On apprend dans l'émission "envoyés spécial" du 29/05/11 consacré à Strauss Kahn et ses "différents visages" (qu'il semblerait que certaines femmes aient eu à connaître de très prêt malgré elles)  que celui ci "subjuguait"  ses compagnons de réunion (particulièrement monsieur Moscovici), tant au F.M.I qu'au P.S, car "il était capable simultanément de se concentrer sur une partie d'échecs avec un ami tout en suivant de très prêt les débats d'idées, et en étant capable de conclure ceux-ci  par une synthèse particulièrement impressionnante  et brillante".
En fait, d'après un observateur proche de celui-ci (mais tenant à rester anonyme pour des raisons de carrière possible au P.S) L'intelligence de Strauss Khann n'est pas exactement là. Strauss Khann lui aurait glissé " toutes ces réunions ne servent à rien depuis 25 ans. Que ce soit au P.S, avec beaucoup de dénégations, ou au F.M.I un peu plus ouvertement, tous les pensées de ces gens peuvent être générés à partir d'un logiciel libéral particulièrement pauvre et répétitif intellectuellement parlant. Sa principale, sinon son unique grille de lecture est "de gré ou de force, il faut laisser les marchés libres". Et il aurait ironiquement ajouter "je te prends le pari que je peux me consacrer totalement à une partie d'échecs pendant qu'ils parlent, et prendre la parole en fin de réunion pour dire une banalité du genre  "si je comprends bien en résumé, nous n'avons pas le choix, la liberté des marchés ne doit pas être entravée" pour tomber pile dans la discussion et passer pour particulièrement attentif et pertinent".

On pourra dire ce qu'on veut, mais le P.S et le F.M.I auront  bien contribué à ajouter une corde de plus à l'arc déjà particulièrement bien bandé de Dominique Strauss khan; l'art de mettre en échec et mat.  Mais qui au fait?

 

 

Nous, jeunes (et enthousiastes, est-il besoin de le dire?) militants du (nouveau) Parti Socialiste français (ayant enfin eu le courage de reconnaître dans ses statuts que la loi des marchés était désormais incontournable dans une économie moderne) sommes particulièrement choqués par la manière inhumaine et brutale avec laquelle on traite un homme aussi compétant et sympathique que monsieur Strauss Khan (ce n'est pas pour rien qu'on avait mis un tel homme à la tête du F.M.I, une des institutions parmi les plus puissantes et les plus efficaces pour moderniser ce vieux monde. Y compris comme on le voit bien dans le cas grec, en n'hésitant pas à bousculer les mauvaises habitudes d'un peuple réclamant maladivement justice sociale à tout bout de champ. Et cela, à la manière d' un vieux socialiste qui aurait mal vieilli, et refuserait maladivement d'entrer dans le nouveau monde d'après Fukushima ).

S'il s'avérait (comme c'est fort probable au vu des casseroles qui sortent tous les jours dans la presse) que monsieur Strauss Khan, resté comme nous trop jeune dans son corps et son esprit, n'aurait pas su réprimer des pulsions sexuelles envahissantes (à son âge pourtant signe d'excellente santé physique, on ne l'a pas assez dit), nous ne saurions que trop vivement conseiller à ses avocats de changer leur fusil d'épaules pour adopter une autre ligne de défense, beaucoup plus réaliste, beaucoup plus crédible et logique. Et donc beaucoup plus convaincante à priori que celle d'une improbable vertu morale, apparemment difficilement trouvable chez notre ami Dominique .
Par contre bien plus judicieuse serait d'après nous la reformulation de sa défense de la manière suivante: N'était-il pas inéluctable qu'un tel homme publique, obligé (pour rester dans le vent) de passer mentalement du vieux Parti Socialiste (héritier de Jaures et fidèle défenseur de la cause ouvrière) à celui de Mitterand et Bérégovoy (glorifiant les gagnants et introduisant la liberté des marchés financiers en France, et celà sous les félicitations du Wall Street Journal et de la droite française), et à fortiori nommé (avec les encouragements vicieux de Sarkzoy, qui en bon stratège, savait très bien dans quelle engrenage psychologique il mettait son concurrent potentiel) à la tête d'une des pires institutions capitalistes de ce monde, n'était-il pas inéluctable donc qu'un tel homme perde la tête? Et qu'avec une telle trajectoire politique (à savoir un tête à queue idéologique à 180°) et occupant une telle position sociale (directeur du F.M.I, c'est à dire une institution qui passe son temps à professer que les services publics qui aident les pauvres sont la cause des problèmes de ce monde, et qu'il faut les privatiser), il finisse par confonde abandon théorique (comme n'a pas hésiter à le proclamer le think thanks socialiste terra nova qui appelle carrément le P.S à se détourner des classes populaires pour mieux conquérir les classes moyennes et supérieures) et violence sur le papier (comme il la pratique quotidiennement au F.M.I) envers les classes populaires du monde entier, avec violence concrète et active sur une femme de chambre dans un hotel new yorkais ?

