisé sur la crise financière à « mots croisés »)

Il faut l’avouer, vous connaissant mal, nous nous attendions au pire lorsque nous avons appris votre participation au débat télévisé « mots croisés »  consacré à la crise financière du lundi 6 octobre. Connaissant la rigueur des analyses d’A.T.T.A.C que vous représentiez ce soir là concernant le processus et les causes de la crise financière actuelle (et notamment les conséquences ravageuses aujourd’hui terriblement visibles des lois -mais aussi des non lois- que nous avons prises ces vingt cinq dernières années lors de nos successifs passages au gouvernement), nous nous attendions à un tout autre ton de votre part.
En effet n’aurait-il pas été logique et juste de nous attaquer bille en tête en déclarant d'entrée de jeu: « messieurs dames, la situation d’aujourd’hui et la violence très concrète qu’elle va engendré pour des millions de gens n’est pas tombée du ciel comme celà malgré vous: elle est le résultat concret, et surtout prévisible (relisez donc « fonds de pensions, piège à cons ? » de Lordon, et notamment le chapitre sur le chemin que pouvait suivre le krach d’aujourd’hui) de votre action, mais aussi de votre inaction politique. Vous êtes donc parmi les premiers responsables de cette catastrophe. Vous n’avez pas fait ce que vous pouviez faire en temps voulu pour éviter cela en libéralisant sciemment les marchés financiers. Et de plus vous ne pouvez pas arguer de la méconnaissance des conséquences  de vos  politiques. Les terribles expériences constituées par la crise de 1929 bien sûr, mais aussi et surtout (puisque ces crises là se sont  passées lorsque vous étiez déjà aux manettes du pays) le krach de 1986, la crise de 1998, ou encore il il a six ans la « bulle internet » , etc…étaient déjà là pour vous prévenir des inéluctables  et nocives conséquences  d’une « libéralisation » des marchés financiers sur laquelle vous auriez du sévèrement revenir tant qu’il en était encore temps.C’est donc bien en pleine connaissance de cause que vous avez persévéré dans cette direction meurtrière. Messieurs, vous avez du sang sur les mains et vous ne pouvez pas arguer de votre impuissance, puisque c’est vous qui avez impulsé cette direction des choses et surtout persévéré dans celle-ci malgré de terribles avertissements répétitifs…. ».

Dieu merci, vous nous avez joué une tout autre mélodie. Certes, vous avez bien dit que nous ne vivions là que les conséquences prévisibles de la direction libérale de la politique suivie depuis des décennies dans le monde, et qu’il fallait revenir dessus, mais à aucun moment vous n’avez mis  les gens en face de leurs responsabilités concrètes, avec un ton qui soit à la hauteur de leur comportement passé dont on ne voit pas très bien comment on pourrait le qualifier d’autre chose que de « meurtre social en connaissance de cause ».
Du coup, votre « sous réaction » humaine en direct nous a permis de jouer notre éternelle chanson : il s’agit d’un mécanisme mondial impersonnel sur lequel on a aucune prise et qui s’est passé malgré nous sur notre tête (comme si l’on n’avait pas pu interdire aux banques françaises et particulièrement celles de dépôts d’investir  sur des marchés de spéculation ! mon œil oui). Bref, reproduisant des mécanismes bien connus des  gens du monde de la finance, vous nous avez permis « d’externaliser nos  responsabilités » en quelque sorte , de les mettre « hors bilan » de la catastrophe. Nous imaginons la réaction du citoyen lambda pas assez informé surs ces choses. « Ils font ce qu’ils peuvent, mais ils sont emportés comme nous ces pauvres politiques ». Bref, vous nous avez re-légitimés en pleine crise à une heure ou normalement nous aurions dû fuir à l’étranger si les mots justice et responsabilité voulaient dire quelque chose dans ce pays. C’est ce genre de sous-réaction humaine inattendue de nos adversaires théoriques qui fait notre force à vrai dire, nous ne l’ignorons pas. Sachez que nous sommes bien conscient de la hauteur du service que vous nous avez rendu ainsi. Et cette gentillesse sera payée de retour un jour ou l’autre, promis. Affectueusement, qui vous savez.


 
Par Goutelle Lionel
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Samedi 13 septembre 2008
Sarkozy déborde la (fausse) gauche sur sa gauche? Débordons le sur sa vraie droite!