Qui peut soutenir sérieusement, qu'obligé toute sa vie pour rester moderne et dans le vent (deux qualités obligées comme on le sait dans le monde politique d'aujourd'hui) de passer son temps à travailler à glorifier les dominants et les gagnants de ce monde (qui sont souvent des hommes) et inversement à vilipender les dominés et les pauvres de ce monde (qui sont souvent des femmes), il ne finirait pas, par déformation professionnelle non forcément voulue, par croire que les dominés de ce monde (les femmes et les pauvres, et à fortiori s'ils possèdent ces deux qualités ensemble, comme peut les posséder une femmes de ménage d'un hotel) sont naturellement destinés à être violentés par les élites? Au fond, Strauss Khann n'a t'il pas fait que prendre au mot la violence perfide et implicite qu'il était chargé de distiller à la fois comme Apparatchik rénové du P.S et comme directeur du FMI? N'importe qui, soumis à un tel « azimutage » aussi improbable socialement parlant, aurait de fortes chances de « pêter les plombs » et de ne voir aucune raison de réprimer ses pulsions s'il faisait parti des élites.

Voilà la seule ligne de défense susceptible de troubler les jurés d'après nous. Car pour le reste, nous craignons fort que la carotte de Strauss Kahn soit déjà bien cuite...Dieu sauve le P.S. (lionel goutelle, le 19/05/11)

Ci dessous le lien d'une vidéo (une intervention de Frédéric Lordon de 15 minutes lors d'une conférence des "économistes attérés") expliquant les faiblesses des projets de régulation de la finance (tellement grosses et évidentes qu'on peut les soupçonner d'être là uniquement pour faire croire au bon peuple qu'on essait de faire quelque chose devant les soi-disantes "imprévisibles" crises financières). C'est technique, mais ça vaut le coup de s'accrocher. D'autre part on ne peut que conseiller la fin de l'intervention à tous ceux qui se plaignent des "prises d'otages" des usagers par les grévistes. Ils deviennent risibles. Mais bon, si ils font mea culpa, on les pardonnera s'ils nous rejoignent pour renverser ce monde intenable avant qu'il ne nous tombe sur la tête: Au stade où en sont les choses aujourd'hui, il ne faut plus dire "un autre monde est possible", mais "pour survivre, un autre monde est obligatoire" (si le lien ne marche pas, le copier et le coller dans la barre d'adresse du moteur de recherche)

 

http://www.dailymotion.com/video/xfa8ah_economistes-atterres-frederic-lordo_news#from=embed

ci-dessous l'article (à pleurer à vrai dire) d'un journaliste de Libé sur un blog de Libé (je pense qu'il ne m'en voudra pas de l'avoir publier) concernant "l'accueil" des étrangers à Marseille qui ne demandent qu'à déposer un dossier pour savoir s'ils sont en droit ou non de recevoir un titre de séjour dans la patrie qui inventa, ne riez pas, les "droits de l'homme". On remarquera les progrès indéniables de notre "système démocratique" depuis quelques années: Avant, on maltraitait les étrangers après avoir pris connaissance de leur situation régulière ou pas au vu de notre droit. Maintenant on les maltraite  avant qu'ils arrivent à la faire connaître. C'est ce qu'on appelle sans doute "l'efficacité" et "la culture du résultat" du côté de monsieur Hortefeux et consort. On a beau dire ce qu'on veut, ce genre d'ambiance psychologique très malsaine est un pas décisif  vers un racisme officiel qui n'a simplement pas le courage de dire ouvertement l'arme qu'il utilise et l'effet qu'il escompte chez tout "étranger" (un mot déjà fortement orienté): la peur.

 

 

A Marseille, les étrangers à bout

ADMINISTRATION (papier publié ce lundi dans Libération) - La nuit tombe sur Marseille, les portes du bâtiment sont fermées. Une pancarte indique «Service de l’immigration et de l’intégration». En dessous, ce jeudi, une trentaine d’hommes assis sur les marches d’un escalier. Ils sont étrangers, ont besoin de déposer un dossier de demande de titre de séjour. Mais la préfecture des Bouches-du-Rhône refuse d’en prendre plus de 10 le matin. Alors, pour être les premiers, ils vont dormir sur place. L’un d’eux est là depuis trois jours, un autre quatre, un troisième cinq. Vannina Vincensini, avocate spécialisée dans le droit des étrangers, raconte qu’un de ses clients a dormi là à partir du dimanche soir pour déposer son dossier le jeudi...

Filtre. Officiellement, la préfecture n’a pas assez d’employés. Alors le matin, lorsqu’elle ouvre les portes, elle rationne les tickets qui permettent de prendre place dans une file d’attente. Pour les étrangers qui demandent une régularisation au titre de la vie privée ou familiale (ceux qui sont entrés depuis longtemps sans titre), elle n’en donne que 10. Ensuite c’est fini, les autres doivent repartir. Une sorte de filtre qui limite ce que légalement on n’a pas le droit d’interdire : la possibilité non pas d’avoir un titre, seulement d’en faire la demande.

Malek, Tunisien de 25 ans, a déjà passé deux nuits ici. Il est encore de bonne humeur. Il fait assez chaud ce soir. Il explique qu’il faut se faire remplacer quelques minutes si on veut aller boire un café, se rafraîchir dans les toilettes d’un bar. Il vient d’Arles déposer son dossier. Selon Anaïs Léonard, autre avocate spécialisée dans le droit des étrangers, la situation est surtout compliquée pour les plus faibles. Ceux qui ne peuvent jouer des épaules au matin. Celles qui ont peur de passer une nuit avec ces hommes qu’elles ne connaissent pas. Le client d’une de ses collègues ne veut plus venir : transsexuel, il s’est fait casser la gueule deux fois. La troupe essaie de s’organiser. Il y a quelques jours, elle avait mis en place une liste pour aller et venir dans la journée sans perdre sa place. Cela n’a pas fonctionné. Au matin, des nouveaux passaient devant, cela se terminait en bagarres. Alors tout à l’heure, ils se presseront bien avant l’ouverture contre la porte. Pour l’instant, ils dorment en pointillé.

A 4 heures, la foule a grossi. Des demandeurs pensaient qu’il suffisait d’arriver dans la nuit. Ils regardent, découragés. Presque tout le monde est réveillé, les yeux partent dans le vague. Il fait froid. Les hommes se serrent les uns contre les autres. Il y a de la fatigue, de l’exaspération. Quelqu’un ronfle très fort. Un homme finit par quitter les escaliers pour le secouer doucement. Lorsqu’il revient, il a du mal à reprendre sa place. La tension monte. Quelqu’un dort debout, le coude appuyé à un mur. Vers 7 heures, la foule est compacte. Les 30 premiers, qui étaient là hier soir, sont comprimés contre la grille. Il faut tenir avant de pouvoir courir vers les guichets. Vers 8 heures, des policiers arrivent. Des renforts, que l’on envoie chaque matin réguler l’ouverture. L’un d’entre eux, agressif, donne un coup de pied dans un sac. «C’est à qui ça ? Ça part à la poubelle.» Il crie après les hommes qui s’agglutinent en haut des marches. «Tout le monde descend des escaliers, sinon on n’ouvre pas. Vous m’entendez ? On descend !» Un vieil Algérien regarde, appuyé sur une canne : «On est des chiens, alors ?» Un policier plus âgé, plus calme, essaie de convaincre les hommes de reculer : «Faites-le tous ensemble, personne ne perdra sa place.» Il glisse au journaliste : «Faites un article, racontez, ce n’est pas possible !» Ses collègues semblent exaspérés d’avoir à faire le sale boulot.