Comme vous le savez, la (vraie) droite décomplexée, contrairement à la (fausse) droite décomplexée sarkozyste qui s’est indûment qualifié ainsi sans en avoir réellement les qualités morales (comme la sincérité et le courage de dire où elle veut en venir), va droit au but ! Non seulement elle n’éprouve pas le besoin d’inventer de faux alibis et de fausses lois économiques pour parvenir à l’éternel but de toute droite qui se respecte (à savoir enrichir les riches et appauvrir les pauvres), mais elle pousse l’honnêteté jusqu’à  faire elle-même la démonstration de l’imbécillité (souvent grossière) des fausses raisons « économiques » invoquées par la fausse droite sarkozyste, mais aussi de plus en plus souvent par la fausse gauche socialiste, que trop intéressée à théoriser et à transmuer le choix d’une impuissance voulue en impuissance subie (comme lorsqu’elle signe son propre arrêt de mort en « acceptant l’incontournable économie de marché »). Ce qui fait d’ailleurs que comme le dit fort justement Frédéric Lordon, aujourd’hui en critiquant la droite, on fait coup double en critiquant aussi la fausse gauche incarnée par le parti socialiste. Et il faut être reconnaissant au parti socialiste de nous permettre ainsi d’économiser notre salive.
Aujourd’hui, fidèle à sa vocation et à son utilité irremplaçable, la vraie droite décomplexée franchit un pas de plus dans le courage et l’honnêteté politique . Non seulement, elle ne fait pas semblant de ne pas entendre les rares personnes qui osent encore contesté la pseudo loi du marché, même s’ils sont numériquement minoritaires (combien de fois dans l’histoire a-t-on vu des gens minoritaires numériquement être plus dans le vrai que ceux qui étaient numériquement dominants ?), mais elle va au devant de ceux-ci pour les regarder  droit dans les  yeux et leur dire ce qu’ils n’ont surtout pas envie d’entendre: il n’y a pas de loi  des marchés, de nécessité économique  qui aboutie naturellement à la richesse des uns et à la pauvreté des autres. Il n’y a qu’ une volonté politique explicite et déterminée au bas mot, dans sa version « socialiste » passive, de ne rien faire  et de lâcher les pauvres (comme l’a théorisé Dominique Strauss Khan lui même en demandant au P.S de se tourner surtout vers les « classes moyennes », électorat d’après lui bien plus payant dans l’avenir) voire dans sa version sarkozyste « active »,  de travailler explicitement à accroître cyniquement ce fossé (même si cette stratégie -mainte fois confirmée  par les actes juridiques de ce gouvernement comme lors  du « cadeau fiscal », mais jamais avouée explicitement- est masquée par une légère préoccupation pour les plus bas dans l’échelle sociale dont la chute trop brutale risquerait d’être trop visible socialement). Soyons clair : ce que nous reprochons au sarkozysme est ce qu’il croit être un « art de l’embrouille » qui d’après nous ne fait que le desservir à la longue. Nous voulons un sarkozysme sans masque, tel est notre but.
Monsieur François Ruffin par exemple, vous faites une démonstration implacable dans votre article du Monde Diplomatique d’août 2008 lorsque vous racontez la visite d’ouvriers d’LVMH promis au licenciement alors que leur entreprise est déjà très rentable pour ses actionnaires, mais qu’ils en veulent encore  plus ! Vous croyez peut-être nous impressionner en calculant que  pour égaler la fortune de monsieur Arnault (salaire, dividendes de ses actions et patrimoine cumulés),  une des couturières travaillant pour lui et payée au S.M.I.C (alors que la délocalisation diviserait au bas mot par quatre ce salaire permettant  à peine de vivoter) aurait dû travailler depuis… la préhistoire ( !!!). Non seulement la droite décomplexée ne passe pas sous silence ce calcul et le cite, mais même elle vous dit droit dans  les yeux ce que la pseudo-droite décomplexée sarkozyste fait, et que la pseudo gauche laisse faire, tout en s’interdisant de le verbaliser trop sincèrement: c’est bien pour que la fille de monsieur Arnault fasse un mariage bien plus fastueux que ceux qu’on faisait sous Louis XIV et porte quelques diamants de plus sur sa robe de mariage que l’on vire les ouvriers français aujourd’hui pour se tourner vers des ouvriers polonais ou chinois  plus consentants (par la force des choses) à l’exploitation. Et comme vous le dites, il suffirait bien que les actionnaires en demandent légèrement moins et sacrifient quelques diamants et quelques yatchts secondaires (ou plus probablement  « tertaires » ou « quatraires ») , ou plus réalistement qu’on les force par la loi à en demander moins (comme Frédéric Lordon voulant instaurer le S.L.AM pour décourager les actionnaires de saigner les salariés), pour que les salariés de ce pays vivent un peu plus correctement. C’est bien le partage de la richesse au profit de ceux qui en sont pourtant bien souvent les principaux producteurs ( !) que nous interdisons par les pseudos « lois économiques » à la Jean Marc Sylvestre ou Jacques Marseille. La droite décomplexée, fidèle à son devoir d’honnêteté morale  jusqu’au bout, vous le dit droit dans les yeux :  les lois économiques n’existent pas. Elles ne sont qu’une croyance, un alibi fallacieux entretenu  par les dominants pour faire accepter qu’ils se comportent amoralement et fassent financer les diamants qu’ils portent par la souffrance et la douleur des ouvriers qui produisent les richesses de ce monde.  Qu’est-ce qui empêcherait un pays comme la France d’oser renverser la vapeur et de prendre l’initiative d’un discours « civique » qui oserait taper au cœur du problème  en disant :
 « nous ne plierons pas nos valeurs d’égalité et de justice sociale à l’économie, mais nous plierons l’économie à nos valeurs. Il est anormal que les actionnaires faisant leurs affaires dans ce  pays s’appuient sur le fait qu’il existe ailleurs des opportunités de saigner un peu plus les salariés pour exiger la même chose en France. Un chantage qui ne peut aller qu’en grandissant évidemment, car après on s’appuiera sur cette acceptation française  pour dire  aux autres « si vous voulez du travail, il faut travailler pour moins cher qu’en France », etc…Il faut donc sortir de ce cercle de la peur mondialisée où les capitalistes de ce monde ont réussi à plonger les salariés de tous les pays, réussissant à  les faire jouer les uns contres les autres.  Etre actionnaire-rentier est déjà une situation très bizarre pour ne pas dire moralement anormale, puisque l’on est quelqu’un qui vit bien souvent de et sur le travail des autres. Nous sommes donc en droit et en devoir d’exiger du groupe social des  actionnaires un « comportement civique minimal », quitte à le leur imposer par la force et la loi. Frédéric Lordon, ce satané emmerdeur qui va y voir de prêt, avait osé calculé que
« tout compris », les actionnaires qui justifient leur utilité par l’argent qu’ils apporteraient à l’économie réelle d’un pays, en prélevaient quasiment autant qu’ils en apportaient (le rapport devenant même négatif aux U.S.A !). Autrement dit, et c’est pourtant une hypothèse extrême, même si l’on se passait totalement de la bourse et des actionnaires parce que, refusant de se plier à une prédation plus civique (par exemple les 3 à 5% de taux de profit que le S.L.A.M leur imposerait au lieu des actuels 15%  en moyenne qu’ils exigent) ils iraient prédater ailleurs, la société globalement vivrait beaucoup mieux  .En effet, la répartition des richesses se faisant beaucoup mieux, la relative baisse de richesse occasionnée par leur départ (bien plus petite que ce que l’on tente de nous  faire croire) serait largement compensé par la meilleure redistribution (sans parler de l’amélioration de la vie psychique qu’il peut y avoir à ne plus vivre avec la peur du licenciement au ventre, dans de meilleures conditions de travail, etc…) . Ainsi la condition des plus pauvres s’améliorerait grandement, alors que celle des extrêmement riches serait certes fortement diminuée, mais d’une part ils partent de tels sommets que leur chute ne serait que très relative, voire risible (il leur faudra certes s’habituer à se passer de quelques voyages qui polluent énormément pour des raisons de loisirs fastueux, de quelques réceptions et de quelques diamants), mais aussi d’autre part leur richesse serait moins vu comme anormale et ils auraient la satisfaction morale énorme d’être des actionnaires biens qui ont refusé de devenir des actionnaires pourris tueurs de pauvres. Bref, la relative perte matérielle se compenserait largement pour eux par un gain moral énorme. Et ils pourraient se regarder dans la glace le matin non pas en pensant à devenir président de la république, mais en se disant « j’ai fait ce qui était en mon pouvoir pour rompre ce cercle infernal de l’enrichissement des riches et de l’appauvrissement des pauvres ». Et de plus, ils désigneraient ainsi un peu plus explicitement ceux qui refusent ce comportement civique élémentaire comme la seule vraie et principale cause des problèmes de ce monde, donnant des idées aux autres pays, et dessinant ainsi nettement le plan de la seule action efficace qu’il peut exister dans ce domaine.Et puis entre nous, qu’ont à perdre les pauvres de ce pays à aller dans cette direction dans le cas ou ce plan réussirait à demi ou au trois quarts ? Ils seraient forcément gagnants. Outre que la redistribution des richesses leur serait favorable, même si leur enrichissement matériel ne serait que « petit » dans une hypothèse extrême (mais quand on est aussi bas qu’ils le sont aujourd’hui, un petit gain pour un pauvre -contrairement à ce qu’on appelle malhonnêtement une « grosse perte » pour les riches- est une chose énorme), ils auraient la satisfaction morale d’être pauvre en se battant pour leurs valeurs, alors qu’aujourd’hui ils sont tout aussi pauvres, mais de plus en défendant les « valeurs » de ceux qui les exploitent! Bref, dans le pire des cas fort improbable, ils ne feraient que troquer une souffrance pour défendre leurs valeurs pour une souffrance où ils nourrissent les valeurs de leurs adversaires. … »
Rien n’empêche un tel discours, si ce n’est le manque de courage moral et civique de ceux qui devraient le tenir.
La droite décomplexée vous le dit droit dans les yeux monsieur Ruffin : la seule force de la droite aujourd’hui, ce n’est pas la fausse et fictive « loi des marchés », mais  la démoralisation des pauvres entretenue par les médias, les « économistes », et les faux socialistes de ce pays (à la Royale, Delanöé, Valls et consort….), sans parler de la fausse combativité des principaux syndicats proposant à leurs troupes des grêves à répétition dos au mur  qui usent leurs maigres forces, plutôt qu’une grêve générale longue et dure remettant tout le contrat social sur la table une bonne fois pour toute. Mais aujourd’hui, nous sommes tellement puissants que nous pouvons même nous permettre de vous le dire droit dans les yeux Monsieur Ruffin. Rire.