«Effectifs». A 8 h 20, les portes s’ouvrent enfin, les hommes se ruent. Mais, en quelques minutes, les 10 tickets se sont arrachés. Malek s’est fait passer devant. Comme quelqu’un qui grimperait chaque matin au mas de cocagne, et dévisserait toujours au dernier moment. La fatigue de la nuit lui retombe dessus. Il reste au milieu de la salle, perdu.

Près de lui, une femme observe ces hommes désemparés. L’adjointe du chef de service. Malek s’adresse à elle. «Il faut trouver une solution, madame. Je ne veux plus coucher dehors.» Elle répond gentiment, semble navrée. «Quand vous êtes parmi les premiers, dit-elle, jouez des coudes, ne vous laissez pas passer devant. Moi, je fais le maximum avec les effectifs que j’ai.» Il essaie d’insister, de lui laisser son dossier. Elle regarde, mais refuse de le prendre. Malek est entré illégalement voilà cinq ans. «Cinq ans, ce n’est pas beaucoup, murmure-t-elle. Il faut au moins dix ans. Ce que je vous conseille, c’est de rentrer dans votre pays et de faire les formalités auprès du consulat pour revenir légalement.» Il réplique : «Ce que je veux, c’est déposer mon dossier. Si après vous me donnez un titre, tant mieux. Si vous refusez, tant pis pour moi. Mais j’ai le droit de le déposer, c’est la loi.» Elle soupire: «Je vous comprends, mais c’est comme ça. Vous êtes trop nombreux.» Et finit par rejoindre son bureau. Malek ressort, s’arrête sur le trottoir jonché de cartons. Il devait revenir faire la queue cette nuit.

Olivier BERTRAND

 

(article récupéré lundi 1 avril 2011)

 

 


un détournement (à peine satirique) du personnage de Sarkozy à partir de la chanson d'Hugues Aufrey "l'épervier".

 



Tu vas être surprise, mais je te quitte. Et je quitte tout d'ailleurs: mes études, ma course à la "réussite". Je viens d'écouter Frédéric Lordon (voir le lien ci joint :  http://www.dailymotion.com/video/xew2zt_frederic-lordon-economie-mondiale_news) et j'ai compris que tu n'as rien compris à ce monde et que tu te fais des illusions mortelles, et que, à la fois par ton manque de révolte et tes attitudes obéissantes, tu m'amènerai tout droit à la mort consentante si je continuais à suivre ton « éducation ». La concurrence généralisée dans laquelle tu veux que j'entre pour soi-disant « réussir ma vie », c'est au mieux tuer les autres pour être heureux, au pire être tuée soi-même. Je ne veux ni de l'un ni de l'autre. Je t'embrasserai tendrement quand tu quitteras toi aussi cette course à la folie auto-destructive qui ne peut logiquement qu'empirer si rien ne change dans les structures économiques et politiques de ce monde. Ce monde ne tient pas debout, et tu es suffisamment intelligente (et sensible?) pour le savoir au fond de toi. Il nous faut ou le changer, ou mourir en victime consentante à sa perte. Ta fille, bien plus mature que toi malheureusement (car nous n'en serions pas là si tu avais ouvert les yeux en temps voulu)...

Ta fille. 


le blues du gréviste
par Goutelle Lionel

 

 

d'après "le loup et les bergers" de La Fontaine....

 

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quel que soit sa suite, 2010 a déjà été un merveilleux mouvement pour démontrer s'il en était besoin que nous ne sommes pas encore soumis au nouvel "ordre (qu'il vaudrait mieux appeler désordre) libéral". Mais, maintenant qu'on sait que, ce qu'il faut bien appeler "la lutte des classes" continue et continuera demain si nous ne l'interrompons pas et surtout si nous ne renversons pas son cours en faveur des salariés, il faut préparer l'avenir. Sachant la tendance historique du P.S a trahir la vraie gauche, il faut lui faire savoir déjà qu'on se prépare à l'obliger à respecter ses valeurs et ce qui devrait être la priorité d'un programme de gauche: le partage des richesses. Sinon, il faut qu'il sache qu'on va lui mettre un feu à côté duquel 2010 aura été une douce plaisanterie....

2012 (sur l'air de santiano) 

 

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                  segolene-royal-au-zenith.1228102653.jpg

 

                                 DU - PLI - CI - TÉ  !!!

 

 

S’il est compréhensible que le P.S ait pour ennemi déclaré Sarkozy et sa clique inquiet à l’idée de perdre le pouvoir, il est pour le moins surprenant, et surtout profondément injuste, que le P.S trouve sur sa gauche des critiques tout aussi virulents, et peut être tout aussi (sinon plus)  dangereux que ses « opposants de droite » (ou plutôt d’ultra-droite  : car aujourd’hui il est très difficile de paraître être à la droite du P.S si on ne « radicalise » pas les couleurs de son programme d’une manière ou d’une autre). Il est donc nécessaire une bonne fois pour toutes d’attaquer de face et de démolir  cette critique osant se  prétendre de « gauche », incapable de se moderniser et d’évoluer avec son temps, et se livrant à de faux procès en « honnêteté » comme nous le démontrons ci-dessous (en gros la fondation Copernic, des gens comme Serges Halimi, Frédéric Lordon, etc…). Et cela afin de mieux faire comprendre aux français qui votent que nous sommes le seul ennemi crédible en face de Sarkozy et consort. 

 

Quel est le principal argument de cette « gauche » (et qui mérite bien ce nom au vu de sa maladresse) ? En résumé, pratiquant une apparente « radicalité » dans l’honnêteté (avec cette brutalité typique qui trahit  à leur insu les extrémistes), ils mettent en rapport, malhonnêtement  et sans mansuétude historique,  nos discours et nos actes, spécialement lorsque nous sommes passés au gouvernement. Alors certes, si l’on juge le P.S avec cette vieille grille, pourtant si manifestement dépassée de la justice et de la confiance (il suffit de regarder un tant soi peu l’avant garde de la culture populaire du Vingt et unième siècle commençant, comme les votes du public -qui seront aussi une partie de nos électeurs ne l’oublions pas- dans une émission de télé réalité, pour s’apercevoir du coup de vieux qu’elle a pris), la partie est d’avance perdue . Le bilan final sec et froid, « objectif » et établi après coup, de l’installation du « libéralisme » en France n’est pas l’œuvre de la droite, mais bien principalement de nous les socialistes français (comme l’avait reconnu en son temps le Wall street journal saluant le bond en avant comme jamais des idées libérales en France sous Jospin, ou encore Juppé déclarant quelque part que « si la gauche n’avait pas fait ce travail, nous n’aurions jamais pu le faire nous même »). Nous n’avons pas peur de le dire : les principaux architectes du libéralisme en France sont bien Bérégovoy qui a initié la « liberté » des marchés (à défaut de celle des exploités), Jacques Delors qui a tant œuvré pour « l’Europe » et « le principe non faussé de la conccurence », Jospin qui a signé à Barcelone les traités initialisant la privatisation des services publics, etc, etc…. Et nous n’aurons donc pas la bêtise de nier ce genre d’évidences, par trop aveuglantes.