Un texte sans grande imagination de Lionel Goutelle.



Par Goutelle Lionel
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Dimanche 6 juillet 2008
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Vous vous doutez bien qu’au vu du combat que je mène, je ne voudrais pas que mon nom soit entaché d’une quelconque partialité politique inavouée. Que cela soit clair : les valeurs que je défends (comme la lutte contre la violence, quelle  que soit sa forme !) sont universelles et ne sauraient souffrir aucune exception ! 
Or je n’ai pas pu ne pas constater lors de ma libération que je donne une apparence qui ne me convient pas tout à fait. À voir la morphologie sociale du public qui me soutient en France, on ne peut pas ne pas avoir l’impression qu’on a là (à quelques exceptions notoires prêts) le « camp du oui à l’Europe Libérale » : grands journalistes anti-grévistes et pro réformistes pour entraver le partage des richesses et appauvrir encore plus les  pauvres (type Yves Calvi, Philippe Labro, etc.…) , bourgeoisie parisienne à la Bertrand Delanoë prête à se battre pour avoir les jeux olympiques à Paris, mais jamais pour soutenir le système de retraite par répartition et le renforcer à une heure ou pourtant les bourses mondiales s’effondrent, expulseurs de sans papiers avec ou sans état d’âme (des sans papiers travaillant pourtant dans des conditions inhumaines depuis parfois plus de dix ans pour enrichir à l’œil l’économie française) racolant à n’importe quel prix les électeurs de Jean-Marie Le Pen…Bref, il semblerait que je sois devenu malgré moi le symbole de la « bonne cause » pour une élite sociale notoirement coupée de son peuple, et cherchant par tous les moyens à redorer une autorité morale particulièrement discréditée.
Pour casser cette impression que me donnent malgré moi des médias et des milieux sociopolitiques par trop marqués à droite  (qu’elle soit « décomplexée » de  type Sarkozy, ou encore légèrement complexée et honteuse  de type  Delanoë ou Royale et consort) , je voudrais me livrer à un de ces vrais gestes militants engagés et clairs susceptibles de démasquer ces « faux vertueux » intéressés  à récupérer mon combat (on reconnaît immanquablement les vrais gestes militants au coût psychologique qu’ils impliquent en terme de consensus apparent qu’il faut briser, et de personnes souvent importantes et bien vues qu’il faut oser se mettre à dos, alors qu’elles détiennent un pouvoir qui à un titre ou à un autre peut s’avérer malfaisant pour vous). Pour se faire, il me faut cibler avec pertinence un cas où les valeurs que je défends ont été clairement mises à mal, non pas par un groupuscule d’extrême gauche d’office condamné bien évidemment par toutes les élites bien pensantes du monde occidental (il n’y a là rien d’étonnant), mais au contraire par des gouvernements de droite particulièrement bien installés et bénéficiant d’une complicité passive (ou très active parfois) des diplomaties et des peuples occidentaux.
Nous prétendons que la violence, les enlèvements, et à fortiori le terrorisme sont des choses inacceptables quelle que soit leur couleur politique ? Nous  voulons « justice jusqu’au bout » comme l’a dit très imprudemment Georges Bush après les attentats du onze septembre (sans s’apercevoir qu’on pouvait très facilement retourner sa devise contre lui-même)? Tous les êtres humains se valent quelles que soient leurs origines nationales ou sociales, qu’on s’appelle Ingrid Betancourt, Aida Duvaltier, ou autre ? Alors, si ces valeurs sont sincèrement les nôtres, nous ne pouvons pas accepter par exemple que soit discrètement enterré le dossier des responsabilités de l’administration américaine dans l’instauration de régimes fascistes en Amérique Latine dans les années soixante dix et quatre-vingt (parmi tant d’autres dossiers bien sûr comme celui concernant par exemple la sale guerre d’Irak, plus contemporain. Mais vous comprendrez qu’on ne peut pas s’occuper efficacement de tout d’une part, et d’autre part qu’en raison des liens affectifs particuliers qui m’unissent à l’Amérique Latine, celui-là me tienne particulièrement à cœur). Et que l’on ne vienne surtout pas me dire que ces affaires sont « loin » dans le temps. Cette réponse serait aussi indécente que si l’on avait demandé  aux survivants de la déportation en France d’ignorer les responsabilités de Klaus Barbie dans celle-ci, sous prétexte que des décennies s’étaient écoulées depuis les faits incriminés. De même, que l’on ne vienne surtout  pas me dire que dans ces affaires-là, les responsabilités afférentes de l’administration américaine sont opaques ou secondaires (le simple fait que la maison blanche se soit opposé à la tombée dans le domaine public des archives de cette époque est à sa manière un aveu). Je les ai justement « ciblé » parce que les faits sont suffisamment (re)connus et avérés pour que par exemple une cour de justice internationale ( !!!) elle même ait déjà qualifié les U.S.A sous la direction de Ronald Reagan « d’état terroriste » ( !!!) et ait reconnu une responsabilité active de l’administration américaine dans nombre de massacres ultra violents (comme par exemple le minage des ports du Nicaragua qui aurait fait entre trente cinq mille et cinquante mille morts, soit au bas mot plus de dix fois le nombre des victimes du Word Trade Center !). Et pourtant, des hommes comme Henri Kissinger (dont il est reconnu qu’il est mouillé jusqu’au cou dans l’opération Condor par exemple) et Ronald Reagan sont honorés aux Etats Unis et en France comme de « grands hommes » (par exemple un animateur télé comme Michel Drucker s’est senti obligé  d’honorer en direct sur la télévision française Ronald Reagan comme un grand homme le jour de son décès), comme si la mort de centaines de milliers de personnes due à leur action en tant qu’homme politique était secondaire, comme si on ne pouvait pas toucher à Ingrid Betancourt, mais qu’on puisse liquider tranquillement des centaines de milliers de « petites gens » dans l’indifférence la plus totale, parce qu’ils ont eu le tort de n’être que de petits paysans inconnus, et d’user de leur droit de voter pour des partis politiques de vraie gauche (c’est à dire concrètement qui obligent la bourgeoisie locale au partage de la richesse nationale, ceci pour rappeler au passage à Delanoë et consort ce que sont les  critères d’une vraie gauche).
 Vous comprendrez bien qu’au vu de mes valeurs, cette « humanité à géométrie variable » me soit particulièrement  insupportable. Aussi, je demande de façon expresse à monsieur Sarkozy qui a promis lors de sa campagne de faire des droits de l’homme une valeur cardinale de son action, mais aussi à tous mes  vrais « fans », de mener des campagnes officielles pour que les hommes politiques les plus impliqués dans ces massacres, qu’ils soient sud-américains ou américains, répondent enfin de leurs actes (et de leur non actes) pendant cette période, et soient enfin sanctionnés en conséquence (un premier geste symbolique particulièrement fort pourrait consister à refuser de leur serrer la main en circonstances officielles par exemple)! En effet, les massacres commis pendant cette période sont au bas mot au moins équivalents en horreur à ce que les F.A.R.C ont fait, et même très certainement bien supérieur en terme de victimes et de violence ! Il n’y a qu’une justice, et elle doit être la même pour tout le monde. Voilà donc un combat qui démontrera de façon éclatante que nos valeurs ne sont pas feintes, et ne sauraient souffrir aucune exception. Il en va de  ma/notre crédibilité en temps que militant sincère et déterminé d’un monde pacifié. Dieu m’en est témoin. Votre dévouée Ingrid.