 Par contre ou cette pseudo « gauche » se trompe lourdement et fait preuve d’une injustice flagrante dans le jugement qu’elle porte sur nous, c’est sur la manière fondamentalement différente d’arriver à ce résultat, une manière qui change tout à vrai dire. Car comme le disait déjà Bourdieu en son temps, ce qui compte, ce n’est pas l’opus operatum (le résultat final), mais le modus operandi (la manière d’y arriver). Or, il y a une différence radicale dans la façon d’installer le libéralisme dans la tête des français selon que c’est Sarkozy ou nous qui le faisons.  Quand Sarkozy le fait, il le fait sans étapes progressives , violement et en ligne droite si l’on ose dire (comme lorsqu’il se pavane sur un yacht en déclarant « les caisses sont vides »). Il n’a aucun respect et ne prends aucun soin pour la psychologie du pauvre qu’il écrase cyniquement et à visage découvert. Au contraire, quand les socialistes installent le libéralisme, ils le font tout à fait différemment. Ils le font progressivement et en douceur, par petites touches insensibles (et pourtant irréversibles logiquement : comme lorsque Fabius initie la baisse des impôts, programmant à long terme le déficit désormais vu comme « structurel » du budget de l’état, ou invente l’épargne salariale, premier pas de l’introduction des fonds de pension qui ne dit pas son nom, commençant à tuer  à petit feu le système par répartition). Bref,par toutes sortes de manières de faire fondamentalement différentes, ils accompagnent et ils prennent soin ( «to care », prendre soin en anglais) de leurs « victimes », qui du coup, ont le temps de s’accoutumer, de s’installer en douceur dans leur nouveau statut de « pauvre ». La différence est radicale pour « la victime » (le mot est d’ailleurs tout à fait impropre, et il faudrait inventer un mot nouveau pour désigner ces victimes amenées en douceur  : « victimes  respectées» peu être). On s’est beaucoup moqué par exemple de Ségolène Royale qui, lorsqu’elle faisait campagne contre Sarkozy avait promis dans un premier temps un salaire minimum de mille cinq cents euros, puis dans un second temps avait argué qu’elle parlait en « brut », puis dans un troisième temps  que cette proposition était irréalisable et qu’une fois au pouvoir, elle ne l’aurait pas prise. Comment ne pas voir l’humanité évidente de la démarche pourtant? A la différence d’un Sarkozy qui  déclare d’entrée de jeu « c’est impossible » (en oubliant vicieusement d’ajouter « si on ne redistribue pas les richesses ») et impose un choc psychologique démentiel et inhumain aux pauvres, au contraire notre Ségolène (habitée  par la fraternité comme chacun le sait), à travers les différents « paliers de décompression » » qu’elle met en place pour sa « victime » désormais respectée, soigne littéralement celle-ci, et lui laisse le temps psychologique de s’accoutumer en douceur à son nouveau statut de pauvre. De même dans l’affaire des retraites. Comment ne pas voir qu’il y a, de la part des socialistes, un souci évident de ne pas brusquer leurs « victimes » et de ne pas leur faire mal  qu’on ne trouve pas chez Sarkzoy ? En effet, au lieu de dire brutalement aux français « vous devrez travailler obligatoirement jusqu’à 62 ans pour prétendre toucher votre retraite », les socialistes, avec un savoir faire psychologique évident, anticipent le choc qu’une telle annonce maladroitement trop franche (si on ne touche pas à la redistribution des richesses, ne l’oublions pas) peut produire, prennent bien soin de dire « on pourra partir à 60 ans avec nous ». Bien sûr, sur le fond, ce sera grosso modo de fait  la même chose. Vu que les socialistes, au mépris de  leur nom,  ne toucheront pas en profondeur à la répartition des richesses entre actionnaires et salariés, et vu qu’ils ne reviendront ni  sur le nombre d’annuités nécessaires, ni sur le montant des retraites (ni surtout sur le mode de financement, programmé pour être mortel, de celles-ci). Et que donc de fait, beaucoup de français  seront logiquement condamnés  à travailler jusqu’à soixante cinq ans et plus s’ils veulent vivre décemment. Mais, et c’est une différence radicale quand même ( !!!), nous prenons bien soin de laisser une illusion apparente dans laquelle la victime, qui peut du coup se sentir psychologiquement respectée, peut se réfugier. C’est quand même là une différence radicale et qui nous différencie nettement de la droite « décomplexée » de Sarkozy. Et le regard sur les pauvres, y compris d’eux même sur eux même, change radicalement : les pauvres sont désormais respectables, et ça change tout messieurs et mesdames du Monde Diplomatique et consort !!! Il fallait enfin le dire et oser le proclamer.et même, à pleins poumons. Désormais qu'on le sache: les socialistes diront ce qu'ils font, et ils feront ce qu'ils disent! En route pour des lendemains qui, enfin, pourront chanter de nouveau...