(un texte malheureusement imaginé par Lionel Goutelle, car je doute que Ingrid Betancourt soit capable de ce genre d’honnêteté radicale et non orientée…Mais promis, si elle entame ce genre de combat, je commencerai à croire en elle)

Par Goutelle Lionel
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Dimanche 18 mai 2008


(relatif à son passage dans l’émission   «vivement dimanche»)

…A aucun moment vous ne devrez, comme monsieur Bayrou se l’est permis sur T.F.1 (vous débordant sur votre gauche), mettre en cause le rôle des médias, et spécialement de la télévision, dans sa façon de désinformer le citoyen sur les questions sociales les plus brulântes concernant sa vie et son avenir…
Vous éviterez de remarquer par exemple que la forme que nous imposons aux émissions dites « politiques » (spécialement sous la forme faussement démocratique du « débat ») fait que ceux qui ont des choses intéressantes et importantes à dire aux citoyens susceptibles de changer leur vision des choses (type Julien Duval sur le pseudo trou de la sécurité sociale, ou Frédéric Lordon sur les conséquences désastreuses de la financiarisation de la société, etc…) sont soit ignorés au profit d’opposants mous dont l’utilité réside surtout dans la caution démocratique qu’ils apportent à un système qui ne l’est pas (type Bernard Maris), soit invités dans des conditions telles qu’on sait que leur démonstration n’a aucune chance de passer, car ils seront constamment coupés et passeront pour des clowns (ce qui fait que la plupart du temps bien sûr, ils refusent de venir, car la plupart n’acceptent pas de faire passer leur personne avant leur message)…
… Vous fermerez les yeux et vous ferez semblant de ne pas avoir de mémoire concernant l’émission « vivement Dimanche », émission improprement dénommé de « variétés », alors qu’elle a une ligne politique de droite à peine implicite pour qui a les yeux légèrement ouverts. Vous omettrez par exemple (parmi beaucoup d’autres  exemples du même genre) de faire remarquer que lorsque Michel Drucker reçoit un puissant du monde patronal type Jean Marie Messier, il est explicitement interdit de faire un humour de gauche impertinent  sur l’exploitation dont ses salariés sont l’objet, chose que s’était permise Gérard Miller, et à qui Michel Drucker avait dit (avant de s’en séparer suite à cet humour déplacé) qu’il comprendrait que Jean Marie Messier lui mette « son poing dans la gueule » Par contre vous ne moufterez pas si on fait systématiquement sur ce plateau un humour de droite très explicitement engagé  contre les fonctionnaires (qui attaque par exemple les personnels du service public de la poste dont vous faites parti, et non pas la privatisation rampante à l’origine du manque de personnels et des dysfonctionnements logiques du service qui en découlent).,. Bref, vous n’aurez pas l’intelligence de remarquer que l’humour télévisuel du plateau de « vivement Dimanche » obéit à des règles implicites très politiques (attaque des faibles plutôt que des puissants, qui sponsorisent il est vrai souvent directement ou indirectement les humoristes …ou alors humour sur les puissants seulement sous condition de le faire sur des détails sans importances de leur personne). A fortiori bien évidemment, il va de soi que vous oublierez de signaler qu’il arrive parfois à Michel Drucker de prendre ouvertement des positions politiques graves, comme lorsqu’il se livre à un « hommage au Président Ronald Reagan », principal élévateur du taux de pauvreté dans son pays, mais aussi président d’un pays qui, sous sa direction, a été condamné par une cours internationale de justice comme « état terroriste » ( !!!) pour la mort de dizaines de milliers de sud américains suite au minage notamment des ports du Nicaragua. …Il est vrai que ces morts là n’avaient pas la chance de se trouver dans le World Trade Center et ne sont donc pas dignes de figurer dans le souvenir des gens « biens ».