Lionel Goutelle, le 10/09/10





 



Monsieur


      Lors de vos différentes interventions publiques concernant la « gestion » de la « crise » que vous vous apprêtez à mettre en oeuvre, vous ne cessez d'invoquer, pour justifier les « mesures » folles pour bon nombre de français que vous allez prendre (en particulier pour les fonctionnaires, éternelles têtes de turc de votre gouvernement), l'exemple de ma gestion de « bon père de famille » concernant mon budget. Cette comparaison est particulièrement fallacieuse et elle est une véritable insulte pour moi. Je m'explique.
Jamais un « bon père de famille » comme moi ne « gèrerait » ses finances comme vous le faites depuis des décennies (il est vrai que vous n'avez pas initier ce mode de gestion pratiqué depuis au moins deux décennies par vos prédécesseurs, dont les socialistes eux mêmes d'ailleurs quand ils sont passés au gouvernement! Mais si vous ne l'avez pas initié, à l'inverse, vous n'en avez pas pris la direction opposée! Et vous l'avez même drastiquement approfondi avec des mesures comme le « bouclier fiscal » ou la défiscalisation des heures supplémentaires, la baisse de la TVA dans la restauration,etc...). En effet, que faites vous depuis au moins deux décennies quand vous êtes au gouvernement? Vous ne cessez de tuer les recettes de votre budget (par l'exonération des charges, par la baisse des împots, etc...), tout en faisant exploser de l'autre côté les dépenses sociales nécessaires pour faire tenir debout des français de plus en plus maltraités par les mesures que vous prenez par ailleurs en « libéralisant » les marchés (chômage, conditions de travail de plus en plus difficiles à tenir, salaires en baisse réelle, etc..). Bref, vous tuez vous même votre propre budget par les deux bouts en quelque sorte (c'était déjà tellement évident dans les années quatre-vingt-dix qu'un chercheur se livrant à une étude détaillée de ce mode de « gestion » des finances publiques avait intitulé son article « la politique des caisses vides »)! Inutile de dire que tout « chef de famille » qui se comporterait ainsi serait immédiatement enfermé pour « comportement particulièrement débile » mettant en danger sa famille, ou au bas mot mis sous tutelles et empêcher de nuire.

Mais votre malhonnêteté ne s'arrête pas là. Non content de tuer vous même votre propre budget par les deux bouts, où allez vous cherchez l'argent pour renflouer les déficits que vous fabriquez vous même pour une bonne part tout en faisant semblant de les subir ? Sur les marchés financiers!!! C'est à dire chez ceux-là même qui militent depuis des décennies pour tuer l'état dont vous défendez théoriquement l'utilité et duquel vous vivez d'ailleurs (et grassement parait-il) , mais aussi ceux-là même qui ont menacé de foutre la planète en l'air si, suite à leur gabegie, l'état qu'ils veulent détruire ne leur venait pas en aide !!! Une « aide » que nous payons aujourd'hui d'une belle récession qui, à en croire Frédéric Lordon pourrait bien se terminer comme en 1930 au vu de l'imbécilité des réponses qui luis sont apportées (voir ses articles sur son blog du monde diplo), mais aussi d'une belle crise des finances publiques européennes dont ils refusent de payer les pots cassés, alors qu'ils en sont, à côté de votre « gestion » démente, l'autre cause déterminante! Non monsieur Fillon, c'en est trop!!! L'indécence et la malhonnêteté ont des limites! Jamais aucun « père de famille » ne serait assez fou pour gérer ainsi l'argent dont il a la charge. Il y a là manifestement une volonté déterminée de tuer les finances publiques. En conséquence, je vous interdis d'évoquer ma gestion de « bon père de famille » pour légitimer une gestion aussi folle. La bonne gestion du « bon père de famille » est à l'opposé de ce que vous faites,et vous le savez bien. En espérant un jour avoir du respect pour vous

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