A ces seules conditions, nous vous permettons d’inviter des ouvriers virés d’entreprises délocalisées, des sans papiers, et de faire chanter Lavilliers sur le plateau…tout ça est connu (sauf si l’on habite Neuilly !) et ne changera pas grand chose sur le degré d’informations active des français, et d’ailleurs se glisse très bien dans notre politique de l’information réduite à l’émotion. Comprenez nous : nous ne sommes pas contre le fait de faire pleurer les français, mais contre le fait qu’ils accèdent à des instruments de compréhension active du monde social qui leur donneraient l’idée et la possibilité de changer les règles de ce monde . En ce sens, si votre passage sur Antenne deux ne change rien à cet état de fait (voir légitime un système qui abrutit en se faisant passer pour démocratique) bref si votre passage n’accroît pas activement  le capital culturel des citoyens en matière de possibilité de changement social, nous acceptons de vous recevoir. Nous y trouverons une caution démocratique de plus à bon compte, et  vous même, une porte d’entrée intéressante dans le fabuleux monde médiatique français qui, aujourd’hui façonne bien plus à leur insu le cerveau des français que l’école. D’ailleurs, nous tenons à vous signaler que des études de marché ont démontré qu’un passage dans notre émission et l’assouplissement d’une image d’opposant trop radical ferait gagner en moyenne six pour cent d’électeurs chez les ménagères de plus de cinquante ans et trois pour cent chez les moins de cinquante ans. Donc, une bonne affaire en perspective pour vous qui, par les résultats électoraux qu’elle vous donnera, justifiera à posteriori vos choix, et fera taire vos opposants .

Un texte (sans grande imagination) de Lionel Goutelle.

Par Goutelle Lionel
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Samedi 17 mai 2008



Peut-être cela vous a t’il échappé si vous n’êtes pas du « sérail », ou plutôt de l’église. Mais depuis quelque temps, d’étranges symptômes, un peu trop ressemblants et systématiques pour être dus au hasard, semblent frapper avec une précision quasiment diabolique certaines personnes.
Point commun de ces personnes ? Elles occupent toutes de très hautes positions de pouvoir dans ce monde (que ce soit dans le monde économique, politique, médiatique ou autre…) et elles affichent ostentatoirement une croyance et des pratiques catholiques. Bref, elles  croient en Dieu, et n’hésitent pas, bravant les indécents laïcs qui voudraient faire taire leur amour de Dieu, à le proclamer haut et fort à la face du monde, quels que soient les risques qu’elles prennent (en le disant dans Paris Match par exemple).
 L’affaire a été dévoilée par un prêtre officiant dans un quartier dit sélect de Paris. « au début, je n’y avais pas prêté une attention particulière. Ca a commencé par X, client habituel de ma paroisse, et directeur d’une grande banque mêlée de près au scandale des subprimes. La plupart du temps, il était toujours serein et calme, cherchant à passer inaperçu et saluant tout le monde d’un petit signe discret sans ostentation (et cela spécialement les jours où il y avait la télévision, car il détestait se faire remarquer). Et voilà que ce jour-là je le vois arriver affolé, le visage excessivement  rouge, comme si le sang de son visage avait anormalement circulé. Et surtout c’était l’expression de ses yeux qui était inquiétante. Il n’arrêtait pas de guetter à droite et à gauche comme s’il avait peur d’apercevoir quelqu’un de spécial dans l’église, quelqu’un qu’il souhaitait  à tout prix éviter, et qui avait de fortes chances de se trouver là. Et puis je ne l’ai plus revu. Envolé ! J’ai attribué ça à des problèmes passagers. Mais le problème, c’est que ce n’était que le début d’une longue série. Ensuite, les mêmes symptômes ont frappé Y, chargé du dossier des retraites au gouvernement, puis Z, grand patron devant l’éternel et créateur compulsif de richesses (enfin surtout de la sienne, il faut bien le reconnaître). Puis sont venus les tours de Untel, grand journaliste éditorialiste de notre pays, plaideur inlassable pour l’interdiction des grêves, puis Untel, haut fonctionnaire de l’O.M.C travaillant à libérer les marchés du droit des salariés. Bref, cet étrange état semblait suivre une logique particulière. Il frappait toujours des hommes chrétiens, systématiquement puissants et riches ». C’est sans doutes grâce à ce témoignage de prêtre qu’on a alors regardé d’un autre œil le témoignage de ce haut fonctionnaire du F.M.I qui fréquentait cette même église, et que dans un premier temps on avait attribué à une forme de folie (dûe à ce que la nouvelle école des psychologues libéraux appelle « le syndrôme de la culpabilité de l’homme qui réussit au milieu des pauvres ») .
 Il prétendait en effet avoir eu une rencontre assez houleuse avec Dieu. « Je rentrais tranquillement chez moi lorsque Dieu, qui s’était vicieusement posté derrière ma porte, referma brutalement celle-ci et me poussa illico presto sur mon divan. Il tenait Le Monde Diplomatique de mai 2008 à la main et me fixant droit dans les yeux, il me dit, en  citant l’éditorial de Serges Halimi (sur un ton excédé, et en retrouvant le langage des rues qu’il avait tant fréquenté dans sa jeunesse): « tu te fous de ma gueule ou quoi ? Tu prétends être chrétien et m’honorer ? Et j’apprends que toi et tes amis libéraux vous refusez de donner l’équivalent de 13% des revenus 2007 de monsieur John Paulson, directeur d’un fond spéculatif  (qui s’est enrichi en anticipant sur la faillite des ménages américains pauvres !), pour permettre à la moitié de l’humanité de  pouvoir se payer une morceau de pain par jour pendant un an? Mais tu te moques de moi  ou quoi ? » Et de me gifler vertement. » Et il a continué ainsi l’énumération de ce qu’il appelait « les statistiques de l’indécence » (l’argent de poche de Sarkozy portée à des milliers d’euros quand il augmente les franchises, les profits vertigineux des actionnaires d’entreprises qui payent leurs salarié une misère, ect…). Et chaque fois que je ne pouvais pas démentir ses chiffres (et je ne le pouvais jamais vu que ces statistiques étaient de notoriété publique) il me demandait « et tu crois que c’est compatible avec une pratique chrétienne ça ? », tout en appuyant chaque fois sa question-réponse d’une gifle bien appuyée. Enfin à la fin il m’a dit. « Tu fais parti des puissants de ce monde. C’est vous qui en faite ce qu’il est.Vous êtes responsable de son état. Même dans le climat de votre planète maintenant, il y a plus le résultat de vos actes et de vos non actes que de ma main. Alors si tu prétends honorer mes valeurs, tu ne peux pas être et faire ce que tu fais. Tu as deux solutions : ou tu fais repentance en reconnaissant que le capitalisme et le monde des affaires est incompatible avec des valeurs chrétiennes, qui présupposent un minimum incompressible de socialisme dans l’économie ( commentaire de la rédaction : !!!) Ou tu cesses d’invoquer mon nom. Not in my name, ok ?  Et fait attention, parce que je repasserai». Et de partir en claquant la porte….. ».
 On comprend bien que s’il est avéré que  Dieu descend sur terre pour vérifier l’adéquation des paroles et des actes de ceux qui prétendent être ses enfants, un certain vent de panique les ait saisi au vu de l’écart, trop souvent constatable, entre leurs paroles et leurs actes. Mais le pire semble à venir. Après sa tournée des puissants, Dieu aurait juré de s’attaquer à « l’indifférence active » des « faux neutres », en particulier des classes moyennes occidentales qui font semblant de subir ce monde que d’après lui « elles construisent activement par leur passivité ». Alors, si vous voyez passez Dieu dans votre quartier un peu énervé avec le Monde Diplo à la main, ne soyez pas étonné…Il vient pour nous/vous sauver.


Par Goutelle Lionel
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Dimanche 4 mai 2008


On croyait tout savoir sur « l’affaire Bérégovoy ». Et il faut bien dire que l’interprétation intéressée dont la « commémoration » de sa mort par les journalistes a fait l’objet ces derniers temps n’est pas faite pour nous éclairer : Une banale affaire de prêt injuste et sans intérêt (c’est le cas de le dire !) par un grand patron ami de Mitterrand et de Bérégovoy. Il est certain que cette affaire et le battage médiatique dont elle a fait l’objet n’ont pas peu contribué à la démoralisation et à la dépression de Pierre Bérégovoy, ancien ouvrier qui n’a plus grand chose à voir avec les ouvriers de son temps, il faut bien le dire. Mais la vraie raison qui fait que, selon une expression mainte fois entendue « il n’arrivait plus à se regarder dans la glace »  n'est peut être pas seulement là.
Tout remonte en vérité à ces meetings politiques à répétition que Bérégovoy avait l’obligation de faire en période pré-élecotrale et où il se faisait systématiquement huer. Bérégovoy a en face de lui une multitude d’ouvriers qui viennent de se faire virer (ou qui vont se faire virer et qui le savent !) et qui expriment d’une façon très virulente  leur violence et leur ressentiment légitime envers les socialistes. C’est à dire ceux-là même qui leur ont demandé de voter pour eux,  en échange de la promesse de les défendre et de respecter les valeurs qu’ils affichent officiellement, c’est à dire la défense des pauvres contre les riches. Or Bérégovoy a beau arguer lors de ces meetings à répétition  ou il se fait huer systématiquement qu’il ne comprend pas la raison de cette vindicte systématique de ceux qui devraient être ses amis naturels, il sait au fond de lui même qu’il a été un des architectes principaux de ce qu’on a osé appeler la « libéralisation des capitaux et des marchés » ( !!!). Une expression qui par elle même en dit long sur l’inhumanité des schémas de pensées désormais assumés par les socialistes eux même depuis qu’ils sont au gouvernement. Comme si la priorité de cette époque n’était plus de libérer les hommes de revenus insuffisants ou de conditions de travail inhumaines ( !), mais en sens inverse ( !) de libérer « l’économie » et les patrons des exigences de comportements trop humains envers les travailleurs ( !!!). Mais il est vrai que les grands patrons peuvent vous faire des prêts à taux zéro intéressant, et pas les ouvriers…
Or donc le problème de Béregovoy est qu’il a beau essayé de faire croire, et surtout de se faire croire à lui même, que la colère de ces « couches populaires » est anormale, il sait bien au fond de lui même qu’il n’a devant lui que les premières conséquences logiques de la libéralisation des marchés financiers (qui vont allé en s’accentuant jusqu’à aujourd’hui avec la crise chronique des marchés financiers tous les quatres ans, et les catastrophes économiques qui en découlent) à laquelle il a donné l’impulsion initiale décisive lorsqu’il était au ministère de l’économie (lire à ce propos l’ouvrage de Frédéric Lordon « fonds de pensions, pièges à cons ? », ou il parle  de la décision politique de ces trentes dernières années sans doute   la plus lourde de conséquences humaines négatives pour la société française, bien que prise sur le moment en toute inconscience, même si elle était d’évidence contraire à des valeurs socialistes qui auraient dû interdire à un gouvernement socialiste de la prendre). Bref, pour le dire autrement, l’affaire du prêt à taux zéro n’aurait jamais eu de telles conséquences morales si Bérégovoy avait pu se tourner vers son bilan social pour relativiser celle ci et se remonter le moral. Or, lorsqu’il se retournait vers le programme des « réformes socialistes » auxquelles il avait participé de prêt et très activement, le bilan était pire, et il ne voyait que trop bien combien les socialistes s’étaient reniés et étaient responsables en premières personnes du malheur présent et futur (monté de la pauvreté et creusement des inégalités sociales) des français de « petite condition sociale » dont il était pourtant issu !
Ce qui a tué Bérégovoy c’est peut être en partie bien sûr cette histoire de prêt à taux zéro pas très reluisante pour un «socialiste d’origine populaire », mais c’est surtout et bien plus  l’absence de respect des socialistes pour leurs propres valeurs et leurs électeurs, et leur participation active à la « libéralisation des marchés », véritable petit crime social qui n’a pas encore dit son nom (et à qui il faudra bien un jour donner une traduction juridique concrète en temps qu’ancien électeur du P.S abandonné par le parti socialiste au profit des classes « moyennes supérieures » à la Emmanuel Valls.)

(Le 4/05/08 Un texte sans grande imagination de Lionel Goutelle)





Par Goutelle Lionel - Publié dans : politique
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Jeudi 1 mai 2008

1)    BAC plus cinq : « vous n’auriez pas cinquante centimes ?»

Aujourd’hui,  je reviens du défilé du premier mai au centre ville de Marseille. Je marche sur le boulevard Baille lorsque je croise une jeune  (autour de vingt cinq ans je pense) et jolie fille sur rollers. Allure sportive, beaux  yeux et beaux cheveux, vêtements plutôt modernes, rollers qui ont l’air de qualité…Bref, en apparence à mille lieux des S.D.F classiques qui peuplent le boulevard Baille (peau et cheveux abîmés, vêtements vieux et usagés, attitude parfois titubante, …), ou même tout simplement des personnes dont on peut imaginer qu’elles peuvent avoir des problèmes « sociaux » comme on dit (si mal !).
A ma grande surprise elle m’aborde en me lançant « je m’excuse de vous déranger, vous n’auriez pas cinquante centimes pour me dépanner ? ». Plutôt surpris qu’une telle personne fasse la manche,  je prends l’initiative de la « cuisiner » en douceur, en essayant de ne pas la blesser bien sûr, car d’instinct je comprends qu’elle joue ce rôle contrainte et forcée, « dos au mur » (jamais elle n’aurait pris l’initiative de m’aborder dans des circonstances normales, et je pense que doit se poser pour elle la question stratégique de la sélection des gens qu’elle peut se permettre d’aborder sans trop de dégâts ,voire de dégoût pour elle-même). Je lui réponds alors, en essayant de lui faire comprendre par mon attitude (s’en aperçoit-elle ?) qu’elle ne doit pas avoir honte devant moi et que je/nous  pourrai/ions (ce n’est peut être qu’une question de temps)  être à sa place :  « vous êtes à ce point là au bout du rouleau ? vous êtes endettés jusqu’au cou, c’est ça ? ». Elle se sent alors « obligée » de me raconter un tant soi peu son histoire. Elle le fait, mais au bord des larmes (est-ce parce que elle raconte une histoire douloureuse ? Ou parce que elle se sent dans l‘obligation temporaire de sympathiser avec un relatif « vieux » monsieur pour qui, dans des circonstances normales, elle n’aurait eu aucune sympathie spontanée ? Peut être un mélange des deux) Pourtant son histoire, bien que douloureuse, si elle m’a bien dit/s’est bien dit à elle même  toute la vérité ( ?), n’est objectivement pas des plus désespérée (mais nous raisonnons rarement en terme « objectifs » dans nos vies, mais plutôt par rapport à l’image que notre éducation et notre vie nous ont donné de la position qui doit être normalement la nôtre dans la société. Et je fais l’hypothèse spontanée que cette fille, d’évidence, n’aurait jamais imaginé vivre un tel moment de violence sociale, d’où son malaise). Elle me raconte qu’elle a travaillé pour un patron qui avait monté une boîte pour concurrencer une autre boîte très connue en situation de quasi monopole sur son créneau, et qu’ayant triché (il ne l’a pas déclaré légalement et elle n’a aucune preuve matérielle de son travail si mon souvenir est bon) et ayant mal gérer son affaire, il ne l’a pas payé et est cyniquement parti. Certes, les prud’hommes lui ont donné raison et elle doit percevoir bientôt de l’argent (une somme suffisante pour vivre sans faire la manche ?). Mais en attendant, qu’elle le veuille ou non,  et  même si comme elle le dit elle même  elle a bac plus cinq (« j’ai bac plus cinq quand même !»), elle doit « avaler sa fierté » pour faire  la manche.
 En fait dans cette courte rencontre et cette courte discussion, je suis partagé entre des perceptions, des « affects » très différents, voire opposés. Par exemple à certains moments je me dis « si cette fille te parle, c’est parce que tu lui as inspiré confiance et compréhension contrairement à d’autres, et si elle semble être à deux doigt de pleurer, c’est parce qu’elle libère une émotion et ça lui fait du bien ». A d’autre moments, je me dis exactement le contraire « cette fille pleure parce qu’elle se sent obligé de faire quelque chose qu’elle n’a pas du tout envie de faire avec toi : raconter son intimité, et c’est un moment qui lui fait mal… ». A vrai dire, je n’en saurai pas plus. Je lui donne ma monnaie (quatre vingt centimes) et nous retournons chacun vers  nos vies. Peut être nous recroiserons nous….(Marseille, le 1/04/08)

Par Goutelle Lionel
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